Intel Nehalem : processeurs Core i7

Conclusion

Publié le 03 novembre 2008 , par Stephane CHARPENTIER - mis à jour le 02 février 2010 à 23h

Nehalem est venu, nous l’avons vu mais a-t-il vaincu ou à tout le moins nous a-t-il convaincu ? Oui certainement. Là où l’architecture Core avait laissé un goût de trop peu en matière d’innovations, Nehalem nous arrive avec bon nombre de nouveautés. L’intégration du contrôleur mémoire gérant la DDR3 en triple canal est intéressante mais on serait tenté de dire « enfin », cinq ans après AMD. Ceci permet à Intel de se débarrasser du bon vieux Front Side Bus (le FSB) qui devenait un véritable goulot d’étranglement dans les plateformes serveur. Avec le QPI, Intel est enfin armé pour offrir davantage de bande passante et rivaliser avec le Barcelona d’AMD dans le monde professionnel. Nehalem est enfin un véritable quad-core natif ou les quatre cœurs se partagent un cache commun : le cache L3 qui ici fait 8 Mo. Il s’agit aussi d’un processeur modulaire permettant au fondeur plus de souplesse dans ses choix et dans les possibilités d’expansion de son architecture. Enfin, n’oublions pas le retour de l’Hyper-Threading qui permet d’avoir dans son PC de bureau 8 processeurs logiques, pas un de moins.
Tout ceci fait que dans les applications massivement multithreadées, les gains sont impressionnants avec un Core i7 920 2.66 GHz se hissant devant le Core 2 Extreme QX9700 et ses 3.2 GHz ! Photoshop, WinRAR, Excel 2007, Cinebench, 3DSmax ou encore la compression vidéo d’un fichier VOB sous TMPGenc Xpress, autant d’applications dans lesquelles les trois Core i7 sont systématiquement meilleurs que le plus puissant des quad-core Penryn. La prouesse est intéressante et à saluer. Voilà qui ravira les utilisateurs les plus exigeants et les professionnels utilisant des logiciels de rendus, de conception assistée, de calcul scientifiques, financiers, etc. Le Core 2 avait déjà été impressionnant à sa sortie et le Core i7 enfonce le clou alors que vu la position d’AMD, ce n’était guère nécessaire du côté des processeurs de bureau et mobiles. Ceci nous conforte dans l’idée que ces Core i7 vont profiter davantage aux applications serveurs et professionnelles qu’au consommateur de base.

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Car le défaut du Core i7 est que si on utilise des applications ne gérant qu’une ou deux threads comme la compression MP3, WMV, Quicktime ou d’autres logiciels non optimisés, on risque de se dire qu’on est déçu du gain plus mitigé par rapport à un Core 2 à fréquence égale. Gain il y aura certes mais nettement moins spectaculaire que dans les applications multithreadées précitées. Mais faut-il imputer cela à Intel ? Pas vraiment. Ce n’est pas la faute du fondeur si le parc logiciel n’évolue pas toujours aussi vite que les évolutions technologiques des processeurs, même s’il y a eu de très nets progrès depuis la sortie des premiers processeurs dual core et depuis la sortie du premier quad-core. Mais quelque part, on peut se dire que c’est rassurant aussi qu’Intel n’attende pas que le monde du logiciel bouge plus vite pour sortir des processeurs plus performants. Le vrai bémol de ce processeur est par contre à attribuer à son comportement un ton en dessous dans certains jeux où il performe moins bien que les Core 2. Preuve là aussi que les jeux ne gèrent pas encore très bien le multithread.
La consommation des ces Core i7 est en hausse par rapport à Penryn qui avait réduit sensiblement les valeurs consommées en charge et en idle. Ici, on est du niveau d'un QX9770 voire au-delà, avec un Core i7 Extreme 965 qui consomme plus que le QX6700, premier quad-core sorti et qui n'était pas un modèle d'économie. L'intégration du contrôleur mémoire et de l'Hyper-Theading n'est donc pas gratuit en termes de consommation. Du côté de l’overclocking pour lequel de nombreuses rumeurs parlaient de sa mort, nous avons pu constater que le potentiel reste intact avec un Core i7 920 passant de 2.66 GHz à 3.8 GHz de manière stable. Par contre, l’overclocking est plus complexe et davantage de paramètres entrent en ligne de compte. Pour ceux que le surcadencage rebute, il leur restera le Turbo Mode, overclocking « garanti » d’usine par Intel qui peut booster les performances sous certaines conditions évoquées dans notre dossier.

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Faut-il acheter un Core i7 ?


Alors faut-il acheter un Core i7 ? Oui si vous utilisez beaucoup d’applications multithreads et que vous êtes prêts à investir dans une nouvelle carte mère et de la DDR3. Si la mémoire est bon marché en ce moment, les premières cartes mères X58 par contre sont plutôt onéreuses et majoritairement orientées haut de gamme. Il faudra attendre quelques mois pour voir arriver des cartes plus décentes en termes de tarifs. Quant au processeur, vous pourrez vous contenter d’un Core i7 920 annoncé à 284 dollars. Le 940 est cher en comparaison, 562 dollars, sans parler de l’inaccessible 965 XE et ses 999 dollars. Il n’intéressera que les plus argentés qui ont envie d’overclocker sans limites. Pour les autres, les Core 2 Duo et Core 2 Quad restent très intéressants et risquent de l'être pour un moment encore.
Au final, ce Nehalem semble bien né et augure de bonnes choses pour l’avenir même si le bond en avant est nettement moins spectaculaire qu’avec Core 2. Mais ce dernier devait succéder à l’innommable Pentium D, tâche nettement plus facile. Espérons qu’AMD ne se loupera pas avec ses processeurs en 45 nanomètres sous peine de ne plus pouvoir rejoindre Intel sur le plan des performances…

Récapitulatif des performances  
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