Taxe des opérateurs : Copé menace et Besson favorise le troc

Publié le 03 juillet 2008 , par David CASTANEIRA - mis à jour le 15 septembre 2008 à 11h - dans Téléphonie & VoIP - Mots clés : taxe, FAI, TV, opérateurs

Les opérateurs vont être taxés de 0,9% de leur CA pour financer l’audiovisuel public et sont particulièrement remontés. Ils veulent faire payer la note directement aux consommateurs. En face, la majorité présidentielle qui soutient le projet de réorganisation tente de les raisonner, tantôt menaçante tantôt arrangeante.

La taxe sur les opérateurs mobiles et les fournisseurs d’accès Internet sensée renflouer l’audiovisuel public - prochainement privé de revenus publicitaires - n’a pas fini de faire couler de l’ancre. Les 0,9% de ponction sur leur chiffre d’affaires ont fait bondir non seulement les entreprises concernées mais également du côté de la commission européenne. Cette dernière a très tôt réagi, estimant qu’une taxe serait une très mauvaise idée au moment de favoriser un secteur numérique fortement croissant.
Du côté des opérateurs ont brandi la menace de répercuter visiblement le manque à gagner lié à ce nouvel impôt sur la facture des utilisateurs. Plutôt indigeste en période de complaintes fortes autour du pouvoir d’achat.
Il s’agit donc du côté du gouvernement ou des promoteurs de la taxe d’éteindre au plus vite l’incendie. Et c’est l’occasion d’une nouvelle cacophonie dans le camp de la majorité.
Jean-François Copé, qui a présidé la commission charger de redéfinir l’avenir de l’audiovisuel public, se fait menaçant. Il brandit à la face des opérateurs mobiles la 4e licence de téléphonie. Actuellement à l’étude à l’Arcep – l’autorité de régulation des télécoms – cette nouvelle ouverture du marché au delà d’Orange, SFR et Bouygues ennuie beaucoup ces opérateurs qui craignent de voir débouler Free, ouvertement candidat. Copé tente donc un donnant-donnant : vous avalez la taxe et on ne poussera pas à la 4e licence.
De son côté Eric Besson joue plutôt la conciliation. Empêtré dans des Assises du numérique qui ne font que peu parler d’elles, il aura du mal à assumer un discours de développement du numérique – dont il est porteur en tant que secrétaire d’Etat – tout en laissant le secteur taxer sans rien dire. Il propose donc une forme d’échange entre les opérateurs et le service de télévision publique. Les premiers le financeront bien via la taxe imposées par le président de la république, mais à charge pour France Télévision de donner un accès à des contenus dont on sait qu’ils sont la clé des nouvelles générations de téléphone et de services sur le réseau.

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