Les dessous de Nvidia (1ère partie)

Publié le 30 mars 2006 , par Mathieu Chartier - mis à jour le 05 juillet 2009 à 20h - dans Jeux Vidéo

Les dessous du programme Nvidia (1)

Alors qu’il serait facile de croire que les logos Nvidia s’affichant sur les jaquettes de nombreux jeux pc ne sont le fruit que d’accords financiers dictés par les lois du marketing, le programme "Developers Relations" mis en place par ce leader dans la manufacture de puces 3D est en fait bien loin de ces a priori. Bienvenue dans l’antre de Nvidia pour découvrir la face cachée de ce programme d’affiliation de studios de développement mis en place il y a maintenant près de 4 ans.

Pour bien comprendre ce que représente ce programme Nvidia d’affiliation des studios de développement du monde entier, il faut savoir que la motivation première de cette firme américaine pour le financement d’un tel programme peut se résumer dans son slogan qui pourrait paraître présomptueux, mais qui reflète assez bien la démarche de qualité qu’il met en œuvre. "The way it meant to be played" (ou "la meilleure expérience de jeu possible" en français), voilà ce que Nvidia recherche continuellement pour les joueurs équipés de ses puces 3D. Cela passe donc inévitablement par la nécessité de fournir à ces joueurs des jeux qui tirent parti des capacités de leurs GPU. Et cette démarche de qualité bien pensée en amont, passe par un véritable travail de fond effectué conjointement avec les studios de développement en les accompagnant dans la mise en place de leurs jeux. Plusieurs étapes successives s’enchaînent donc, de la découverte d’un projet susceptible de faire parti du programme jusqu’à la sortie du dit jeu en magasin certifié "The way it meant to be played". Un programme qui emploie plus de 120 personnes à travers le monde…Explications.


Première étape : la découverte

Découvrir un projet intéressant à intégrer au programme Nvidia relève d’un véritable défi pour les personnes chargées de cette lourde tâche. Et même si toutes les requêtes des différents studios de développement trouvent une réponse de la part de Nvidia, tout n’est pas toujours aussi facile. Et c’est bien souvent en parcourant les studios des quatre coins du monde que Nvidia débusque les projets les plus intéressants. Pas question donc pour les responsables des relations avec les développeurs de rester tranquillement installés devant leurs écrans en attendant les propositions de tel ou tel studio, puisque c’est en déplacement sur le terrain que les choses avancent le plus vite. Ainsi, des développeurs souhaitant entrer dans le programme Nvidia sont rencontrés par les responsables des relations développeurs dans leurs studios et défendent corps et âme leur projet, parfois seulement à l’aide de quelques morceaux de scripts non finalisés et quelques artworks, parfois avec des versions jouables déjà avancées de leur jeu. Et c’est aux managers des relations développeurs de décider si le titre présente les caractéristiques nécessaires pour faire son entrée dans le programme. Une démarche de qualité opérant donc dès le premier contact avec un développeur pendant lequel le responsable de ce recrutement à pour but de tisser des liens étroits avec le studio de développement en question. Pourtant, même les jeux ne pouvant faire partie du programme pour des raisons de timing ou de qualité seront à même de recevoir un soutien minimum de la part de Nvidia (mise à disposition d’un protocole de test avancé, envoi de certains outils de programmation développés par Nvidia, etc.). Il ne faut cependant pas croire que seuls les blockbusters sont ainsi choisis, puisque Nvidia est également sans cesse à la recherche de jeux pour ses gammes de cartes plus modestes.

GPU Gems GPU Gems
Les "GPU Gems" édités par Nvidia



Seconde étape : une méthode de travail non intrusive

A partir du moment où un accord a été trouvé et où le jeu va faire son entrée dans le programme, Nvidia sera toujours à l’écoute du studio de développement concerné et va lui fournir un soutien bénéfique mais en aucun cas dirigiste ou intrusif. Le but du jeu (si j’ose dire) étant de laisser les développeurs mettre au point leur jeu comme ils le souhaitaient, tout en leur permettant d’avoir accès à certains services complètement gratuits fournis par le manufacturier de puces 3D grâce au poids de son programme. Et c’est un des points importants soulevés par Nvidia : à partir du moment où un jeu fait son entrée dans le programme, toute l’aide et le soutien fournis sont gratuits : du prêt de cartes de dernière génération au contact privilégié avec un ingénieur de chez Nvidia en passant par la fourniture d’outils techniques prêts à l’emploi. Nvidia édite même certains livres dédiés aux développeurs de jeux comme les GPU Gems que l’on retrouve dans quasiment tous les studios de développement du monde.

Nvidia va donc, par le biais de son staff dédié à ce programme, accompagner les développeurs dans la construction de leur jeu sans véritablement en influencer la direction. Les deux points particulièrement importants sont donc la mise à disposition d’outils de programmation développés en amont par les ingénieurs de Nvidia et le soutien permanent sur lequel peuvent compter les studios de développement. C’est donc une relation de confiance qui naît entre les deux entités et qui va se poursuivre jusqu’à la sortie du produit en magasin, et même après. Une confiance sans laquelle rien ne serait finalement possible puisque pour les projets qui entrent dans le programme très tôt, ce sont parfois pendant plusieurs années de développement que les développeurs vont pouvoir compter sur le soutien de Nvidia. Plusieurs années pendant lesquelles les ingénieurs Nvidia vont parfois se déplacer sur place pour rencontrer les développeurs, parfois développer spécialement pour un jeu des outils inexistants, ou encore travailler dans la phase finale sur les drivers des GPU pour permettre d’optimiser le fonctionnement des puces 3D sur les jeux en question. Une longue période pendant laquelle Nvidia va suivre l’avancée du projet en étant consulté à chaque nouvelle version du build du jeu. Au menu des records, on retrouve évidemment deux énormes productions avec le développement de Doom 3 qui aura pris près de 5 ans et celui de Quake 4 qui approche des 4 ans de travail.

Rendu SM3 Rendu SM3
Exemples de différence de rendu sur les cartes Nvidia à l'arrivée des Shader Models 3...
... depuis, la concurrence a évidemment réagi

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