CES 2012 : Interview d'Ali Sadri, président de l'alliance WiGig

Publié le 12 janvier 2012 , par Mathieu Chartier - mis à jour le 12 janvier 2012 à 12h - dans Hardware, Réseaux - Mots clés : WiGig, CES 2012

Technologie sans-fil d'avenir, le WiGig est encore en cours de définition d'une norme pérenne pour les transmissions à 60 GHz. Faisons le point avec le président de la Wireless Gigabit Alliance...

WiGig Ali SadriSoutenu par Broadcom, Cisco, Dell, Intel, Microsoft ou encore NEC, Nvidia et Nokia, le WiGig est également poussé par les alliances Wireless Gigabit et Wi-Fi. Cette technologie sans-fil promet d'autoriser des échanges à des débits pouvant monter jusqu'à 7 Gbps. De quoi remplacer de nombreux câbles qui encombrent nos maisons, reliant entre eux les divers appareils électroniques utilisés au quotidien, et permettant de faire transiter des flux de données toujours plus lourds et encombrés (vidéo HD, etc.). Afin d'en savoir plus, PCWorld a profité du CES pour aller à la rencontre d'Ali Sadri, le président de la Wireless Gigabit Alliance.

Qu'est-ce que le standard WiGig change pour les consommateurs à l'heure actuelle ?

A mesure que les performances et les fonctionnalités de nos terminaux mobiles progressent, nous avons des fichiers plus volumineux à gérer, comme des fichiers d'images plus lourds. A partir de là, pour transférer des contenus d'un terminal à un autre, cela prend de plus en plus de temps. Et en termes de débits et de vitesse de transfert, le consortium WiGig travaille pour améliorer les choses. Sur la bande du 60 GHz, on peut transférer des données jusqu'à 7 gigabits par seconde.

En matière de consommation énergétique, les antennes WiGig sont plus efficaces que les antennes WiFi traditionnelles. En transférant les mêmes données à un débit équivalent sur ces deux technologies, on se rend compte que le ratio de consommation électrique est largement à l'avantage du WiGig. On observe des chiffres de l'ordre de 500/600 milliwatts pour transmettre à 2 gigabits par seconde.

La dernière chose sur laquelle nous appuyons, c'est la volonté des gens de synchroniser leurs terminaux et appareils entre eux. Lorsque l'on pense connectivité, on pense généralement Internet. Mais au sein de l'alliance WiGig, nous travaillons sur des solutions de "docking" intelligentes, et pas forcément à travers le PC. On veut faire en sorte de généraliser la connexion d'un smartphone avec un téléviseur pour exploiter les données de l'un sur l'autre, et vice-versa.

Les plus grosses annonces du CES tournent autour de systèmes de divertissement pour la maison. Qu'est-ce que le WiGig a à apporter à ce niveau là ?

Imaginez que votre téléviseur a un nombre limité de ports HDMI et que plusieurs équipements doivent accéder en même temps à l'écran ou aux données qui transitent par la TV. Vous avez plusieurs possibilités comme utiliser plus de câbles, un routeur, ou utiliser des technologies sans-fil. En utilisant la bande des 60 GHz, nous sommes sur des fréquences complètement ouvertes, sans aucune interférence, et cela va être très important à l'avenir pour doper les fonctionnalités de nos équipements.

Quels sont les défis de transmettre des données sur la bande des 60 GHz ?

Ils sont nombreux. Le plus important étant la conception des antennes. A 60 GHz, les terminaux qui échangent des données doivent quasiment pouvoir se voir l'un et l'autre. Le chemin virtuel qui les relie est donc extrêmement important et l'on doit faire en sorte que les données empruntent toujours le chemin le plus court.

En étant rattaché à l'IEEE, le WiGig va adopter la dénomination 802.11ad. Or des routeurs 802.11ac sont annoncés lors de ce CES. Si les gens achètent l'un de ces routeurs, pourront-ils bénéficier de la technologie WiGig un jour ou devront-ils se ré-équiper ?

Il faut garder un point de vue assez large. Dans un environnement de travail, autour de la connexion Internet, il vous faudra toujours le WiFi. Mais si l'on commence à parler d'interactions sans-fil entre des appareils de divertissement, le WiGig s'impose. Ce n'est pas une guerre, le WiGig est complémentaire au WiFi, pas un concurrent. On pense donc que les solutions de "docking" d'avenir appartiendront au WiGig. Pour répondre à votre question, il y a de fortes chances pour que les matériels ne soient pas compatibles, malheureusement.

Enfin, quand est-ce que le WiGig fera ses grands débuts commerciaux ?

Certains de nos partenaires ont déjà annoncé des produits. Mais la certification finale n'est pas encore prête. Donc on peut parler de produits "Compatibles WiGig". Avant la fin de l'année, nous aurons une certification complète et détaillée, finalisée. Nous devrions pouvoir présenter plein de choses l'année prochaine ici-même au CES.

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