De nombreux acteurs du e-commerce et de l'industrie du cinéma américains ont annoncé un projet visant à rendre interopérables les différentes techniques de protections des œuvres numériques. Si l'initiative aboutit, il deviendrait possible d'utiliser des contenus sous DRM sur de nombreux supports.
Les DRM - Digital Rights Management - ont longtemps été présentés comme la mesure qui permettrait de protéger les oeuvres numériques du piratage. L'un des problèmes principaux a été l'aboutissement à un cloisonnement de l'utilisation d'oeuvres pourtant acquises légalement. Il était en effet souvent obligatoire de posséder un matériel ou logiciel donné pour profiter d'un morceau ou d'un film acheté sur une plate-forme. Alors que plusieurs boutiques avaient annoncé leur échec ou l'arrêt de solutions utilisant les DRM, il semble qu'une nouvelle offensive en faveur de ces mesures soit menée par plusieurs grands studios, Sony Pictures en tête.
TechCrunch nous apprend l'offensive, visiblement initiée par Sony, et appelée Open Market. Celle-ci vise à confier à une entité neutre la tâche de rendre interopérables les mesures de protection. Un client pourrait alors déclarer ses différents appareils et visionner ou écouter les contenus protégés sur l'ensemble de ceux-ci. L'initiative semble bien partie puisque de nombreux studios et sites marchands y participent : Paramount, Fox, Universal, Time Warner, Amazon, MovieLink, WalMart, ComCast... Apple et Walt Disney représentent pour le moment les grands absents du projet.
Il semble difficile de critiquer l'interopérabilité entre mesures de protection, notamment parce qu'elle répondrait à l'une des plus importantes critiques envers les DRM et permettrait une lecture sur les supports les plusin communs : Zune, PSP, PC, téléphone portable... Pourtant, on peut se demander si au final, face à l'abandon progressif des DRM que certains espèraient, cette initiative ne risque pas de marginaliser plus encore les systèmes ou matériels rares, et si l'interopérabilité y sera assurée.
En cas de réponse négative, il ne restera plus alors à ces consommateurs qu'à se tourner vers les sites proposant des contenus libres de protection ou à sciemment déverrouiller les objets de leur achat. Un certain flou juridique semble planer : d'un côté, selon la DADVSI, il est en France interdit de contourner une mesure de protection. Pourtant le collectif StopDRM s'était dénoncé pour cet acte et n'avait pas été condamné pour un cas de "force majeure", aucun logiciel ne permettant la lecture d'un DVD protégé par CSS sur leur système d'exploitation GNU/Linux sans contournement.
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