Google vient de dévoiler le WebM Project, une annonce qui pourrait avoir un impact majeur sur la vidéo en ligne...
Il y a quelques semaines, la conférence Web 2.0 Expo se tenait dans les halls du Moscone Center de San Francisco. C'était l'occasion pour tous les acteurs du web de parler développement mais aussi des sujets polémiques du moment, en l'occurrence le conflit entre Adobe et Apple autour du Flash. D'autres sujets importants ont cependant été abordés, et notamment l'HTML5 dans le cadre d'une session qui avait pour sujet les évolutions de nos navigateurs sur les cinq prochaines années.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, revenons quelques années en arrière, au lancement de Windows XP et de son comparse : Internet Explorer 6. Si le navigateur de Microsoft est aujourd'hui vu comme le pire du pire, y compris par Microsoft lui-même, à l'époque, ce navigateur marquait une véritable révolution. En effet, le monde numérique était en pleine crise après l'explosion de la bulle Internet, et les cinq ans d'euphorie qui avaient précédé. La plupart des acteurs de l'Internet d'alors pensaient que le contenu proposé ne serait plus accédé par un navigateur, mais par des applications stand-alone. Les standards web d'alors étaient moribonds et sont restés dans cet état pour plusieurs (et longues) années. Cela explique à la fois le succès et les mauvaises habitudes héritées d'IE 6. Le web connaît ensuite une renaissance au milieu des années 2000, avec l'arrivée de Firefox, et le grand retour du JavaScript avec AJAX. La naissance des sites de partage de vidéos et des réseaux sociaux marque aussi un tournant important. On notera que les YouTube et consorts doivent aussi leur naissance à une loi américaine importante, le DMCA, qui a offert un cadre légal à leurs activités.
Avec WebM, Google dévoile son plan d'attaque sur l'HTML 5 et notamment la vidéo en ligne
Mais revenons à nos moutons, et donc à l'HTML 5. Cette évolution du langage d'Internet est voulue pour limiter le recours aux plugins, qu'il s'agisse du Flash d'Adobe, ou du Java de Sun/Oracle. La finalisation de l'HTML 5 et son application dans les navigateurs seront au cœur de leurs évolutions dans les cinq prochaines années. Et les visions des différents acteurs du secteur sont sensiblement différentes.
Comme nous l'avons vu récemment, Microsoft souhaite implémenter l'HTML 5 avec un maximum d'accélération matérielle. L'idée est louable, le nouveau langage devrait donner naissance à des sites web toujours plus lourds, et décharger le processeur autant que possible à l'aide de la carte graphique est un bon moyen d'augmenter les performances. Problème, cela rend Internet Explorer 9 incompatible avec les systèmes d'exploitation les plus anciens, qui sont encore très largement utilisés, notamment dans les pays en voie de développement.
Le plus récent - et peut-être le plus important des conflits - tient dans le choix d'un format vidéo pour le tag du même nom dans l'HTML 5. Initialement, Ogg Theora devait être le format vidéo universel de l'HTML 5, cependant certains grands noms s'y sont opposés. Ils craignent en effet que certaines parties du code de ce format soit soumises à des licences dites "cachées", tout simplement parce que ceux qui en possèdent les droits ne se sont pas encore faits connaître. Les ayant-droits pourraient patienter jusqu'à ce qu'un gros poisson publie un logiciel important exploitant ce code pour demander des contreparties, une sorte de chantage qui n'est pas sans précédent (cf. la généralisation de Linux chez certains grands fabricants de PC). Le cas du H.264 est plus clair, gratuit pendant quelque temps, il sera ensuite soumis à licence. Encore que, il se pourrait qu'il utilise aussi du code à licence cachée...
Google, qui a un point de vue unique en étant à la fois développeur de navigateur avec Chrome et acteur majeur de l'Internet, y compris vidéo avec YouTube, vient de lancer un pavé dans la mare en lançant le « WebM Project ». Réalisé en Open Source (avec une licence de type BSD), ce format inclurait un codec vidéo VP8,un codec audio Vorbis et un conteneur de type Matroska. Les codecs vidéos VP (3, 4, 5, 6, 7 et 8) sont développés par la société On2, rachetée en janvier dernier par... Google. L'arrivée de WebM pourrait donc marquer un moment clé dans l'évolution du standard HTML 5, des navigateurs actuels et futurs, et de l'Internet en général !
Les premières annoncent de support sont tombées, Adobe supportera le VP8 dans Flash, et Microsoft dans IE9... le tout via un plugin. La justification de ce choix est très vague (dont l'évocation de propriétés intellectuelles). Les soutiens du côté hardware sont plus nombreux, AMD, ARM, Broadcom, Freescale, NVIDIA, Qualcomm, et TI. On note tout de suite un grand absent, Intel ! La balle est désormais dans le camp des autres développeurs de navigateurs (Mozilla, Opera, etc.).
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L'Europe inflige une amende de 331 millions d'euros à 9 fabricants de mémoire | Google veut changer Internet avec le WebM Project |
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Le cas de H.264 est également très clair : c'est un codec qui utilise des technos brevetés. Pas de brevets logiciels en Europe, certes, mais il y en a aux États-Unis, ce qui est quand même embêtant pour un format ISO.
La news rate donc l'essentiel de l'info : pour mettre d'accord les partisans de H.264 et ceux de Theora, la seule solution est sans doute de pousser un troisème format qui ferait consensus. VP8 avait une bonne tête de vainqueur, sauf qu'il était propriétaire. Google l'a racheté il y a quelques mois et vient de le publier en licence BSD (libre d'utilisation dans à peu près n'importe quel contexte, donc), ainsi que des patches pour un support dans ffmpeg, gstreamer, Firefox, Opera, et DirectShow.