Ecoutes en ligne, renforcement des effectifs spécialisés, création d'un délit d'usurpation d'identité sur le Net : l'Intérieur sort la grosse artillerie pour faire face à la montée de la délinquance sur le Réseau.
Jeudi dernier, la ministre de
l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a dévoilé
son plan de lutte contre la cyber-criminalité. Avec pour
objectif de juguler la montée de ces nouvelles formes de
criminalité : escroquerie en ligne, spam, vols de numéros
de cartes bancaires, trafic de stupéfiants, contenus
pédophiles, racistes ou antisémites, atteintes à
la vie privée... Le renforcement des unités de police
spécialisées figure parmi les principales mesures
prises par la ministre. L'Office central de lutte contre la
criminalité liée aux technologies de l'information et
de la communication (OCLTIC), un service de huit personnes dédié
au signalement d'infractions en ligne et à la veille sur
Internet, va devenir l'Office central contre la cybercriminalité
(OCC ou O2C). Ses effectifs vont progressivement grossir pour
dépasser la cinquantaine de fonctionnaires spécialisés.
Quelque cent cinquante correspondants régionaux de la PJ, eux
aussi spécialises via une formation spécifique,
viendront compléter le dispositif.
Les FAI seront également sollicités, pour fournir les logs de connexion des suspects, mais aussi pour bloquer un certain nombre de sites inscrits sur une liste noire. Même si les fournisseurs d'accès ont toujours expliqué que cette méthode était inefficace. Le ministère va également mettre en oeuvre un système comparable aux écoutes téléphoniques. Via une technologie logicielle, les données consultées par un internaute suspecté dans une affaire grave pourront être scrutées en temps réel par les enquêteurs. Ces derniers devront toutefois avoir au préalable obtenu l'accord d'un magistrat.
L'Intérieur a également annoncé la création d'un service en ligne pour déposer une pré-plainte. Ainsi que la naissance d'une nouvelle infraction : le délit d'usurpation d'identité sur Internet. Un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. L'ensemble de ce plan musclé devrait faire partie de de la future loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi 2). A condition, bien sûr, que la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) ne trouve rien à redire à cet arsenal.
Photo : ©DICOM
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