Si la 4G brouille la réception de la TNT, ce sera aux opérateurs de payer...

Publié le 30 septembre 2011 , par Mathieu Chartier - dans High-Tech, Téléphonie & VoIP - Mots clés : 4G, TNT

L'attribution des licences 4G se poursuit dans un climat d'incertitude. Mais le gouvernement a tranché, si brouillage de la TNT il y a, ce sont les opérateurs qui paieront.

C'est dans le projet Budget 2012 qu'il faut se plonger pour constater que le gouvernement compte bel et bien sur les opérateurs pour prendre en charge les coûts d'éventuels travaux à faire pour éviter que la mise en place du réseau mobile 4G n'empêche certains foyers français de recevoir correctement la TNT. Comme le constatent nos confrères de ZDNet, il est indiqué dans ce projet : "En cas de brouillage, les opérateurs prennent les mesures nécessaires permettant de rétablir la réception des services de télévision par tout moyen approprié (...) Les charges seront réparties entre les opérateurs, en fonction de la part de brouillage qu’ils occasionnent".

Un brouillage du signal TNT qui pourrait toucher 20% des foyers

C'est en modifiant à la dernière minute l'ordonnance du Paquet Télécom, à l'article 44, que le gouvernement s'est donné la possibilité de reporter ces coûts sur les opérateurs, qui voient d'un très mauvais oeil cette démarche cavalière. Surtout que si l'on écoute Eric Besson, ministre de l'Economie, le problème ne pourrait toucher que 2% des foyers. Un chiffre remis en cause par les opérateurs, comme Bouygues Télécom, qui explique que la 4G pourrait dégrader la réception TNT de près de 20% des français.

Si les fréquences de la bande des 2,6 GHz qui viennent d'être attribuées ne sont pas concernées, celles de la bande des 800 MHz qui seront attribuées en fin d'année - et qui coûteront déjà une fortune aux opérateurs - sont en revanche directement impactées. Les opérateurs, comme Bouygues Télécom, ne sont pas d'accord de devoir payer pour un produit mis en vente par l'Etat qui occasionne des frais cachés pour lesquels ils devront encore mettre la main au porte-monnaie.

Rappelons que, comme expliqué dans un précédent article, le gouvernement a décidé qu'un numéro d'appel unique va être mis en place autour d'un centre d'appel dont le rôle sera de traiter les demandes concernant un brouillage du signal TNT par la 4G... là encore, à la charge des opérateurs, qui n'auront visiblement pas d'autre choix que d'accepter de payer.

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Dernières réactions

Fishdrake - le 30/09/11 à 11:12
Donc si je comprend bien, les opérateurs payent une fortune (qui se répercuteras forcement sur la facture du consommateur final) au gouvernement pour avoir la licence 4G qui opère sur des fréquences qui pourraient brouiller la réception de la TNT et c'est encore aux opérateurs de se démerder a payer pour régler les éventuels problèmes.

Moi je serait eux, je dirais a Besson "VTFF, ta 4G ben tu te la garde et tu fais une croix sur notre pognon et (surtout) celui des français".
KronicK - le 30/09/11 à 11:24
oui mais c'est vendeur de proposer la 4G, alors ils se sentent obligés... Mais c'est vrai que ça va engendré des coûts monstres pour un truc qui sera pas forcément bien exploité....
SartMatt - le 30/09/11 à 11:48
Fishdrake
Donc si je comprend bien, les opérateurs payent une fortune (qui se répercuteras forcement sur la facture du consommateur final) au gouvernement pour avoir la licence 4G qui opère sur des fréquences qui pourraient brouiller la réception de la TNT et c'est encore aux opérateurs de se démerder a payer pour régler les éventuels problèmes.
Le coût de résolution des problèmes de brouillage est estimé à 2 millions d'euros par an.
Dans la procédure d'enchère sur les fréquences 4G, le prix de réserve pour les tranches potentiellement affectées par ces problèmes de brouillage est inférieur de 50M€ par tranche de 5 MHz (150M€ la tranche au lieu de 200M€).

Donc l'État fait déjà un geste face à ce problème, et financièrement, les opérateurs peuvent largement s'y retrouver, sachant que la durée d'exploitation de la 4G sera sans doute de l'ordre de la dizaine d'années.

Le plus important, c'est que les conditions soient claires dès le départ. Désormais, les opérateurs qui postulent connaissent l'engagement qu'ils prennent, libre à eux de ne pas postuler sur les fréquences à problème, vu que de toute façon, ils ont tous les quatre déjà des fréquences sans problèmes, celles dans la bande 2.6 GHz qui ont été attribuées il y a quelques jours.
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