2000 cinémas français ont éteint leur façade pendant une heure ce mercredi, en protestation contre la loi Hadopi...
Ces derniers mois, nous avons principalement couvert le côté répressif, visant les Intenautes, de la loi Hadopi. Cependant, cette dernière ne s'arrêtait pas à cela, loin de la. Hier, ce sont les exploitants de cinéma qui sont montés à la charge contre la loi, en éteignant leurs enseignes entre 18 et 19 heures. Le but de cette protestation était d'attirer l'attention du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. La cause de la protestation ? La durée entre la sortie des films en salle et leur arrivée en DVD/VOD. Il y a quelques années, déjà dans l'objectif de réduire le piratage, cette durée avait été réduite à 6 mois. Depuis Hadopi, c'est désormais quatre mois de patience qu'il faudra avoir entre le moment du visionnage en salle et celui dans son propre salon.
On peut aisément comprendre pourquoi les exploitants des salles obscures se plaignent, plus d'un spectateur se demandera désormais si dépenser 5 à 10 euros dans une place de cinéma est un investissement valable quand il sera possible de l'obtenir quelques semaines plus tard. La FNCF (Fédération nationale des cinémas français) ne souhaite pas officiellement la remise en cause de cette durée de quatre mois, logique puisqu'elle avait été consultée lors de sa préparation, c'est le partage de l'argent des tickets d'entrée qu'elle souhaite voir remis en question.
Actuellement, 50 % du billet va à l'exploitant, et 50 % au distributeur. La FNCF veut obtenir 55 %, réduisant ainsi la part des avants-droits à 45 %. Selon Erwan Escoubet, le directeur juridique de la fédération, ces derniers ne seront pas impactés trop négativement puisqu'ils tirent déjà des revenus des ventes sous d'autres formes (DVD, VOD...etc.). Les cinémas, eux, n'ont que leur 50 % du prix de vente des billets.
Ils doivent de plus faire face à de nouvelles dépenses. 2 milliards d’euros ont été investis dans le secteur en vingt ans, cela à redynamiser le secteur qui affiche de bons résultats, déjà 200 millions d'entrées en 2009. Mais cela est insuffisant pour financer les travaux à venir, le passage au numérique voir à la haute définition et à la 3D. Il faut savoir que si les multiplexes voient leur fréquentation augmenter de 10 %, les petites salles en zone rurale perdent de 5 à 10 %. Quand on sait que le cout du passage au numérique coutera de 450 à 500 millions d'euros pour le parc d'écran français tout entier, on peut comprendre le malaise. Certaines petites salles sont d'ores et déjà dans une mauvaise passe, et jouent leur survie sans apport d'argent frais.
Sur le principe, on peut difficilement trouver à redire de la position de la FNCF. Cependant si on analyse la situation plus en profondeur, on peut légitimement se demander si les cinémas ont encore de l'avenir. Les progrès des équipements de salon sont tels qu'aujourd'hui on profite probablement plus d'un film dans son salon que dans une salle de cinéma. Il ne reste plus que le côté loisir, ou sortie de soirée, qui peut difficilement justifier le maintien d'un parc extensif.
Paradoxalement, les petites salles sont probablement les plus à mêmes de justifier leurs existences dans un futur gouverné par la haute définition à domicile. En programmant des films d'auteur, des séries de films sur un même sujet, un même cinéaste, elles peuvent probablement s'assurer un avenir, sous réserve d'être soutenues par les pouvoirs publics, ce qui serait pleinement envisageable (quand ce n'est pas d'ores et déjà le cas) dans le cadre d'un cinéma « de culture » et non plus de divertissement. Le mixage des genres tel qu'il est prôné actuellement, ou le blockbuster finance le petit film n'est plus pertinent, dans le cadre d'une petite salle en tout cas.
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J'ai une installation HC chez moi (écran de 2.4m, projo fullHD, son 5.1, blu-ray). Le rendu vaut largement le cinéma (de mon point de vue), avec le confort du salon : tranquille, pas d'horaire, etc...
C'est sur que ça fait un investissement, mais ça vaut le coup si on regarde pas mal de films.
Par contre il est évident que les petites salles sont mortes dans les grosses villes qui ont des UGC/CGR.
Maintenant attendre 4 mois ca me plait car marre d'attendre 6 mois pour m'acheter le BluRay, car j'aime revoir les films que j'ai aimé au cinéma.
Contre Hadopi, mais pour les 4 Mois, ça c'est une vraie mesure intelligente !
" - T'as fait quoi hier soir?
- RIEN, je suis resté à la maison regarder un film."
Cas n°2:
" - T'as fait quoi hier soir?
- Je suis SORTI au cinéma voir un film."
C'est une grosse différence à mes yeux...