Pixel Qi a désormais un concurrent, l'occasion pour nous de revenir sur la technologie innovante de la startup américaine...
Au début des années 80, IBM lançait son fameux PC avec un moniteur monochrome. Quelques années plus tard, les écrans couleur faisaient leur apparition. Les années 90 ont été celles de l'avènement de moniteurs CRT toujours plus grand, et toujours moins cher. L'an 2000 marque symboliquement le passage aux écrans LCD. Cinq ans plus tard, ce sont les moniteurs dits larges qui débarquent, et qui commencent progressivement à remplacer les formats 4:3. Depuis, l'évolution la plus notable des écrans de nos ordinateurs est probablement le passage au rétroéclairage à diode. On pensait jusqu'à présent que les LCD seraient remplacés par les OLED, ou les SED.
Au final, les premiers sont très en retard, et coûtent toujours bien trop cher avec des dimensions décentes, tandis que les seconds sont progressivement abandonnés par tous ceux qui supportaient leur développement. Autant dire qu'on va encore devoir faire avec les LCD pour un bon moment... Il est donc logique que beaucoup songent à améliorer cette technologie, et notamment au niveau de son point faible principal, l'utilisation d'un rétroéclairage, et en conséquence les difficultés de lecture en plein soleil. Ce n'est pas vraiment un souci pour un ordinateur de bureau, mais le marché de l'ordinateur change, et devient de plus en plus mobile.
L'une des sociétés planchant à ce problème est Pixel Qi, une startup américaine fondée par Mary Lou Jepsen, ancienne CTO (chief technical officer) du projet OLPC (One Laptop per Child). La technologie de Pixel Qi est très prometteuse. Tout d'abord, elle utilise les mêmes lignes de production que pour les LCD classiques, ce qui est toujours un plus. Mais surtout, elle règle les soucis de lecture en plein soleil et de consommation abusive due au rétroéclairage. L'écran peut être utilisé en mode passif, sans rétroéclairage, ou la seule lumière ambiante permet au LCD de fonctionner. Le principe est quelque peu similaire à celui des écrans de livres électroniques, ce qui implique qu'on perd la couleur au profit d'un rendu monochrome, ce qui n'est pas un vrai souci pour de la bureautique.
Pixel Qi était présent au Computex, bien que très discret. Nous avons eu l'occasion de découvrir « en vrai » la technologie de la start-up, et nous avons été bluffés par le résultat. En intérieur, ou en extérieur (et avec un temps pas vraiment clément, une journée pluvieuse typique de cette période à Taipei) la lecture était parfait rétro-éclairage éteint. Le plus gros souci de Pixel Qi ne vient pas tant de sa technologie, que de sa capacité à convaincre les grands fabricants d'ordinateurs portables. Cela fait plus d'un an qu'on entend parler de la startup, sans voir venir de produit concret. Pixel Qi nous a indiqué qu'une première solution devrait apparaître sur le marché très rapidement, probablement du côté des tablettes. C'était en effet la nouveauté du Computex, l'écran Pixel Qi peut désormais être utilisé derrière une surcouche tactile. Nous l'avons testé, c'est parfaitement fonctionnel ! On attends désormais avec impatience la commercialisation, et on espère que cette technologie va se rependre, elle le mérite bien. Notons que même si les prototypes actuels se limitent à 10 pouces, dans la forme rien n'empêche de faire des écrans plus grands.
Elle attire d'ailleurs les convoitises d'autres acteurs du marché, puisque CPT vient de dévoiler à l'occasion du salon Display Taiwan sa propre solution tranflective. Cette solution de 10,1 pouces affiche 1366x768 pixels, avec 200 cd/m², un taux de contraste de 400:1, et des angles de visions de 170 degrés. Cette solution couvre 60 % de l'espace colorimétrique AdobeRGB. La consommation serait en baisse de 50 % rétroéclairage éteint, avec 3,2 watts de TDP (2,2 watts au rétroéclairage, et 1 watt aux cristaux liquides). C'est donc un peu moins bon que ce que fait Pixel Qi, mais CPT est un poids lourd du secteur, qui pourrait avoir beaucoup plus de facilité à imposer sa technologie.
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C'était des écrans transflectif.
M'enfin bon si ca fonctionne mieux encore avec la techno Pixel QI et que ca se démocratise sur les PC et tablettes portables alors tant mieux
Je ne comprends pas très bien comment le CTO de OLPC a pu créer une propriété intellectuelle avec les fonds récoltés par cette organisation, puis prendre cette technologie et fonder sa compagnie. Ou je dois manquer un chapitre.
Cette technologie n'a pas forcément été développé avec les fonds du projet OLPC...
Peut-être par exemple que Mary Lou Jepsen a simplement eu l'idée de mettre au point un tel écran pour l'OLPC, et a alors créé une start-up pour récolter les fonds et recruter le personnel nécessaire à mettre au point cette technologie.
Autre possibilité (vue sur le site de Pixel Qi) : Pixel Qi fournit ses produits à OLPC à prix coûtant. Pas impossible donc que, même si une partie de la techno a été développé sur les fonds d'OLPC, la start up ait été créée pour pouvoir aller encore plus vers l'avant grâce à des fonds externes, et à lancer une production plus massive (puisqu'ouverte à d'autres clients), permettant une réduction des coûts de production (et donc, tout bénéf pour OLPC, qui achète à prix coûtant, et qui n'aurait pas pu atteindre les mêmes économies d'échelle en restant seul).