Inspiré par le succès de Second Life, des Mii ou du futur Playstation HOME, Google lance Lively. Un service Web qui permet de créer son avatar virtuel, et s'en servir pour dialoguer dans une multitude de salons publics ou privés qui s'apprêtent à envahir le Web.
Un compte iGoogle suffit à installer, en un clic, le plugin Lively pour Internet Explorer ou Firefox. Dès lors, l’utilisateur est invité à se créer un avatar virtuel qui restera associé à son compte iGoogle, puis à rejoindre l’un des innombrables salons de discussion disponibles sur la toile. En s’inspirant du succès de Second Life (le monde virtuel de Linden Lab), Google innove en tentant de généraliser un chat géant - bien qu'infiniment partitionné - qui, s’il n’a rien d’un univers persistant, renforce explicitement l’implication de l’internaute dans ses discussions sur la toile. La force de Lively ? Sa technologie passe partout qui permet à l’internaute de créer partout de nouveaux salons de discussion, dans un fil de commentaire, sur son blog, sur son profil Facebook, les possibilités son multiples... dopant le potentiel du service !
Pour le moment, les options offertes par Lively sont assez minces, ce que trahit un plugin qui pèse seulement quelques 500 Ko au téléchargement. Mais comme toujours avec Google, il est évident que de nouvelles fonctionnalités seront régulièrement ajoutées à Lively. Où Google compte-t-il aller avec ce nouveau joujou ? Sans doute la vocation de Lively n’est pas de concurrencer directement des clients bien plus complets et immersifs comme Second Life ou d’autres, eux qui sont régis par de vraies économies de marché virtuelles et qui offrent un champ d’activité bien plus large. En revanche, Google espère sans doute secrètement faire de Lively l’avatar standard de l’internaute, comme il a réussi à imposer son moteur de recherche comme un incontournable de la pratique du Web. Nintendo, avec sa Wii, a d’ailleurs montré depuis deux ans tout l’attachement des consommateurs à leur représentation virtuelle, les Mii étant clairement devenus l’une des attractions de la dernière console de salon du consolier nippon. Sans doute une réussite qui a influencé le géant Google.
D’un point de vue technologique, c’est l’interface Google Talk qui est recyclée pour le dialogue, même s’il n’est pas possible de discuter de vive voix pour le moment. Un moteur simplifié permet toutefois aux avatars d’exprimer plusieurs sentiments (des dizaines d’attitudes sont programmées et peuvent être déclenchées soit manuellement, soit via les mots utilisés pour converser), d’interagir un minimum avec leur environnement et leur entourage. Rudimentaire mais efficace. Pour garantir un univers un minimum sécurisé, il est possible de créer des salons privés, et réservés aux invités par e-mail. Et Lively mise à plein tube sur la personnalisation de ces salons, avec par exemple la possibilité d’incruster une vidéo YouTube dans un cadre et choisir chaque élément qui compose son environnement. Voilà qui ressemble aussi beaucoup aux appartements privés qu’il sera possible de se confectionner dans l’interface HOME à sortir sur Playstation 3 en fin d’année.
Quant au modèle économique choisi par Google pour Lively, il est encore assez flou pour le moment. Actuellement libre de toute contrainte publicitaire, la compatibilité du service avec YouTube ou Picasa démontre que Lively sait gérer des contenus dynamiques… La porte aux campagnes publicitaires ciblées est ouverte. Quant à l’échange de biens virtuels, ce sur quoi repose tout l’intérêt économique d’un Second Life, Google n’a pas encore évoqué le sujet. Cependant, la boutique d’objets porte déjà le sigle du dollar. Preuve non déguisée que l’achat de biens, voire leurs échanges, sera monétisé dans un futur proche. Google a-t-il prévu de prendre une commission sur chaque transaction ? Ce n’est pas à écarter. A noter que le plugin Lively compatible Mac OS X devrait être disponible en fin d’année.
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