Le géant américain du e-commerce propose enfin sa liseuse numérique dédiée au marché français à un tarif agressif de 99 euros. A quoi peut-on prétendre pour ce prix-là ? Quelles concessions ont été faites et ont-elles un impact sur la qualité du produit ? Réponse...

Très bon
Pour :
Design
Ergonomie/Réactivité
Poids plume
Autonomie
Interface en français
Ecran E-ink
Prix
Contre :
Clavier virtuel
Pas de 3G
Pas d'accéléromètre
Pas de lecteur audio
Incompatible ePub/PDF protégé
Au rythme d’un modèle par an, le Kindle, livre numérique lancé en 2007 par Amazon, évolue doucement au fil du temps afin de proposer la meilleure expérience possible en matière de lecture d’ouvrages sur un écran électronique. Il faut effectivement réussir à concilier confort de lecture et vaste choix de livres dans un appareil petit, léger, ergonomique et autonome. Et on peut dire que le défi est relevé haut la main avec ce Kindle nouvelle génération disponible pour la première fois directement sur le site français du e-commerçant.
Petit mais costaud…
L’objet est livré dans un petit colis en carton recyclé tout simple, siglée du A souriant du célèbre marchand. Il suffit de déchirer la languette afin de soulever le couvercle pour découvrir le Kindle. D’un petit gabarit (166 mm x 114 mm x 8,7 mm), le produit étonne par son poids plume de 170 g qui le rend plus léger qu’un livre de poche de seulement 100 pages. Dans la boite se trouve également un câble USB 2.0 pour connecter et recharger la liseuse, un guide de démarrage (en anglais !) sous forme de « marque-page » cartonné et... c’est tout ! Le contenu est chiche mais au vue du prix plancher auquel est vendu le produit il ne fallait pas s’attendre à plus. Il faudra repasser par le panier Amazon (ou pas) pour lâcher les quelques deniers supplémentaires à l’achat d’une housse de protection (30€) et/ou de l’adaptateur secteur officiel (10€) indispensable à la recharge de l’eBook sans ordinateur à proximité.
Sorti de son écrin, admirons l’objet sous toutes ses coutures : le Kindle est donc léger mais il est également très fin, compact et pour ne rien gâcher sa coque "style aluminium" à la finition soignée ne souffre d’aucun reproche. La prise en main est des plus agréable, le design et l’emplacement des boutons ont été judicieusement pensé afin de lire dans des conditions optimales. Sur chaque tranche latérale se trouvent deux boutons permettant le changement de page et la tranche inférieure accueille le port mini-USB ainsi que le bouton de mise sous tension. Les cinq boutons et le pavé de direction situés sous l’écran ont chacun une fonction bien défini (retour, clavier virtuel, validation, menu, retour à la page d’accueil), ils se manipulent aisément permettant une navigation rapide.
Venons-en maintenant à l’élément primordial d’une liseuse numérique : son écran. Celui du Kindle est bluffant, d’une taille de 6 pouces (diagonale de 15 cm, la taille d’une page de livre de poche), il utilise la technologie d’encre électronique E-ink Pearl et bénéficie d’une résolution de 600 par 800 pixels en 16 niveaux de gris avec une définition de 167 dpi. Lorsque vous n’avez jamais approché un livre numérique, l’effet est saisissant, on a vraiment l’impression de lire sur une feuille de papier imprimée traditionnellement, en termes de confort. Pas de rétro-éclairage lumineux, de reflet agaçant ou de pixels apparents, l’affichage est net, précis, contrasté et ne fatigue aucunement les yeux même après des heures de lecture ininterrompues. Et c’est là tout l’intérêt de cette technologie adoptée par tous les fabricants d’eBooks du marché, pouvoir lire n’importe où même en plein soleil sans gêne particulière et sans consommation excessive d’énergie, l’encre électronique ne consommant pas de batterie une fois le texte ou l’image affichée.
Une bibliothèque dans le creux de la main
Amazon, avec ce nouveau Kindle, a voulu revenir à l’essentiel et a donc fait l’impasse sur le clavier physique et toute la partie audio (haut-parleurs, sortie casque) du précédent modèle. De la lecture, uniquement de la lecture, tel est le leitmotiv du géant de Seattle. En effet, lorsque le Reader numérique parvient à son destinataire, celui-ci est déjà pré-configuré avec le compte Amazon qui a servi à l’achat du produit, il ne reste qu’à paramétrer l’accès au Wifi afin d’accéder au vaste choix de livres, bandes-dessinées, magazines et journaux qu’offre la boutique Kindle (847.000 dont plus de 42.000 en français, et leur nombre ne cesse de croître chaque jour).
