MAM s'attaque à la cybercriminalité

Publié le 18 février 2008 , par Reynald FLECHAUX - mis à jour le 15 septembre 2008 à 11h - dans Internet - Mots clés : France, Internet, internautes

Ecoutes en ligne, renforcement des effectifs spécialisés, création d'un délit d'usurpation d'identité sur le Net : l'Intérieur sort la grosse artillerie pour faire face à la montée de la délinquance sur le Réseau.

mamJeudi dernier, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a dévoilé son plan de lutte contre la cyber-criminalité. Avec pour objectif de juguler la montée de ces nouvelles formes de criminalité : escroquerie en ligne, spam, vols de numéros de cartes bancaires, trafic de stupéfiants, contenus pédophiles, racistes ou antisémites, atteintes à la vie privée... Le renforcement des unités de police spécialisées figure parmi les principales mesures prises par la ministre. L'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLTIC), un service de huit personnes dédié au signalement d'infractions en ligne et à la veille sur Internet, va devenir l'Office central contre la cybercriminalité (OCC ou O2C). Ses effectifs vont progressivement grossir pour dépasser la cinquantaine de fonctionnaires spécialisés. Quelque cent cinquante correspondants régionaux de la PJ, eux aussi spécialises via une formation spécifique, viendront compléter le dispositif.

Les FAI seront également sollicités, pour fournir les logs de connexion des suspects, mais aussi pour bloquer un certain nombre de sites inscrits sur une liste noire. Même si les fournisseurs d'accès ont toujours expliqué que cette méthode était inefficace. Le ministère va également mettre en oeuvre un système comparable aux écoutes téléphoniques. Via une technologie logicielle, les données consultées par un internaute suspecté dans une affaire grave pourront être scrutées en temps réel par les enquêteurs. Ces derniers devront toutefois avoir au préalable obtenu l'accord d'un magistrat.

L'Intérieur a également annoncé la création d'un service en ligne pour déposer une pré-plainte. Ainsi que la naissance d'une nouvelle infraction : le délit d'usurpation d'identité sur Internet. Un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. L'ensemble de ce plan musclé devrait faire partie de de la future loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi 2). A condition, bien sûr, que la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) ne trouve rien à redire à cet arsenal.

Photo : ©DICOM

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