Un fil de plus pour moins de bruit…

Si Intel a décidé de rajouter un fil à ses ventilateurs, ce n’est pas que pour nos beaux yeux mais plutôt pour nos oreilles. Avant de détailler, il est important de savoir que le choix de ce système n’a pas été effectué que pour les consommateurs finaux que nous sommes mais principalement parce que de nombreux gouvernements ont édicté des normes visant à limiter les nuisances sonores émises par les ordinateurs. Devant faire face à l’époque à des processeurs dont la consommation allait en augmentant, entraînant de fait un accroissement de la chaleur dissipée, Intel se devait d'utiliser des moyens permettant de limiter les nuisances sonores. Il est en effet évident qu’on ne peut pas augmenter éternellement les rotations par minute et les dimensions des ventilateurs. Un premier pas avait été franchi avec l’adoption de normes permettant de contrôler individuellement jusqu’à quatre ventilateurs connectés à la carte mère. Pour ce faire des sondes étaient disposées un peu partout sur cette dernière et il était possible dans le bios de choisir le mode de gestion de chaque ventilateur.
Avant l’arrivée de ces nouveautés, les seuls moyens de réguler la vitesse des ventilateurs étaient soit d’utiliser un rhéobus sur lequel était connecté le ventilateur, soit d’utiliser les options du bios de certains fabricants de cartes mères. Ces options permettent en effet d’utiliser des modes de gestion du ventilateur faisant varier la vitesse de rotation selon certains seuils de température lus par la sonde du processeur. Il existait enfin des solutions logicielles comme Speedfan.
Pour rappel, les trois fils que l’on trouve sur la majorité des ventilateurs sont la masse, le +12 volts et celui permettant de lire les tours/minute. Le quatrième fil utilise ce qu'on appelle la technologie PWM qui n'a pas été inventée par le fondeur de Santa Clara mais Intel est le premier à avoir sorti des cartes mères compatibles avec les ventilateurs utilisant ce PWM. Ce quatrième fil va permettre de réguler plus efficacement un ventilateur grâce à ce PWM qui signifie Pulse Width Modulation.Intel et AMD, même combat ?
Le principe d’Intel est un peu celui qu’AMD a adopté pour son Athlon 64 en introduisant le Cool’n’quiet : tenir compte de l’activité du processeur. Mais AMD et Intel ont pris des voies différentes. En effet, AMD réduit le voltage délivré au processeur et la fréquence en cas de faible activité ou en idle. Ceci engendre bien évidemment une réduction de la consommation du processeur et par conséquent de la chaleur dissipée. Cependant pour réduire les nuisances sonores, il est impératif de disposer d’un ventirad doté d’un ventilateur variant sa vitesse selon la température. Il faut donc un ventilateur thermorégulé. C’est le cas de tous les ventirads livrés avec les versions boîtes des Athlon 64 mais il est par contre plus difficile de trouver dans le commerce des ventirads dotés de tels ventilateurs. Ceci signifie donc que tous les efforts du Cool’nQuiet seront vains si vous ne disposez pas d’un ventirad approprié. Seule votre facture d’électricité s’en trouvera allégée. AMD n’a donc rien prévu pour une gestion «hardware» du ventilateur. Heureusement de nombreux fabricants de cartes mères proposent des options dans le bios permettant de faire varier la vitesse du ventilateur selon la température du processeur.
Intel ne va pas dans un premier temps s’occuper de réduire le voltage et la fréquence du processeur mais va par contre "innover" là où AMD a survolé son sujet : la gestion du ventilateur. Le PWM n’est pas une technologie spécifique au monde des ventilateurs. Il s’agit simplement d’un mode d’alimentation différent qui fonctionne en envoyant une succession de signaux on/off. En réalité, la tension délivrée est toujours de 12 volts mais l’espacement temporel entre deux signaux on/off va déterminer la vitesse du ventilateur. Plus les espacements entre les signaux seront grands et plus le ventilateur tournera lentement, et inversement.
Le PWW : plus de souplesse
Ce mode d’alimentation autorise une gestion beaucoup plus souple du ventilateur mais ne sera efficace que si le ventilateur est doté d’une électronique adaptée. On peut en effet alimenter n’importe quel ventilateur en PWM mais pour une gestion souple et efficace, il faudra idéalement que ce dernier soit prévu pour. Sans aller plus loin dans les détails techniques, on peut dire qu’un ventilateur PWM connecté à un connecteur 4 points va autoriser une gestion bien plus efficace qu’un classique ventilateur avec pour principal objectif le silence. On constate par exemple que dès que la charge du CPU est stoppée, le ventilateur redescend quasi instantanément à sa vitesse minimale. Avec un ventilateur à trois points, le descente est bien plus longue une fois la charge stoppée et il ne descendra généralement pas aussi bas. Le PWM tient compte de la température de la sonde interne du processeur mais varie tellement vite sa vitesse qu'il donne l'impression de tenir également compte de la charge. Mais en réalité, les processeurs Intel LGA775 ont une sonde interne dont la précision a été améliorée afin de permettre une plus grande réactivité au niveau de la gestion du ventilateur.
Bien choisir sa carte mère...
Mais un ventilateur PWM et un connecteur 4 points ne suffisent pas. En effet, il faut encore que la carte mère offre un Bios permettant de gérer ce PWM. Sur certaines cartes mères, ce n’est pas le cas comme sur une ECS que nous avons essayée. Même tarif sur une Asus P5ND2-SLI. Ce n’est qu’avec une Asus P5WD2-E Premium que nous avons trouvé notre bonheur. En effet en activant le Q-Fan, on peut choisir le type de ventilateur connecté : DC ou PWM. On dispose alors de trois modes de Q-Fan qui correspondent à trois valeurs de température de la diode interne du processeur : 50, 60 et 70°C. Ces trois valeurs sont utilisables même avec un ventilateur doté d’un connecteur trois points sauf que la gestion des tours/minute va être bien différente avec un ventilateur à quatre points puisque le quatrième fil va autoriser une gestion plus souple du ventilateur.Avec pareil système, le ventilateur PWM n’augmentera sa vitesse que lorsque la température critique est atteinte et si elle est fixée haut, cela signifie simplement que le ventilateur tournera très lentement pour la majorité des tâches effectuées par un ordinateur. Ce n’est que lors de cas extrêmes comme lors d’un jeu ou d’une application sollicitant fortement le processeur que le ventilateur augmentera ses rotations/minute pour ramener le processeur à une valeur inférieure à la valeur critique. Les marges de manœuvre sont décidées par les fabricants de cartes mères et par exemple Intel recommande des plages de variation de 10 degrés, comme dans notre exemple de la carte Asus, et non de 5 degrés car dans pareil cas, le ventilateur risque de plus souvent jouer au yo-yo, ce qui peut devenir très désagréable à l'oreille.
Mais vous pourriez nous dire que cette manière de fonctionner est possible avec n’importe quel ventilateur 3 points. Oui sauf qu’avec un ventilateur à 4 fils, la régulation ne se fait pas uniquement au niveau de la carte mère mais également au sein même du ventilateur. La façon dont a été conçu le ventilateur va avoir une influence également. Signalons encore un autre avantage et non des moindres des ventilateurs à 4 fils, c'est que la vitesse peut être régulée à des valeurs équivalant à seulement 10% de la rotation maximale du ventilateur. On peut donc faire tourner le ventilateur à des vitesses nettement inférieures qu'un ventilateur à 3 fils, la plage de variation étant bien plus large...
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