Le plan Numérique 2012 oublie le secteur du logiciel !

Publié le 22 octobre 2008 , par Mathieu Chartier

"Le plan France Numérique 2012 présenté hier par Eric Besson fait l'impasse sur le logiciel" s'indigne Stéphane Fermigier, Fondateur et Directeur de Nuxeo...

Il est vrai que l'un des points que notre synthèse publiée hier concernant la présentation du plan Numérique 2012 par Eric Besson oubliait de préciser est la quasi absence du secteur du logiciel des recommandations du secrétaire d'Etat. Stéphane Fermigier, Fondateur et Directeur de Nuxeo, s'indigne d'un tel constat, lui qui conçoit des logiciels de gestion de contenus Open Source à destination des entreprises, un secteur dans lequel la France joue les têtes de file comme nous l'expliquions encore il y a peu (cf. cet article).

Stéphane Fermigier rappelle donc que : "Seules 3 mesures sur 154 concernent le secteur du logiciel (hors jeu vidéo), et ne répondent pas de manière significative aux attentes du secteur. En particulier, on ne peut que déplorer l'impasse qui a été faite sur les propositions du rapport Attali en faveur du logiciel libre". Lui qui poursuit : "C'est d'autant plus regrettable que le plan indique que "le logiciel libre représente un potentiel économique et industriel considérable" et que "la France dispose dans ce domaine d'atouts reconnus aux niveaux européen et international" (notons que plusieurs cabinets d'analyse américains ont noté cet été que la France était "championne du monde" dans ce secteur)".

"Seules 3 mesures sur 154 concernent le secteur du logiciel" - Stéphane Fermigier (Nuxeo)

Stéphane Fermigier va plus loin, détaillant chacune des trois mesures directement liées à la sphère du logiciel qui sont inscrites au plan Numérique 2012 :

- L'action 63 : "Créer un réseau “Logiciel” de correspondants dans au moins dix villes clés de l’industrie du logiciel, en parallèle du réseau “TIC” d’Ubifrance" vise, et c'est un objectif légitime, à favoriser la capacité d'exportation des éditeurs de logiciels français. Néanmoins, elle reste à un niveau relativement symbolique, et l'on peut même s'interroger sur l'intérêt d'avoir un réseau "logiciel" séparé du réseau "TIC" tant les acteurs de l'informatique (éditeurs et sociétés de services, notamment) constituent un écosystème qui doit collaborer pour gagner des parts de marchés.

- Les actions 64 et 65 : "Promouvoir un affichage séparé des prix des logiciels et systèmes d’exploitation préinstallés" et "Permettre la vente découplée de l’ordinateur et de son logiciel d’exploitation", sont des revendications de longue date du groupe "Détaxe Windows" lancé par Roberto Di Cosmo en 1998, et plus généralement de la communauté du logiciel libre et de ses principales associations. Elles permettront d'accélérer la diffusion de systèmes d'exploitation libres comme Linux auprès d'un public de connaisseurs, sans avoir cependant d'impact significatif sur le grand public qui découvrira plutôt Linux et l'univers des logiciels libres grand public via les Netbook.

Surtout, ces deux dernières mesures ne concernent qu'un domaine spécifique du logiciel, celui des systèmes d'exploitation, et n'aident en rien les éditeurs de logiciels applicatifs, qui réalisent pourtant l'essentiel du chiffre d'affaires du secteur. Stéphane Fermigier se dit donc particulièrement "déçu" par le plan d'Eric Besson et il s'associe aux différentes demandes d'organisations représentatives du secteur du logiciel pour réclamer des mesures plus spécifiques à celui-ci. Notamment des recommandations d'achat claires pour l'administration. Enfin, Stéphane Fermigier note que dans le climat actuel particulièrement tendu, "le logiciel libre constitue une réponse économiquement pertinente aux réductions de budgets qui menacent les services informatiques dans les entreprises et les administrations". Aussi, "face à la crise qui est actuellement son souci principal, le Gouvernement ne pourra que reconnaître les atouts du logiciel libre dans ce contexte et prendre les mesures naturelles qui assureront la meilleure compétitivité possible aux entreprises françaises". Un point de vue particulièrement pertinent sur un secteur oublié du plan Numérique 2012.

2 nouveaux processeurs AMD   ASUS Xonar Essence STX

Dernières réactions

Beloko - le 22/10/08 à 14:53
Le logiciel est passé aux mains des indiens, comme la partie matériel est passée aux mains des compagnies chinoises ... pourquoi s'en soucier ?!!

Et la seule chose que produit le logiciel libre, c'est du service, de l'expertise sur papier et de la gestion de processet autres paperasseries administratives.

Le plan numérique 2012 du gouvernement, c'est vendre du LCD et de la HD aux français ... cétout.
Les commentaires sur ce document sont clos.
  • Tout
  • Hi-Tech
  • Matériel
  • Mac
  • Jeux