Le projet de loi Création & Internet peut, après vote du conseil européen des ministres, compter sur le principe de riposte graduée.
Le conseil européen des ministres des Télécoms vient de décider de retirer l'amendement 138 de la directive "Paquet Télécom". Un amendement qui prévoyait d'obliger les autorités à avoir recours à une procédure judiciaire préalable à la coupure d'un accès Internet, obligeant ainsi un traitement au cas par cas et annihilant les espoirs des Christine Albanel de mettre en place une procédure simplifiée au rendement détonnant (cf. cet article).
Verdict européen, il ne sera donc pas nécessaire à l'Etat de lancer une procédure judiciaire à chaque coupure d'un accès Internet, laquelle devrait intervenir après deux avertissements dans le cadre d'une récidive liée au téléchargement illégal. Rappelons qu'il s'agit là d'une décision lourde de conséquence, sciemment prise par le conseil européen des ministres, alors que Nicolas Sarkozy avait ouvertement exprimé dans un courrier adressé à Jose Manuel Barroso son souhait de voir cet amendement être retiré, une requête alors rejetée par le Président de la Commission européenne.
Pourtant voté à une large majorité par le Parlement européen, cet amendement 138 initié par un groupe d'eurodéputés socialistes sous la houlette de Guy Bono compromettait le concept de "riposte graduée" tel qu'il est actuellement adopté en France par le Parlement. Ainsi, la commission Hadopi aura toute latitude pour décider seule de couper l'accès à Internet d'un internaute ayant été pris en flagrant délit de téléchargement illégal. "Le Conseil, à l'image de Nicolas Sarkozy, donne une piètre image de la démocratie européenne. Face à ce déni de démocratie, je redéposerai avec Daniel Cohn-Bendit cet amendement en deuxième lecture au Parlement européen" a déclaré Guy Bono. Affaire à suivre, donc.
|
|
Un laptop professionnel décortiqué | Matbe: test de la carte mère Gigabyte EX58-Extreme |
|
Imprimer
Envoyer
5 Réactions
52 Approbations


Flux RSS
Dernières réactions
C'est d'ailleurs le sens des observations formulées par la Commission Européenne à la France au sujet de la loi "Création et Internet". Une des questions, insolubles, posées à la ministre est "expliquez-nous comment une autorité administrative peut se substituder à l'autorité judiciaire pour qualifier un délit pénal ?"
Il n'y a pas de réponse à cette question parce que l'HADOPI était, est et restera toujours incompatible avec les fondements du droit européen, la constitution française, le respect des droits et libertés des citoyens, et surtout le bon sens
Tu te rejouiera moins lorsque ton IP aura été utilisée par un tier à mauvais escient, d'autant que c'est toi qui devra prouver ta bonne foi !