La pénurie pourrait se prolonger sur l'ensemble de l'année 2012, avec des prix qui resteraient hauts... surtout chez les détaillants.
Depuis que les usines thaïlandaises de production de disques durs (ou de composants servant à les assembler) ont été frappées par de terribles inondations, c'est la panique sur le marché du stockage. Les prix ont - parfois abusivement - explosé, et tout le monde cherche à savoir comment évolue la situation et quand un retour à la normale est envisageable. Plusieurs nouvelles informations sont tombées à ce titre, à commencer par une interview du PDG de Seagate publiée par All Things D. Seagate qui n'a pas d'unités de production installées en Thaïlande comme c'est le cas de son concurrent Western Digital, et n'a donc pas été directement touché par les inondations, ce qui ne l'empêche pas d'avoir énormément de mal à se fournir en pièces détachées auprès de ses fournisseurs habituels. On rappelle par exemple que Nidec, qui fournit 75% des moteurs de disques durs, est concerné.
Regrettant en premier lieu les 600 morts qu'ont fait les inondations, Steven Luczo explique la situation avec un certain aplomb. La demande mondiale de disques durs sur le trimestre est de 180 millions de pièces. Or les fabricants ne sont capables de livrer que 120 millions de pièces. Il manque donc 60 millions de disques durs pour contenter tout le monde, et ce sont en partie les stocks (qui fondent à vue d’œil) qui permettent de combler ce manque dans l'immédiat. Des chiffres confirmés par les sources asiatiques du DigiTimes qui expliquent qu'il manque 35% de disques durs sur cette fin d'année pour répondre favorablement à la demande. Problème, la demande ne cesse de s'accroître et la capacité de production des principaux fabricants ne va remonter que progressivement.
Pas de retour à la normale avant fin 2012 ?
Le PDG de Seagate estime que 120 à 130 millions de disques pourront être livrés sur le premier trimestre 2012, 150 millions au second, 170 millions au troisième et 190 millions pour le dernier trimestre 2012. En encore, ces prévisions sont basées sur une forte demande de disques à un seul plateau (moins d'1 To), et les choses pourraient être plus compliquées si ce sont les disques à deux plateaux qui sont les plus demandés. Résultat, Steven Luczo estime qu'il faudra environ un an à la production de disques durs pour retrouver son niveau d'avant la catastrophe, et que jusque-là le marché va continuer à être perturbé avec des prix hauts et une demande supérieure à l'offre.
Une situation dont les particuliers devraient être les principales victimes, puisque le marché du détail devrait continuer à être le plus impacté. En effet, comme on le voyait récemment, les plus gros demandeurs de disques durs (les OEM, les gestionnaires de data-centers, etc.) ont d'ores et déjà renégocié leurs contrats d'approvisionnement avec les fabricants, passant généralement sur des périodes de longue durée, de un à deux ans en moyenne. Ce sont donc eux qui trustent la majeure partie des livraisons, et les grossistes qui fournissent les revendeurs au détail ne reçoivent qu'un tiers des disques qu'ils reçoivent habituellement.
Voilà qui explique en partie la forte augmentation des prix en boutiques. La pénurie est donc bien réelle et les indications qui laissaient envisager un retour à la normale plus rapide que prévu sont remises en question. Reste donc à voir comment la situation évolue dans les faits, et la manière dont Western Digital, premier fabricant mondial très touché par le sinistre, réussira à se relever en 2012...
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