L’acte d’achat est d’une simplicité enfantine, sélectionnez une des catégories proposées sur la page d’accueil (meilleures ventes, nouveautés, sélection de la rédaction) ou parcourez tous les ouvrages disponibles classés par langue et par thème et une fois votre choix arrêté, un clic sur le bouton « Acheter » lance le téléchargement. L’article est alors disponible sur votre écran d’accueil, prêt à lire, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Nous regretterons le fait qu’aucun ouvrage (même ancien et libre de droit) ne soit fourni avec la liseuse, il faut se rendre sur la boutique et acheter ou trouver les ouvrages gratuits disponibles afin de commencer une séance de lecture. Tous vos eBooks achetés sont bien entendu archivés automatiquement dans votre bibliothèque Kindle rattachée à votre compte Amazon, vous pouvez alors re-télécharger gratuitement vos ouvrages en cas de perte de données.
Soulignons qu’une fois un ouvrage acquis, il sera disponible sur tous vos périphériques mobiles - ou non - ayant l’application Kindle installée (Mac, PC, iPad, iPhone, tablettes et mobiles Android,...). La fonctionnalité Whispersync développée par Amazon synchronise alors sur tous vos appareils les signets, annotations et la dernière page lue, pratique pour reprendre votre lecture là où vous l’aviez laissé. La liseuse prend en charge en natif les formats AZW (propriétaire au Kindle), TXT, PDF, MOBI non protégé, PRC et après conversion lit sans problème les fichiers HTML, DOC, DOCX, JPEG, GIF, PNG et BMP. Notons qu’Amazon a malheureusement fait l’impasse sur le format ePub pourtant très répandu dans le monde de la publication électronique.
Il est donc possible de trouver des ouvrages sans bourse délier disponibles sur de nombreux sites web en googlant « ebook gratuit ». Une fois téléchargés sur votre ordinateur transférez les via le câble USB dans le répertoire « documents » de votre Kindle et voilà, le tour est joué ! Vous pouvez également envoyer vos fichiers personnels via l’adresse email « @kindle.com » rattachée à votre compte Amazon, ils seront alors convertis et stockés « dans le cloud » grâce à l’espace de stockage de 5 Go attribué à chaque utilisateur de Kindle. Pratique !
Simplicité, efficacité
Après plusieurs jours d’utilisation intensive, force est de constater que le livre numérique d’Amazon nous a séduit. On sent que tout a été conçu pour avoir le moins de manipulation à faire et faciliter l’acte de lecture tout comme avec un livre traditionnel. Allumez-le, choisissez votre ouvrage et lisez-le, tout simplement ! Le changement de page est vif, une barre au bas de l’écran vous indique votre progression dans l’ouvrage, les menus apparaissent promptement et les options sont claires, nettes et précises. Pas de fioritures, on va à l’essentiel, un point c’est tout. L’activation de la touche menu pendant la lecture permet de régler rapidement la taille de la typo, l’interlignage, le nombre de mots affichés par page et la rotation de l’écran (pas d’accéléromètre intégré). Vous souhaitez avoir la définition d’un mot ? Déplacez simplement le curseur à l’aide du pavé directionnel devant le mot recherché et la définition apparait alors en haut ou en bas de l’écran, efficace.
Le Kindle propose également un navigateur web basé sur Webkit, disponible dans la section « Fonctions expérimentales » du menu d’accueil, il peut rendre service mais son utilisation restera anecdotique tant l’affichage des pages est poussif, il faut zoomer et se déplacer avec le curseur qui n’est pas des plus précis et rentrer une adresse par le biais du clavier virtuel est fastidieux (on regrette alors le clavier physique du précédent modèle). Concernant l’autonomie, elle est excellente, en désactivant le Wifi et à raison d’une heure de lecture par jour, le Kindle tient facilement 3 semaines sans avoir besoin de recharger sa batterie. Cette dernière ne chauffe absolument pas et fait le plein d’énergie en 3 heures via le port USB de votre ordinateur.
Le Kindle s’avère être au final un excellent reader numérique pour qui est féru de lecture car pouvoir stocker l’équivalent de 1400 livres dans un objet design, léger, fin et à moins de 100€, il n’y a pas lieu d’hésiter. Son autonomie record, la qualité de son écran et l’offre que propose le Kindle Store rendent son acquisition presque obligatoire. Amazon est en passe de réaliser son pari de s’imposer sur le marché français des liseuses électroniques avec un produit des plus attractifs et compétitifs. Il ne lui manque plus qu’un lecteur de cartes mémoire, une connexion 3G et un écran tactile pour être parfait... mais n’est-ce pas ce qu’Amazon propose Outre-Atlantique avec son Kindle Touch 3G ? Alors à quand ce modèle en France, car la Fnac et les autres concurrents ne vont pas rester les bras croisés, ils préparent déjà leur riposte. La bataille des eBooks s’annonce rude avant les fêtes de fin d’année. Que le meilleur gagne, et le Kindle 4 a de sérieux arguments à faire valoir !
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