Intel Sandy Bridge et overclocking : révélations autour d'un bug

Publié le 31 août 2010 , par Florian Vieru - mis à jour le 01 septembre 2010 à 00h - dans Hardware, Processeur

Non, contrairement à ce qui se dit, Intel n'a pas cherché à brider l'overclocking avec sa nouvelle génération de processeur « Sandy Bridge ». Le géant de Santa Clara a même tout tenté pour contourner ce qui est en réalité un bug...

idfspr_2010_dadi-sandybridge_resizedIl y a quelques semaines, quelques slides tirés d'une présentation officielle Intel concernant Sandy Bridge se retrouvaient sur Internet. Ces pages de présentation étaient plutôt inquiétantes pour la petite communauté des overclockeurs. On pouvait en effet y lire que dans la majorité des cas, il serait tout simplement impossible d'overclocker avec la première génération de processeurs tirés de la nouvelle microarchitecture du géant de Santa Clara.

Il y a quelques jours, notre confrère Anand Lal Shimpi publiait sur son site (le célèbre Anandtech) un article présentant en avant-première les futurs CPU grand public signés Intel. Il y reprenait alors les informations des fameuses slides, en les présentant comme un choix volontaire de la part du géant des processeurs, mais en réalité c'est loin d'être aussi simple.

Nous nous sommes récemment rendus au siège de la société californienne, ou nous avons discuté avec certains de ses employés, notamment de ce fameux problème d'overclocking. Pour bien comprendre ce qui s'est passé, il faut revenir quelques mois en arrière (voir quelques années).

La conception d'une nouvelle microarchitecture se fait tout d'abord « sur le papier ». Les architectes réfléchissent à ce qu'ils vont intégrer dans le futur processeur, puis finalisent ce « design ». À partir de ce moment, il est possible de simuler le fonctionnement de ce CPU, avec cependant quelques limites. Tout n'est pas prévisible, il faut donc produire une première révision, en créant tout d'abord un masque, qui sera ensuite produit en fonderie (voir notre article sur la fabrication des processeurs). Cette étape coûte à elle seule plusieurs millions, voir dizaines de millions de dollars.  À ce moment, certaines corrections sont possibles, et on peut produire une nouvelle révision, mais dans certains cas, le « bug » ou problème peut être trop important pour être corrigé avant la commercialisation du processeur. En la matière, le bug TLB du premier Phenom est exemplaire...

Quoi qu'il en soit, étant donné la complexité d'un CPU récent, il y a certaines choses qu'il est vital de vérifier, et d'autres un peu moins. Comme on va le découvrir, c'est notamment le cas... de l'overclocking ! Nos confrères de Canard-PC avaient indiqué les premiers Sandy Bridge comme « tapped-out » en juillet 2009. Quelques semaines plus tard, le Pentium E6500K débarquait en Chine. À l'époque, Intel indiquait qu'il s'agissait d'un « test » de sa division chinoise, et qu'aucun processeur débloqué ne serait proposé en dehors de l'Empire du Milieu. Pourtant, quelques mois plus tard, les Core i5-655K et Core i7-875K étaient lancés mondialement.  Le fait est, le « bug » qui touche Sandy Bridge est la raison principale derrière la sortie de ces deux processeurs !

Chaque semaine depuis la découverte du problème, une réunion secrète a eu lieu au siège de Santa Clara, rassemblant plusieurs ingénieurs travaillant sur Sandy Bridge. Ils ont tout essayé pour trouver une parade, sans succès. Si nous n'avons pas d'information sur le moment précis où Intel s'est rendu compte qu'il n'allait pas pouvoir contourner ce bug, on peut positionner ce moment quelques part entre les sorties respectives des deux générations de processeurs K.

Le géant des processeurs n'a donc aucunement cherché à brider l'overclocking ! La première révision d'envergure de Sandy Bridge devrait corriger le problème, et les déclinaisons haut de gamme de la nouvelle microarchitecture ne souffriront pas de ce bug. Ce qu'on retiendra de cette affaire, c'est qu'il faut faire attention à l'interprétation de slides pris hors de leur contexte (en l'occurrence un meeting visant à expliquer l'origine du problème, très probablement à des fabricants de cartes mères). Ces derniers sont à l'oeuvre pour tenter de contourner le problème, mais on les voit mal réussir là où Intel a échoué ! Il est donc fort probable que seuls les Sandy Bridge K soient overclockables, et uniquement par le coefficient multiplicateur.

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Dernières réactions

mururoa69 - le 31/08/10 à 10:09
S'pas grave, les overclockeurs (5% ? 2% ?) n'achèteront pas ce modèle et puis c'est tout. Tiens s'il peut facilement se sous-volter ça pourrait même intéresser plus de monde que ses capacités d'overclocking.
xixou@matbe - le 31/08/10 à 10:11
En réalité ce n'est pas si évident que ça de faire varier
les fréquances on-the-fly.
J'ai moi même fait l'exercise sur notre carte dual fpga stratix 3 (65 nm) au labo, sur l'arm7 et le controlleur usb.
J'en suis arrivé à faire un reset Hardware entre chaque changements de fréquence pour que ça ne coince pas a u certain moment donné (par pas de 1 MHz).

Mais c'est cool quand ça fonctionne.

Au niveau overclocking, c'est clair que comme je ne dissipe pas activement la chaleur du fpga, c'est la chaleur qui me limite en montée de fréquence.
Même si j'overvolt (et c'est pire en fait, car ça chauffe encore plus) ^^

Donc faut parfois mieux faire une synthèse coolos sans trop duplication de logique
pour que ça donne de meilleures performances sur le fpga (refroidit passivement), car il doit dissper moins de chaleur (genre 0.5W de différence au power analysis de quartus).
ilyon - ( 2 approbations ) - le 31/08/10 à 10:17
PCWorld.fr
... on les voit mal réussir là où Intel a échoué ...

J'ai souvenir qu'au contraire - et c'est comme ça qu'Asus a été lancé - intel (encore eux) ne parvenait pas à créer un modèle de chipset pour un de ses processeurs, et Asus leur avait fourni la solution.
Je cherche la source.
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