Biométrie : lecteur d'empreintes Eikon

Publié le 10 octobre 2008 , par Shinobi_master - mis à jour le 02 février 2010 à 23h - dans Hardware

En 2005, Microsoft tenta de lancer le marché des lecteurs d'empreintes digitales pour le grand public avec son Fingerprint. la tentative n'eut pas de résultats très brillants, en raison d'un support logiciel limité amputant une bonne partie de l'intérêt. Aujourd'hui le lecteur Eikon se propose de réussir là où Microsoft a échoué. A son avantage, un encombrement réduit, mais est-il pour autant convaincant ? La réponse dans notre article...

La gestion des mots de passe et ses limites


L'explosion d'Internet et des services à distance a eu un effet secondaire : la multiplication des identifications. L'universel couple identifiant et mot de passe est devenu le point obligé de nombre de situations. De plus les diverses limitations que peuvent demander les services en question font qu'il est impossible de mettre le même mot de passe partout ce qui serait de toute façon assez imprudent. En conséquence, il ne reste plus qu'un choix : s'arranger avec bien souvent une bonne dizaines d'identifiants différents, ce qui peut rapidement s'apparenter à un véritable casse-tête. La solution ? La biométrie et plus particulièrement la lecture d'empreintes digitales.

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Le principe est très simple : on enregistre son profil avec une ou plusieurs empreintes puis quand on remplit une demande d'identification, on passe le doigt sur le lecteur pour enregistrer les informations saisies. A la prochaine demande d'ouverture sur ce site ou ce programme il suffira de repasser le doigt sur le lecteur pour qu'il se charge de remplir le champ à notre place. Microsoft avait ouvert la voie en 2006 avec son Fingerprint Reader ainsi que deux modèles intégrés, l'un à un clavier l'autre à une souris. Le succès fut très mitigé, la faute principalement à un support logiciel très limité. Aujourd'hui, le lecteur Eikon se propose de prendre la relève avec un petit lecteur discret et design qui trouvera bien plus facilement sa place sur le bureau que ses prédécesseurs.
Le lecteur est fabriqué par Upek tandis que la société Blizz Partners s'occupe du support logiciel ainsi que de la commercialisation débutée le 20 Juin mais limitée quasi exclusivement à leur propre site Internet. La situation est cependant sur le point de changer puisque la FNAC distribuera le produit dès novembre lui offrant une visibilité très nettement supérieure. Ce lecteur est par contre bien différent de celui de Microsoft, à commencer par sa technologie. Avant de continuer sur le sujet, un petit point s'impose. La lecture d'empreinte a peut-être l'air simpliste sur le papier mais techniquement elle regroupe en fait plusieurs technologies différentes.

Généralités sur la lecture d'empreinte digitale


Le point commun de toute lecture d'empreinte est bien sûr la récupération de l'image puis l'extraction de minuties. Ces points remarquables sont les brisures ou les fourches constellant nos empreintes. Le lecteur en conserve douze et calcule un identifiant unique. Pour couper court à tout doute sur l'éventualité d'avoir deux empreintes différentes mais avec douze minuties identiques, sachez qu'en termes de probabilité, il y a une chance sur plusieurs dizaines de millions d'avoir des minuties identiques à une autre personne.

Là où les technologies diffèrent c'est dans la manière de récupérer l'image :
  • Le capteur optique. Il s'agit ni plus ni moins d'un capteur CCD qui lira l'image de l'empreinte. C'est la technologie utilisée par les lecteurs Microsoft. Son principale inconvénient est son encombrement relativement élevé.
  • Le capteur en silicium. Il utilise l'un des quatre effets des semi-conducteurs (piezo-électrique, capacitif, thermo-électrique ou photo-électrique) et combine un encombrement très réduit avec un coût modéré. C'est ce qu'utilise le lecteur Eikon et qui lui permet d'arborer son design fin.
  • Le capteur thermique. Ici, la puce en silicium est recouverte d'une couche de matériau pyro-électrique permettant d'analyser la température de surface. Les différences de température sont transmises par la couche extérieure vers la puce qui en déduit le schéma. Cette méthode est la plus efficace pour les empreintes peu marquées et difficiles à lire.
  • Le capteur ultrasonique. Ici on touche au haut de gamme. Le concept est par contre très simple : le capteur envoie une onde d'ultrason vers le doigt puis calcule le temps de retour. les infimes variations de délai entre les lignes et les creux suffisent à dessiner très précisément l'empreinte. De par sa nature, il est de plus le seul permettant de lire les empreintes à travers un gant fin par exemple. Il est par contre volumineux et extrêmement cher.

