Yahoo rejette la proposition de Microsoft

Publié le 11 février 2008 , par David CASTANEIRA - mis à jour le 15 septembre 2008 à 11h - dans Internet - Mots clés : Google, Microsoft, Yahoo

Yahoo dit non à Microsoft. Mais demeure fragile et passe une période difficile. Le portail semble prêt à discuter avec qui veut bien… mais pas en dessous de 40$ par action, soit près de 33% au dessus de l’offre de Microsoft.

Confirmation dans la journée mais il semble – selon le Wall Street Journal - que Yahoo s’apprête à rejeter l’offre de Microsoft. Sans enthousiasme, le conseil d’administration s’était dit la semaine dernière prêt à étudier toutes les propositions là où l’an passé à la même époque l’éditeur de Windows avait reçu une fin de non recevoir. Depuis, Yahoo a connu quelques mésaventures avec une stratégie floue, des résultats en demi-teinte et des problèmes à sa direction. Reste que le portail n’a pas vu venir l’offre inamicale de Microsoft avec beaucoup de joie.

Deux arguments devraient venir étayer le refus qui doit officiellement parvenir aujourd’hui à Redmond, siège de Microsoft : une offre jugée sous évaluée (pour rappel on est à 31$ par actions) du fait de la fragilité actuelle du titre Yahoo ; un risque de démantèlement de l’activité du portail par les autorités anti-trust également jugé mal évalué. De fait, un certain nombre de lignes de produits des deux acteurs sont communes et ont déjà une forte position : la messagerie instantanée, la messagerie mail, les services de gestion et d’information financière.

Prochaine étape avec la « réponse » de Microsoft. L’éditeur s’est tout de même beaucoup engagé sur un dossier qu’il courtise depuis de longs mois. Et pourrait bien surenchérir sachant que Yahoo ne ferme pas la porte totalement, évoquant même – selon le Wall Street Journal – un seuil de 40$ par action à partir duquel les discussions pourraient prendre un tour plus sérieux.

Microsoft peut également faire traîner en augmentant son offre petit à petit. Cela affaiblirait Yahoo en générant de l’incertitude tout en permettant in fine de remporter la mise. Une tactique qui a déjà fait les beaux jours d’Oracle lorsqu’il s'agissait de racheter Peoplesoft dans l’informatique de gestion d’entreprise.

Dans tous les cas Yahoo semble bien fragile et pourra difficilement finir l’année sans avoir au moins signé un partenariat stratégique lui redonnant de l’air. Dans ce schéma, Google – sollicité par Jerry Young le patron de Yahoo et grand rival de Microsoft sur Internet – pourrait tenir lieu de chevalier blanc.

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