Piratage : Bruxelles et Paris n'ont pas les mêmes vues sur le rôle des FAI

Publié le 25 juillet 2008 , par Christophe BARDY - mis à jour le 15 septembre 2008 à 11h - dans Internet - Mots clés : Hadopi, droits d'auteur

Si à Bruxelles on s'accorde à dire que les fournisseurs d'accès à Internet ont un rôle à jouer dans l'information des internautes sur la protection des contenus, à Paris, on insiste sur leur vocation de filtrage et de contrôle. Visiblement nos voisins ne voient pas grand chose de raisonnable à la fameuse riposte graduée...

L'art de la langue de bois semble être de mise pour la chasse au piratage sur Internet. A l'occasion de la présidence française de l'Union, la France pousse à l'adoption d'un cadre répressif européen construit sur des bases similaires à celles de la loi Hadopi. Objectif : transformer les FAI en surveillants de l'Internet. Si Viviane Reding, la commissaire européenne à la société et à l’information, n'est pas contre une obligation d'information des internautes par les FAI, elle ne semble guère prête à aller plus loin. Il est vrai que le parlement européen mène de son côté une guerilla contre l'idée de surveillance de l'Internet par des prestataires privés. Il est encore plus opposé au schéma répressif mis en place dans l'hexagone.

réunion des ministres de l'audiovisuel à VersaillesConsciente de ce dangereux rapport de forces, la ministre française de la Culture, Christine Albanel, en est réduite aux précautions de langage. Dans un communiqué du minstère de la culture, il est ainsi fait mention de la nécessité pour "l’ensemble des acteurs – de la Culture comme des réseaux de communication – de s’associer dans la lutte contre le piratage et pour le développement d’une offre légale plus attractive pour le consommateur".

Reste que la position française passe mal auprès de nos partenaires (ci-dessus la photo de la réunion des ministres de l'audiovisuel à Versailles le 22 juillet), mais aussi auprès des acteurs de l'Internet français. Après avoir appris qu'ils seront bientôt assujettis à la fameuse taxe de 1% pour financer France Television, les FAI ne veulent pas devenir les "flics" de l'Internet et ne veulent surtout pas avoir à supporter le coût de l'arsenal répressif imaginé par le gouvernement. Reste que si la ministre se veut rassurante à ce sujet, aucun financement n'est aujourd'hui disponible pour aider les fournisseurs à mettre en place la fameuse riposte graduée...

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