Crise économique mondiale : les Start-Up françaises dans le viseur

Publié le 02 octobre 2008 , par Thibaut DELOFFRE - dans Finances et industrie

Malgré une diminution des investissements de 17% par rapport au second trimestre 2007, les nouvelles nées de l'industrie française des TIC ne se portent pas si mal, mais le plus dur reste à venir...

En hausse de 18% sur l'année passée, les investissements des Start-Pp françaises ont avoisiné les 470 millions d'euros au cours du premier trimestre 2008 et ce malgré la crise semble vouloir n'épargner personne. Le second semestre s'annonce lui aussi positif d'après l'avis des experts financiers qui soulignent que "historiquement les montants investis au cours du premier semestre sont généralement inférieurs à ceux investis au second semestre."

D'ailleurs, les entrepreneurs concernés ne semblent pas vouloir céder à la panique et continuent de développer sereinement leurs activités. Mais comment ? Alors que la tendance mondiale est à la faillite, les Start-Up françaises restent debout. Celà tiendrait du fait que "les investisseurs travaillent avec des fonds propres et pas avec de la dette" souligne Christophe Chausson, président et fondateur de Chausson Finance, indicateur dans le domaine financier. De plus, les entreprises auraient levé des fonds de capital risques pour des périodes de sept à dix ans, ce qui paraît naturel car "lorsqu'on investit dans une Start-Up, c'est pour aider une entreprise qui va avoir une valeur de marché à l'horizon 2011-2012 [...] un cycle de crise dure généralement deux ou trois ans. Ce fut le cas pour les crises de 1992-93, puis de 2000-2001", explique Pascal Mercier, Directeur d'Aelios Finance.  Une sécurité supplémentaire donc, permettant de travailler sans penser aux conséquences économiques, présumées lointaines par notre gouvernement.

"Les entrepreneurs concernés ne semblent pas vouloir céder à la panique et continuent de développer sereinement leurs activités. Mais comment ?"

Parmis les secteurs qui ont attiré le plus de capitaux, on peut ainsi remarquer le secteur de la santé, en tête, avec 120,6 millions d'euros investis (26% du capital total), suivent les logiciels avec 73,7 millions d'euros (16%), les technologies dîtes propre ou "Cleantech" avec 67,6 millions d'euros (14%), qui représente le secteur avec la plus forte croissance, les télécoms subissant une baisse de 13% des investissement avec 61,7 millions et pour finir l'Internet et l'e-commerce qui accusent une chute monumentale de 46% avec leurs 49,5 millions, soit 11% du capital total investi.

Ne pouvant plus s'introduirent en bourse, ces nouvelles sociétés sont sur le point de rentrer dans une phase de recherche de financement. La crise approche et contraindra les investisseurs à choisir les entreprises les plus matures et les plus rassurantes financièrement. Comme le note si bien Pascal Mercier, "Il n'y en aura pas pour tout le monde". La priorité de sélection portera alors sur le profil des équipes dirigeantes de ces sociétés.

En période de crise, les investisseur optent majoritairement pour les tours de financement tardifs, mais n'oublions pas que certaines Start-Up françaises ont déjà profité de ces périodes noires comme Price Minister et Meetic, nées pendant la crise de 2000 - 2001. Pour continuer sur le secteur de l'Internet, les investisseurs auront tendance à se tourner vers des sites qui auront des modèles économiques solides combinant une ou plusieurs sources de revenus tel  Dailymotion, capable de drainer une forte audience et dont le business plan est entièrement basé sur la publicité. C'est de toute manière sur les faillites que se construisent les fortunes...

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