La Chine ne compte pas rester à la traîne dans le secteur des microprocesseurs, largement dominé par les entreprises américaines (Intel, AMD, IBM, Sun), le secteur de l'embarqué mis à part. Le processeur national Loongson a fait en quelques années d'énormes progrès et le pays vise grâce à celui-ci un supercalculateur à 1 PétaFLOPS pour 2010.
Tous les 6 mois, le site TOP500 publie une liste des 500 super-ordinateurs civils connus les plus puissants au monde. IBM tient en général toujours la palme haute et n'a pas, lors de la dernière fournée, démérité. La machine la plus puissante est le Roadrunner, construit autour de 12 240 processeurs PowerXCell de la marque - proches de celui de la PS3 - et 6 562 Opteron dual-core d'AMD. Il fonctionne grâce à une version de Red Hat Linux et a atteint le record du PétaFLOPS. Concrètement, la machine est capable d'effectuer un million de milliards d'opérations à virgule flottante par seconde (double précision, 64 bits).
La Chine s'est fixée pour objectif de réaliser un supercalculateur de même puissance courant 2010. Le pays a massivement investi dans le domaine des processeurs depuis quelques années. Il en est né le Loongson - ou Godson, son premier nom -, un processeur d'architecture MIPS, celle-ci étant parfois utilisée dans le secteur de l'embarqué ou dans celui des consoles de jeux vidéo : Playstation 2, Nintendo 64 ou encore PSP.
Les premiers Loongson sont apparus en 2002 pour le secteur de l'embarqué. La version 2, cadencée à 500Mhz et compatible 64 bits a connu différentes révisions. La dernière, Loongson 2-F, voit la fréquence des puces augmenter à 1Ghz et a permis un premier supercalculateur doté de ces CPU chinois. KD-50-I atteint en effet le TéraFLOPS - mille milliards - grâce à ses 330 processeurs Loongson. La mouture 2G devrait voir le jour le mois prochain.
Les derniers Loongson sont des processeurs très basse consommation - 4W maximum - gravés en 90nm et disposant de quatre coeurs dont deux dédiés au calcul à virgule flottante. Ils intègrent un léger processeur graphique et un contrôleur de mémoire DDR2. La dernière révision serait grosso-modo équivalente, en performance, à un Pentium 4. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'Intel a annoncé que ses nouveaux CPU, les Core i7, intègreraient un contrôleur mémoire DDR3 et, plus tard, un circuit graphique.
La Chine s'est donc lancé le défi d'un nouveau supercalculateur, mille fois plus puissant que KD-50-I. L'année prochaine devrait arriver la troisième version du Loongson, toujours cadencée à 1ghz mais qui comptera huit coeurs : quatre principaux et quatre spécifiques dédiés au calcul intensif. Le directeur technique de l'académie chinoise des Sciences avoue que ce ne sera pas simple mais reste optimiste quant à la réussite du projet.
Si la Chine n'est pas encore prête à rattraper IBM sur la puissance brute par processeur. Elle pourrait néanmoins faire son apparition dans un classement là aussi dominé par Big Blue : le Green500, qui fait la liste des système les plus efficaces energétiquement parlant. Notons que quelques machines grand public ont été équipées du Loongson 2, par exemple certains boîtiers ADSL. Le processeur utilisant une architecture MIPS, seules certaines versions de GNU/Linux et Windows CE peuvent y fonctionner. Doit-on s'attendre à voir débarquer autre chose que du x86 dans les années à venir sur nos ordinateurs personnels? C'est possible, rappelons par exemple qu'Apple utilisait jusqu'à récemment des processeurs PowerPC d'IBM.
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