Débat du week-end - Faut-il stopper Apple au nom de la liberté de création et d'utilisation ?

Publié le 05 février 2011 , par Stephane CHARPENTIER - mis à jour le 07 février 2011 à 00h - dans Hardware - Mots clés : Apple, Débat du week-end

Non vous n'êtes pas sur MacWorld mais bien sur PCWorld.fr. Et si vous nous parlons d'Apple, c'est parce que la domination actuelle du géant à la pomme nous pose question. Non pas que nous soyons circonspects à propos des produits Apple mais plutôt à propos du modèle économique mis en place par Steve Jobs et ses acolytes. Modèle qui pose problème et selon nous tend vers un trop grand contrôle de la création.

iPad IllustrationApple n'a pas toujours été à la fête et pour les plus jeunes, nous rappellerons que la firme de Steve Jobs a connu des bas, particulièrement dans les années 90. Mais depuis le succès de l'iPhone, mérité, la firme à la pomme se sent pousser des ailes et a tendance à aller peut-être un peu trop loin. Premièrement les prix pratiqués par Apple sont élevés, très élevés. La firme a l'habitude d'appliquer des marges confortables en les justifiant par des produits innovants, le tout savamment accompagné d'un design réussi. C'est une des grandes forces d'Apple, réussir là où la majorité des fabricants asiatiques échouent : une forme à la hauteur du fond.

Mais ce que nous reprochons à Apple est ce système fermé, cloisonné, ne laissant plus beaucoup de liberté à l'utilisateur en matière de choix d'applications. A moins d'être bidouilleur dans l'âme, c'est l'Apple Store ou rien. Là où c'est plus grave, c'est qu'Apple a des règles très strictes pour accepter qu'une application se retrouve dans sa bibliothèque d'applications. Et surtout arbitraires. Un reportage (partie 1 ici et partie 2 là) vu récemment montrait le cas d'un caricaturiste américain dont l'application a été refusée car contraire à la politique d'Apple interdisant du contenu obscène, pornographique ou diffamatoire.  Il était reproché au dessinateur de ridiculiser des personnages publics. Quelques temps plus tard, ce caricaturiste s'es vu décerné le prix Pullitzer. Comme par hasard, Apple l'a appelé et lui a dit de soumettre son application sur l'Apple Store.

Ce même reportage évoque aussi la politique tarifaire inflexible d'Apple. La firme a une grille de prix à laquelle doivent se plier les éditeurs. Ainsi, un quotidien voulait faire payer son édition électronique 1 euro mais Apple ne permet pas ce montant. Entre 0.79 euros et 1.59 euros, le quotidien a été contraint de choisir 0.79 euros pour ne pas faire payer son édition électronique plus chère que l'édition papier. En outre, Apple empoche sur cette somme un pourcentage : 30%. Et c'est non négociable. En bref, Apple ferme ses produits à des applications non disponibles sur l'App Store et s'octroie près d'un tiers du chiffre d'affaires simplement pour mise à disposition de sa plateforme de logiciels. Pire, Apple a le droit d'autoriser ou non certaines applications. Il s'agit là clairement d'un contrôle malsain sur la créativité, la liberté tarifaire et l'inventivité des éditeurs.

Si ce principe n'est pas nouveau en soi, on voit s'ériger de plus en plus un mouvement contestataire qui avec des alternatives parallèles essaie d'autoriser ce qu'Apple interdit. Il s'agit d'un App Store parallèle accessible une fois une certaine application installée ou encore d'une application permettant à un iPad dépourvu de la 3G de se connecter en Wi-Fi à un iPhone, ce qui permet de limiter le cumul des abonnements.

Les concurrents ne s'y trompent pas et s'engouffrent dans la brèche aussi comme Motorola et sa dernière pub pour sa tablette Xoom que nous vous laissons découvrir ci-dessous. Le succès de la plateforme Androïd de Google, non exempte de défauts pour autant, est au final une bonne chose car en montant en puissance avec un market de plus en plus riche, Apple pourrait à un moment donné réfléchir à sa stratégie commerciale dictatoriale et arbitraire si ses concurrents deviennent trop importants. Pour conserver une liberté de création du côté des éditeurs et une liberté de choix du côté des utilisateurs, il est grand temps que cette domination Apple sur les smartphones et les tablettes cesse sous peine de nous transformer en moutons à la merci du berger Steve Jobs...

Et vous qu'en pensez-vous ? C'est le débat du week-end...

PCWorld.fr recrute un rédacteur hardware   Les Intel Ivy Bridge compatibles avec les cartes mères actuelles ?

Dernières réactions

SartMatt - ( 20 approbations ) - le 05/02/11 à 00:19
Pour moi, clairement, cette restriction à l'App Store comme seule source pour les applications est un abus de position dominante : Apple profite d'une position dominante sur le secteur des smartphones pour imposer sa solution pour la distribution de contenus, mais aussi sur le marché de la publicité dans les applications (les régies concurrentes à iAd sont artificiellement défavorisées, via les conditions de validation des applications), et même désormais pour les solutions de micro-paiement (si une application permet d'acheter du contenu, elle doit obligatoirement permettre ses achats via un compte iTunes, même si l'éditeur n'avait initialement pas l'intention de permettre des achats in-app !).

À mon avis, ce qu'il faudrait, c'est tout simplement interdire à un éditeur de système d'avoir le monopole de la distribution d'applications pour son système (ceci concernerait d'ailleurs aussi Windows Phone 7 et les consoles).

Après, Apple est parfaitement en droit de refuser des contenus sur l'App Store, puisque c'est SA boutique, tout comme Carrefour ou la Fnac ont le droit de choisir les produits qu'ils distribuent. Mais il faut que les produits refusés par Apple puissent être distribués par d'autres canaux, tout comme les produits refusés par Carrefour ou la Fnac peuvent être distribués ailleurs...

En ayant légalisé le jailbreak, les USA ont fait un premier pas en ce sens. Espérons qu'ils finiront par aller un peu plus loin (mais j'ai relativement peu d'espoir :( ) et qu'ils seront suivis par l'Europe.
ChatNoir - ( 13 approbations ) - le 05/02/11 à 00:26
En forme Stéphane ! Je crains que ça devienne vite houleux par ici.

Enfin, même si Apple a fait de bons produits (l'iPhone principalement aurait pu m'intéresser), la politique menée par l'entreprise et l'image véhiculée m'a toujours tenu éloigné du logo à la pomme. Tu as bien résumé la majorité des soucis rencontrés. Je ne suis pas un antimac primaire, je suis conscient des points positifs, des progrès apportés, etc. Seulement les côtés négatifs dépassent de loin les attraits.
epsilowne - ( 7 approbations ) - le 05/02/11 à 00:28
Des produit innovant certes... mais pas si utile ou nécessaire en résumer on pourrait sans passer!

M.D.R! : http://www.youtube.com/watch?v=EQwfS1neMqs
Les commentaires sur ce document sont clos.
  • Tout
  • Hi-Tech
  • Matériel
  • Mac
  • Jeux