MegaUpload et MegaVideo fermés par le FBI. Les Anonymous contre-attaquent !

Publié le 20 janvier 2012 , par Laurent Lammens - mis à jour le 20 janvier 2012 à 16h - dans Internet - Mots clés : Megaupload, MegaVideo, fermeture

Le département de la justice américaine et le FBI ont fait fermer cette nuit MegaUpload et MegaVideo, deux des plus gros sites de téléchargement de fichiers au monde.

logo-megauploadLe 12 décembre dernier le site MegaUpload avait fait parler de lui en diffusant sa "MegaSong", un clip promotionnel vantant ses services par le biais de stars internationales. Le site d'hébergement et de téléchargement de fichiers plus ou moins légaux avait ainsi créé le buzz mais narguait ouvertement ses détracteurs dont Universal Music Group mais également les puissantes RIAA et MPAA (associations américaines de défense des droits de l'industrie musicale et cinématographique).

Et aux États-Unis, on ne se moque pas impunément de la loi, le département de la justice américaine et le FBI ont ainsi procédé sans sommation à la fermeture totale de tous les sites du groupe Mega (dont les plus connus sont MegaUpload et MegaVideo) et ce dans le monde entier.

Ainsi il est aujourd'hui impossible à quiconque autour du globe d'accéder au moindre fichier hébergé sur les serveurs de la compagnie, qu'ils soient légaux ou pas. Tous les serveurs étant basés dans l’État de Virginie aux États-Unis (alors que la société était domiciliée à Hong-Kong), le FBI a donc pu tous les saisir et les mettre hors-ligne empêchant ainsi tout transfert de fichiers instantanément. Si MegaUpload continuait à utiliser ses serveurs aux Etats-Unis, c'était avant tout pour garantir des débits importants lors des téléchargements, qu'il n'aurait pu proposer en installant ses disques durs dans des régions du globe plus reculées.

Le département de la justice américaine accuse le groupe Mega d'être une "organisation criminelle mafieuse" qui favorise le piratage d'œuvres musicales et cinématographiques protégées par les lois sur le copyright. MegaUpload se conformait toutefois au DMCA, son statut d'hébergeur ayant été plusieurs fois reconnu par la justice, et le site s'engageant à retirer dans les délais prévus tous les fichiers illégaux signalés par les ayants-droit. C'est donc bien la gestion "mafieuse" de l'entreprise qui aurait permis au FBI de monter cette opération de grande ampleur.

megasong-stars

Nombre de stars internationales vantaient les mérites de MegaUpload

Selon l'acte d'accusation, les ayants droits estiment à 500 millions de dollars le préjudice subi par la violation des droit d'auteurs et mettent en avant le fait que la société Mega a engrangé 175 millions de profits grâce à la publicité et à la vente de comptes "premium" permettant d'accéder plus facilement (et rapidement) au téléchargement illégal de ces fichiers.

Kim Dotcom, le fondateur de la société Mega, et six de ses proches collaborateurs ont ainsi été arrêtés en Nouvelle-Zélande, Allemagne et Hong-Kong et risquent plusieurs dizaines d'années de prison pour différents chefs d'inculpation tels que "racket en bande organisée", "blanchiment d'argent", ou "conspiration pour infractions au droit d'auteur".

Le FBI avance même le fait que le groupe Mega rétribuait la contribution active de certains uploaders qui proposaient des fichiers "rippés" des films les plus téléchargés. 50 millions de dollars de matériels et de biens ont ainsi été saisis chez les personnes incriminées dans différents pays dont plusieurs voitures de luxe (14 Mercedes, 2 Cadillac, 1 Lamborghini, 1 Maserati, 1 Harley-Davidson et 1 Rolls-Royce).

Les procédures d'extradition vers les États-Unis sont en cours et les inculpés risquent donc gros car certains documents prouvent que les dirigeants avaient eux-mêmes mis en ligne certains fichiers illégaux.

Cette affaire fait actuellement couler beaucoup d'encre et de nombreuses réactions fusent sur le net de par le monde que ce soit Nicolas Sarkozy qui salue la fermeture du site, les utilisateurs qui montent au créneau ou encore le groupe de hackers Anonymous qui menace de représailles en s'attaquant à des sites tels que ceux d'Universal Music, de la RIAA, du ministère de la justice américaine, de la Hadopi et même du FBI.

Cette fermeture pourrait marquer une étape importante dans la lutte contre le piratage des œuvres numériques au niveau mondial. Cela pose aussi la question de la maîtrise technique des DNS, visiblement contrôlés par les États-Unis qui semblent avoir droit de vie ou de mort - via l'Icann dont l'administration américaine est très proche - sur les sites Internet mondiaux. La guerre du Net est déclarée !

Quelles mesures envisager pour contrer le streaming illégal ?   NES : la plus grosse manette fonctionnelle au monde

Dernières réactions

LostSoul - ( 30 approbations ) - le 20/01/12 à 12:01
Le pire c'est qu'en fermant MU, le FBI a également procédé virtuellement à une saisie arbitraire et non fondée de documents privés de milliers de gens, en et hors Etats-Unis, et que ces données sont maintenant inaccessibles (particuliers et entreprises qui utilisaient MU pour échange et partage de fichiers strictement personnels, voir dans certains cas confidentiels)

Après, concernant les voitures de luxe, n'importe quels administrateurs de société ont les mêmes ...
Plocploc - ( 15 approbations ) - le 20/01/12 à 12:02
c'est bien connu, ils se croient les rois du monde tu sais. Allez go go les Anonymous, continuez
hectoplasma - ( 3 approbations ) - le 20/01/12 à 12:27
j'ai du mal a digérer cette nouvelle ... unbelievable !
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