Hewlett-Packard subit sa troisième restructuration en six ans. A la clé, 24.600 suppressions de postes, ce qui représente environ une réduction des effectifs de 7.5% sur trois ans.
Ces deux derniers jours les annonces de restructuration vont bon train, et c’est à présent au tour de HP d’annoncer un plan qui devrait ternir quelques visages. Il s’agit de la troisième restructuration d'importance subie par les employés HP en six ans. En effet, Hewlett-Packard, malgré sa position de leader mondial des fabricants d'ordinateurs et après le rachat de la société de services informatiques EDS pour 13,9 milliards de dollars, annonce un plan de restructuration prévu sur trois ans.
Ainsi une réduction de 7.5% de ses effectifs est annoncée, soit près de 24.600 emplois pour l’ensemble HP+EDS. Ces suppressions de postes toucheront majoritairement les employés d’EDS. Et environ 50% de ces suppressions toucheront les Etats-Unis. De plus, HP devra encore débourser 1.7 milliards de dollars supplémentaires au cours de ce quatrième semestre pour l’absorption d’EDS.
A terme, Hewlett-Packard espère réaliser une économie de 1,8 milliard par an et remplacer la moitié des postes supprimés grâce à la création d’une entreprise globale apte à répondre aux besoins de marchés divers et de clients à travers le monde. Bien entendu certains syndicats ont réagi violemment à la nouvelle, tel que la CFTC qui n’acceptera « ni départs forcés, ni transferts forcés », et qui précise qu’il faudra attendre le CE européen du 25 septembre 2008 à Londres pour connaître plus précisément les conséquences pour les 6.400 employés du groupe HP+EDS en France.
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Lundi noir chez Hewlett-Packard
HP déclare la guerre à ses salariés, son PDG Mark Hurd prévoit 24 600 victimes
En achetant EDS, les dirigeants d’HP avaient déjà en tête le scénario qui se déroule sous nos yeux. Le 26 août dernier Mark Hurd entérinait le rachat, annonçant des précisions pour le 15 septembre ; depuis, des fuites organisées laissaient entrevoir l’annonce de 20 à 30 000 suppressions d’emplois. Ceci a une fonction : préparer les salariés au pire, en quelque sorte les anesthésier.
Les mesures annoncées sont pourtant d’une brutalité inacceptable.
Dans un message envoyé à tous les salariés HP-EDS le 15 septembre au soir, Mark Hurd emploie un vocabulaire qui révèle un formidable mépris envers les salariés.
Il parle de l’« élimination de 24 600 positions ». Les « positions » ce sont des travailleurs, des hommes et des femmes, auxquels on va voler leur emploi, qu’on va jeter au chômage, et qui vont se retrouver, avec leur famille, dans des difficultés dont Monsieur Hurd n’a que faire.
Le même communiqué parle des « énormes opportunités » que ce plan devrait générer pour les actionnaires d’HP.
HP, dont les profits sont déjà tout à fait considérables, souhaite encore les augmenter. Et l’essentiel de ces profits n’ira pas à l’investissement, mais à des placements financiers et à l’enrichissement des actionnaires.
La violence de ce système, qui conduit à de telles pratiques, doit être dénoncée sans relâche.
Aucune raison valable ne peut conduire les salariés à accepter ces licenciements.
SUD HP-EDS entend s’associer à l’ensemble des syndicats du groupe pour mobiliser le personnel en ce sens.