En 1978, Intel sortait le 8086, dont l'architecture - dite x86 - servira de base à l'émergence de l'industrie du PC. Un succès qui doit beaucoup... au hasard.
Il y a trente ans, Intel sortait le processeur 8086, donnant naissance à l'architecture x86 sur laquelle reposent aujourd'hui tous les PC et une bonne partie des serveurs de la planète. Une sortie discrète à l'époque : le marché des ordinateurs personnels étant à l'époque dominé par le processeur z80. Le 8086, dont le développement, confié à l'ingénieur Stephen Morse (en photo), a démarré en mai 1976, fait donc son apparition dans des machines passées relativement inaperçues. Même les dirigeants d'Intel, qui misent plutôt alors sur le processeur 8800, ne voient pas dans cette annonce un moment clef de l'histoire de leur compagnie ! "Comme personne ne s'attendait à ce que cette architecture ne vive longtemps, je n'ai eu à affronter aucun obstacle. J'étais libre de faire ce que je voulais", explique Stephen Morse. Le processeur emporte tout de même un succès d'estime sur le marché des portables et des contrôleurs. La puce d'Intel étant adoptée notamment par la Nasa pour le contrôle des propulseurs de la navette spatiale (depuis la rumeur veut que la NASA achète sur ebay des 8086 pour ses pièces détachées).
A partir de mars 1979, une série d'événements vont contribuer à faire du 8086 un standard de l'industrie. D'abord, Intel sort le 8088 (en photo), une version "castrée" du 8086 disposant toujours de registres 16 bit, mais doté d'un bus 8 bit capable de s'interfacer plus simplement et surtout plus économiquement avec les systèmes largement 8 bit de l'époque.
C'est cette puce, cadencée à 4,77 MHz, qu'IBM retiendra deux ans plus tard pour son ordinateur 5150, pour lequel Big Blue a décidé de délaisser ses technologies propriétaires pour se baser sur des composants standards. Pour l'anecdote, IBM hésitait entre le 8088... et son cousin le 8086 avec lequel il partage la même architecture. Big Blue ayant in fine privilégié le premier pour des questions de coûts.
C'est le bon cheval pour l'architecture x86. Eclaté en de multiples chapelles au début des années 80, le marché de l'ordinateur personnel commence à se structurer autour de la machine d'IBM. Les choix de Big Blue deviennent des standards de fait. Et comme IBM a choisi de bâtir son 5150 sur la base de composants du marché, ses concurrents peuvent produire des clones. Ce qu'ils s'empressent de faire.
Intel, de son côté, profite de son avantage en proposant régulièrement des améliorations à son architecture : 80186, 80286, 80386, 80486, Pentium... En raison de son suffixe, la famille de composants est peu à peu désignée par l'appellation x86, même après le choix de marques (Pentium, Celeron, Centrino) par Intel. Le succès du fondeur se traduit en parallèle par l'arrivée de concurrents fabriquant des puces compatibles x86 , comme AMD, Cyrix, Nec (dont le clone du 8088, le V20 sera notamment utilisé par Olivetti) et même IBM.
Pour le créateur de l'architecture, Stephen Morse, notre dépendance actuelle au x86 est avant tout affaire... de chance : "J'ai eu la chance d'être au bon endroit au bon moment. N'importe quel ingénieur brillant de l'époque aurait pu concevoir ce processeur, même s'il aurait sûrement choisi un jeu d'instruction radicalement différent".
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