En plus de ces techniques d'acquisition vient le plus souvent une mesure consistant à vérifier que l'image récupérée provient bien d'un doigt. Là encore plusieurs méthodes, la détection de battements cardiaques, la conductivité ou la mesure de la constante diélectrique relative. Comme indiqué, le lecteur Eikon diffère surtout de Microsoft par son capteur. CCD pour Microsoft et silicium pour Eikon. Pour l'utilisateur, la différence est surtout esthétique. Le capteur CCD étant relativement encombrant, les lecteurs Microsoft sont beaucoup plus imposants. De plus, ils produisent une lumière quand on met le doigt dessus pour illuminer l'image récupérée par le CCD tandis que le capteur silicium n'en a pas besoin.
Voilà pour les généralités, intéressons-nous désormais de plus près à ce singulier objet.

Lecteur Eikon : premières impressions


Les amateurs d'écologie ou d'environnement constateront avec plaisir qu'il n'y a pas de sur-emballage. Le carton est de la taille d'un boîtier CD et ne contient qu'un deuxième fond cartonné pour sortir le lecteur. Le bundle est d'ailleurs réduit au strict minimum : le lecteur, un manuel et le CD. Cependant, il n'y avait pas grand chose d'autre à en attendre et il n'aurait d'ailleurs pas été étonnant de voir un manuel au format PDF. C'est également l'occasion de jeter un premier coup d'oeil sur le lecteur lui-même. Les diverses photos ne mentaient pas : il est réellement très petit et à peine plus gros qu'un paquet de chewing-gum. Son épaisseur bénéficie du capteur silicium en affichant 5mm sur sa moitié fine et moins de 15mm sur le renflement au bout. Voici donc un bien bel objet sobre et discret seulement rehaussé par la diode bleue illuminant son logo et clignotant à l'utilisation.

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D'un point de vue "physique", il faudrait donc faire preuve d'imagination pour trouver quelque chose à lui reprocher. La lecture d'empreinte digitale est très fiable et le succès d'une identification approche de très près les 100%,. Il est en outre très discret tant par sa taille que par son design, infiniment plus que le Fingerprint par exemple.

Utilisation et logiciel


Pour commencer cette partie pratique, arrêtons-nous sur l'utilisation particulière de ce lecteur. Il ne demande pas de simplement poser le doigt comme la plupart des lecteurs mais de le faire glisser. L'avantage est triple :
  • Il devient impossible de récupérer l'empreinte sur le lecteur. Même sur un lecteur classique, le plus souvent cette récupération sera impossible mais l'éventualité ne peut être écartée.
  • De la même façon, inutile de nettoyer le lecteur. Le doigt balayant le capteur à chaque passage, il reste suffisamment propre pour fonctionner sans demander de nettoyage ponctuel.
  • Enfin, il permet encore de diminuer la taille de l'objet. Le capteur n'ayant plus besoin d'être au moins de la taille d'une empreinte.

Pour compléter la liste, il convient par contre de rajouter un défaut : celle du mouvement. Poser le doigt sur un capteur, c'est simple et ça demande de la volonté pour ne pas le faire correctement. Tandis qu'ici, si on passe le doigt trop vite, le lecteur ne réussira pas à l'analyser. La vitesse maximum permise est élevée et on prend très vite le pli mais les premières tentatives ratées sont surprenantes sur le moment.
Article n° 1061 - Biométrie : lecteur d'empreinte Eikon - Test lecteur EikonSi ce point est somme toute assez secondaire, il y en a un qui est tout simplement critique : le support logiciel. Les lecteurs Microsoft sont restés anecdotiques à cause d'un support très limité. Ils ne fonctionnent que sous Windows où ils se contentent de permettre l'identification pour les sessions et supporter Internet Explorer et Outlook ! Pas de Firefox par exemple ni aucun autre OS comme par exemple Mac OS ou, soyons fou, Linux. L'extension FingerFox apparut plus tard amenant la compatibilité Firefox mais il convient de noter qu'elle n'est pas développée par Microsoft.
Pour l'Eikon la situation est bien moins terne. Tout d'abord, il est compatible Windows et MacOS (pas de support Linux prévu). De plus, il permet l'ouverture de session ou la gestion du contrôle parental Windows tout en offrant une compatibilité logicielle honnête. Une extension Firefox est par exemple proposée et le pilote détecte toutes les boites de dialogues standard. Cela n'empêchera pas les programmes utilisant des boites de dialogues non standard d'être incompatibles et en pratique le résultat est mitigé. Money, Pidgin (ex-Gaim), Opera et Thunderbird ne sont pas supportés tandis que Filezilla, VNC, Firefox, Internet Explorer et Outlook le sont.
L'utilisation est en tout cas extrêmement simple. On commence par créer son profil en enregistrant une ou plusieurs empreintes puis lorsqu'on se trouve sur une page ou un logiciel reconnu, une infobulle explicative apparaît. Il suffit ensuite de remplir le formulaire ou le dialogue d'identification puis de passer le doigt sur le lecteur et de choisir l'icône d'enregistrement dans le menu qui apparaît. A ce sujet, un bug étonnant : sur deux PC sous XP, le menu n'affichait pas les titres des options. Les icônes n'étant pas parlantes du tout, ça pose un menu problème. Heureusement une capture est imprimée dans le manuel et sous Vista l'affichage n'a aucun problème. En ce qui concerne les infobulles, on les désactivera assez rapidement. De toute façon il y a un autre effet bien plus discret à savoir que les fenêtres affichant un contenu compatible voient leur bordure clignoter un instant à l'ouverture.
Une autre fonction pratique concerne l'association doigt/application. Une fois celle-ci faite, il suffit de passer le doigt choisi sur le capteur et s'il n'y a pas de formulaire ou boite de dialogue actuellement ouverts, le logiciel lancera le programme associé. Simple et pratique.
Enfin les utilisateurs nomades noteront avec intérêt l'importation / exportation. Comme son nom l'indique, elle permet d'exporter son compte avec les identifiants associés pour l'installer sur un autre PC (ou Mac). Dès l'importation effectuée, tous les mots de passe enregistrés deviennent utilisables. Pas d'inquiétude pour la sécurité : tout ceci est crypté par AES et l'opération d'exportation demande une identification par empreinte pour être effectuée.

