États-Unis : un procès pour 41 millions de numéros de CB détournés

Publié le 07 août 2008 , par Fabien BOURGEOIS - mis à jour le 15 septembre 2008 à 11h - dans Réseaux - Mots clés : piratage, sécurité, WiFi

Plus de 40 millions de numéros de cartes bancaires ont été détournés par seulement onze personnes grâce à l'exploitation de réseaux sans-fil mal sécurisés. Un chiffre qui rappelle que si l'informatique restera toujours faillible, l'interface chaise-clavier aussi.

A Boston vient de s'ouvrir un procès à l'encontre d'un groupe international composé de plusieurs américains, chinois, ukrainiens... Les onze individus sont accusés d'avoir volé et détourné près de 41 millions de numéros de cartes bancaires aux États-Unis. La méthode était simple : les pirates se servaient des failles de sécurité des réseaux sans fil de neuf enseignes américaines pour s'y introduire et y installer une application chargée de récupérer un maximum d'informations.

Les numéros de carte bancaire ont été ensuite revendus à d'autres groupes. Ils auraient aussi servi à fabriquer des cartes factices, permettant tout de même des retraits de liquide. Le cerveau de l'opération, un dénommé Albert Gonzalez, alias Sevgec, aurait tout de même touché 1,7 million de $. Il a ainsi pu se payer une maison vers Miami, une BMW et un pistolet Glock nous précise TimesOnline.  Sevgec avait été déjà arrêté en 2003 et s'en était sorti grâce à une coopération avec les Services Secrets américains. Gonzalez avait alors aidé à la lutte contre la ShadowCrew, un gang international agissant dans le même domaine : vols d'informations financières, revente... La récidive pourrait lui coûter cher puisqu'il encoure tout de même la prison à perpétuité.

L'équipe d'une dizaine de personnes, avec ordinateurs portables et véhicules pour se déplacer à travers le pays, aura donc réussi à elle seule à subtiliser plus de 40 millions de numéros en cinq ans. De quoi alimenter certaines peurs mais surtout se poser la question de la sécurité des réseaux sans-fil. Celle-ci ne semble pas toujours assurée : outre les réseaux totalement ouverts, le protocole WEP, encore trop fréquemment utilisé, se casse en quelques minutes avec les outils adéquats. Le WPA a beau être considéré comme sûr, sa résistance dépend, comme toujours, de la robustesse du mot de passe choisi. Même si le risque zéro n'existera jamais, des efforts sont clairement à fournir, ne serait-ce que sur le volet éducatif.

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