Nous l'avions déjà relaté dans une de nos actualités, le Prescott souffre d'un défaut majeur, c'est son échauffement qui relaye l'épisode de l'Athlon Tunderbird 1400Mhz au rang de futilité. Les versions 2.8E, 3.0E et 3.2E étaient déjà passée entre nos mains et cette fois-ci, il s'agit de la version 3.4E que nous avons soumis à notre batterie de test mais également à une multitude de tests d'échauffement. Le moins que l'on puisse dire est que nous n'avons jamais eu froid durant ces tests.
Fournis par Intel Hollande, le Prescott 3400Mhz est (encore) fourni avec le dissipateur thermique qui nous avait déjà précédemment déçu. Ce dernier présente une surface en cuivre nettement moindre que les autres versions connues. De plus, le diamètre de cette pastille de cuivre est inférieur à la largeur du processeur, ce qui rend le transfert thermique moins bon que si toute la surface du processeur était en contact avec une pastille en cuivre. Mais ce n'est pas tout, cette pastille ressort très légèrement du bloc en aluminium, ce qui annule purement et simplement le contact entre le processeur et l'aluminium sans le badigeonnage généreux de pâte thermique. Ce sera même une méthode indispensable afin d'améliorer la dissipation thermique tant le contact entre le cuivre seul et le CPU est insuffisant. Nous avons récemment acheté dans le commerce un Prescott 3.0 et le ventirad livré par Intel était identique.
Ces explications étant, on comprend tout de suite mieux les 60° relevé dans le BIOS lors du premier démarrage de la machine, dans le cas d'un contact avec le cuivre seul. Après passage d'une deuxième couche de pâte thermique, nous avons gagné 4°C. Lors de l'utilisation du meilleur dissipateur proposé par Intel pour ses processeurs (voir photo ci-contre) et qui sont principalement fournis avec les versions "C" hautement cadencées, nous avons pu commencer les tests avec une température de départ légèrement supérieure à 50°.
Autant vous le dire toute de suite, l'achat d'un Prescott ne doit pas se faire les yeux fermés et il conviendra à prendre en compte un bon nombre de facteurs afin d'être certain de ne pas rencontrer de problèmes de surchauffe.
Nous avons commencé les tests sur une carte mère qui nous a agréablement surpris par ses fonctionnalités et son prix hors concurrence. Cette carte mère est l'Asrock P4S55FX+ qui, pour +/- 60€, propose quasi autant qu'une Asus P4C800-E Deluxe qui coûte tout de même 3 fois plus chère. Le reste de la configuration était composé des éléments suivants :
Boîtier ANTEC SLK2600
Ventilateur 80mm en extraction
1Go Corsair XMS Pro PC4000
Disque dur 80Gb Maxtor Diamond Max Plus 9
Sapphire Radeon 9800 Pro
Le boîtier ANTEC SLK2600 est équipé d'une alimentation SmartPower 300watts. Ce qui peut sembler peu judicieux au premier abord, mais il s'agit ici d'une alimentation ANTEC, marque qui nous a jusqu'à présent rarement déçu. Les tests de température consistaient à faire suer le processeur le plus possible. Pour cela, un medley de Prime95, CPUBurn et 3DMark2003, histoire de ne pas laisser la carte graphique s'ennuyer. Naturellement, il était essentiel de faire souffrir les composants sur une période de temps plus ou moins longue, nous avons donc laissé tourné le tout près de 15h.
Les observations sont hallucinantes. Même si les tensions de l'alimentation n'étaient pas au beau fixe en plein burn, ces dernières ont toujours été dans la zone de tolérance. En contrepartie, l'alimentation était brûlante et le boîtier en lui-même n'avait rien à envier à un bol de soupe bien chaude. Les conséquences ne se sont pas fait attendre car après une quinzaine d'heure, l'ordinateur s'est coupé de lui-même pour ne plus jamais redémarrer. Verdict : composants de la carte mère littéralement brûlés. Nous avons retenté l'expérience avec une autre carte mère identique en surveillant périodiquement les composants qui avaient lâchés sur la précédente. Les résultats ne furent pas très différents bien que nous ayons arrêté les frais avant la mort complète de la carte mère.
Dès lors, nous avons opté pour une Asus P4C800-E que nous avons soumis de nouveau aux mêmes tests. Après 15 heures, le PC tournait toujours mais la chaleur dégagée par l'ensemble est restée identique et certains composants de la carte mère étaient intouchables sans brûlures assez douloureuses. Là également nous avons stoppé les tests avant toute casse. Information importante s'il en est, la température relevée par Asus PCProbe durant les burns était de 70° en moyenne. Nous n'avons pas pu faire de relevés avec les cartes mères Asrock, ces dernières n'étant pas pourvue de logiciel de monitoring et Motherboard Monitor ne supportant pas ce modèle de carte.
Le constat est donc clair : malgré l'utilisation du meilleur dissipateur pour Pentium 4 proposé par Intel, ce dernier n'arrive raisonnablement pas à dissiper toute la chaleur dégagée par le Prescott. Le surplus est donc dégagé via la carte mère qui n'est évidement pas prévue pour. Nous avons également utilisé une alimentation ANTEC 350watts SmartPower à double ventilateur 80mm, espérant que ces derniers puissent améliorer le renouvellement d'air frais dans le boîter. Au final, bien que l'alimentation en elle-même était légèrement moins chaude que sa petite sœur de 300watts, aucun gain de température ne fut enregistré en sein du boîtier.
Et avec des dissipateurs plus performants ? Réponse page suivante...
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