Image Article n° 1061 - Biométrie : lecteur d'empreinte Eikon - Test lecteur Eikon


Néanmoins il y a là une inquiétude. Cette partie logicielle est pour l'instant bonne, le produit étant récent. Le support incomplet se comprend, mais pardonné car il est déjà relativement étendu. Cependant, sa véritable valeur ne se dessinera que dans son suivi. Les logiciels demandant une identification et utilisant des boites de dialogues non standards sont nombreux mais proposer un support pour les principaux semble nécessaire pour permettre un succès réel du lecteur. Money ou Thunderbird par exemple... Pour l'instant, il n'y a pas de signe encourageant : le pilote n'est même proposé sur le site de Blizz Partners en fait. Seule l'extension Firefox 3.0 y est, celle du CD d'installation ne supportant que jusqu'à Firefox 2.x. Une compatibilité étendue à de nouveaux logiciels est prévue pour Mac et sera présentée au MacWorld en janvier mais rien de très précis pour Windows. Espérons qu'il y aura tout de même une évolution car il n'y a pas à en douter, une grosse partie du succès ou de l'échec de ce lecteur dépendra de ce suivi.
Terminons cette section pratique avec l'effet secondaire. Il n'est pas vraiment dû au lecteur lui même mais doit être pris en compte avant l'achat tout de même. Un peu à l'image de l'enregistrement des mots de passe dans le navigateur, ce type de lecteur implique forcément de saisir beaucoup moins souvent ses mots de passe. Ainsi, les risques d'en oublier un ou plusieurs explosent. Le plus prudent est certainement de noter les mots de passe quelque part à l'abri car si votre lecteur tombe en panne sans prévenir après que vous ayez passé cinq ans à vous appuyez dessus, ça risque de poser un sérieux problème.

Conclusion


Article n° 1061 - Biométrie : lecteur d'empreinte Eikon - Test lecteur EikonDifficile de ne pas accrocher à ce concept, le nombre d'identifiants que l'on accumule devenant très rapidement énorme. Le lecteur est très efficace et marche sans aucun problème tant qu'on ne passe pas le doigt trop rapidement tandis que le support logiciel est bon pour l'instant. Le prix de cinquante euros est plutôt accessible. Bien sûr, on peut faire le choix de les garder pour des éléments plus importants comme le budget processeur ou carte graphique mais malgré son impression de futilité, ce lecteur Eikon se révèle très pratique permettant de gagner temps et confort. Non, la seule véritable inquiétude que l'on peut éprouver concerne son suivi logiciel. Blizz Partners ne communique pas dessus sur leur site Internet et aucun projet n'a été annoncé, du moins sur PC. C'est pourtant clairement le point déterminant, le Fingerprint de Microsoft n'ayant pas réussi à démocratiser le lecteur d'empreinte à cause de son support logiciel beaucoup trop étriqué.
Bien sûr, l'Eikon est déjà meilleur en l'état mais cette avance ne suffira probablement pas à faire naître le marché. Espérons qu'ils nous surprendront et sauront préparer des mises à jour de leur logiciel pour imposer petit à petit leur petit bijou.

Lecteur d'empreintes digitales Eikon
  Les plus   Les moins  
 
  • Design
  • Excellent matériel
  • Bon départ pour le support logiciel
 
  • Evolution incertaine du support logiciel
 
 

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