La société grenobloise IFOTEC propose une solution peu coûteuse pour équiper les sous-répartiteurs et ainsi permettre aux foyers actuellement en zones grise et blanche un accès à l'ADSL, à la téléphonie et à la télévision voire, à terme, à la fibre optique.
Le sénateur Philippe Leroy avait proposé, il y a un mois, un amendement à la Loi de Modernisation de l'Economie - LME - concernant le dégroupage des sous-répartiteurs. Jusque-là, les FAI n'avaient en effet la possibilité de dégrouper que le NRA - central téléphonique - et les sous-répartiteurs ne pouvaient entrer en jeu que dans le cadre du NRA-ZO de France Télécom. Celui-ci permet une extension de la couverture ADSL mais coûte cher et doit être financé en partie par les collectivités locales. Les opérateurs pourront donc bientôt utiliser les locaux des sous-répartiteurs pour étendre la couverture ADSL et proposer leurs offres aux foyers qui en étaient autrefois privés. Cependant, le faible intérêt commercial de ces zones, avec un nombre d'abonnés potentiels faible, et le coût engendré, ne laissait jusqu'à aujourd'hui que peu d'espoir aux oubliés du haut débit.
La donne pourrait changer avec l'apparition d'une nouvelle technologie, rapportée par nos confrères de VNUNet et proposée par l'entreprise IFOTEC - Informations sur Fibres Optiques et Technologies Electroniques de Communication. Cette société propose en effet une solution qui pourrait arranger tout le monde : appelée DSLFibre, il s'agit en fait de dégrouper les sous-répartiteurs en évitant l'installation couteuse de nouveaux DSLAM. En déployant une fibre du NRA vers le sous-répartiteur, il est possible de n'installer que le nécessaire. Les lignes d'abonnés sont multiplexées par 24 et les informations transitent sur la fibre. Le coût énergétique serait bien plus faible - 1 watt par abonné. De plus, il est possible pour les collectivités de participer aux frais de déploiement et la population non couverte en retirerait alors les mêmes bénéfices qu'avec le dégroupage des sous-répartiteurs. Concrètement, quelle que soit la distance entre le central et la sous-répartiteur, un abonné situé à moins de 3km de ce dernier pourrait disposer de la télévision sur IP, et l'ADSL pourrait être proposé à des foyers situés à environ 4 ou 5 Kms du sous-répartiteur.
Cette solution représenterait également un premier pas vers la FTTH - fibre optique à domicile - puisque l'armoire installée dans le sous-répartiteur peut recevoir l'équipement nécessaire au déploiement de la fibre. Selon Gilles Billet, le PDG d'IFOTEC, la technologie proposée par son entreprise n'entre pas en concurrence directe avec le WiMAX puisqu'elle vise des foyers déjà raccordés à un réseau de téléphonie fixe là où le WiMAX serait avant tout une solution pour un Internet nomade ou pour des zones non couvertes par la téléphonie classique. Il s'agit donc d'une technologie qui a le parfum d'une bonne nouvelle mais qui devra être éprouvée concrètement et au final assez bon marché pour intéresser les FAI.
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