Test : Lian-Li PC-TU200, l'attaché-case en alu du gamer

Publié le 07 décembre 2011 , par Mathieu Chartier - mis à jour le 08 décembre 2011 à 19h - dans Hardware, Boitier - Mots clés : Lian Li, Boitiers

Lian Li tente un joli coup avec son TU-200, un boîtier aux dimensions réduites capable d'accueillir tout ce dont a besoin le joueur, le vrai. Mais en entassant les composants qui chauffent, ce boîtier est-il vraiment prêt à affronter une Lan Party estivale ?

Lian Li PC-TU200
75

Bon

Lian Li PC-TU200

Pour :
Alu intégral
Qualité globale
Agencement travaillé...

Contre :
... mais très serré
Dissipation thermique pas optimale
Gestion des câbles délicate
Oblige à faire des concessions

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Au premier coup d'œil, le PC-TU200 de Lian-Li nous faisait déjà envie. Il faut dire qu'il est atypique avec son style d'attaché-case pour férus de Lan Party. Ou la promesse de pouvoir trimballer à la poignée un boîtier compact en aluminium (21 x 36 x 32 cm pour 3,15 Kg), synthèse du savoir-faire du fabricant taiwanais en la matière. Le concept se résume à cela : faire tenir dans ce petit boîtier une vraie config' complète de gamer. Nous allons le voir, le pari est globalement réussi, même si compte-tenu de ses dimensions réduites, le PC-TU200 ne conviendra pas à tout le monde. Mieux vaut donc savoir où l'on s'apprête à mettre les mains... Déjà, il faut le savoir, si ce boîtier est conçu pour être en mesure d'accueillir une carte graphique d'une longueur maximale d'environ 27 cm, qu'il permet d'installer une alimentation classique au format ATX et jusqu'à quatre disques 3,5", une unité optique 5,25" et un SSD 2,5", il ne laisse pas beaucoup de place pour procéder. Mais surtout, il n'accepte que les cartes-mères au format mini-ITX et force à utiliser un ventirad low-profile peu épais (8 cm grand max).

Un boîtier séduisant, mais pas fait pour tout le monde

Cette seconde contrainte n'a pas grand chose de gênant quand on sait que nos processeurs chauffent de moins en moins, mais cela peut tout de même être dérangeant lorsque l'on y installe un CPU à gros TDP et que l'on sait qu'en Lan Party, l'air est rarement frais. Pour le mini-ITX, cela n'est pas non plus sans poser quelques problèmes dans certaines configurations. Prenons notre cas, plutôt classique, avec une config' de test nécessitant 3 ports SATA auxquels s'ajoute l'e-SATA en façade... Et bien il nous a fallu faire un choix puisque notre carte-mère Asus au socket AM3 n'en propose que 3. Avec un SSD, un HDD et un graveur de DVD, il a fallu accepter de se priver de l'e-SATA pour se satisfaire des deux ports USB 3.0 en façade. On aurait aussi pu faire sans lecteur optique et passer par un installation du système via un stick USB bootable, mais nous devions essayer le système de fixation de la baie 5,25'', ainsi que la bonne tenue de la façade de celle-ci lors des ouvertures et fermetures du chariot.

Si l'on débute cet article avec ce constat, c'est pour la simple raison qu'il faut bien comprendre l'utilité et le rôle d'un tel boîtier, trop compact au final pour oser prétendre à remplacer votre moyen-tour déjà bien encombré. Monter une config' gamer dans ce PC-TU200 est tout à fait possible, mais il faut bien maîtriser son plan d'attaque, et ne pas hésiter à vérifier plusieurs fois son plan de montage.

Configuration de test :
Carte mère - Asus M4A88T-I Deluxe
Processeur - AMD Phenom II X4 980
Ventirad - Scythe Shuriken "B"
Carte graphique - AMD Radeon HD 6850
Alimentation - Seasonic XSeries 460 Watts (Fanless)
SSD - OCZ Agility 3 120 Go
HDD - Samsung 500 Go 7200 tr/mn

Notre configuration de test habituelle pour boîtiers a fini par trouver sa place dans cette valise Lian-Li, mais il a fallu pour cela consentir à faire quelques ajustements entre le mini-ITX, la prise en charge de RAM au format So-Dimm par notre mobo et le ventirad fin. Aussi, il a fallu redoubler d'efforts pour ranger au mieux les câbles et réussir à tout caser. En fin d'assemblage, le boîtier était "full" et il n'a pas fallu hésiter à forcer pour enfiler l'alim (mieux vaut opter pour un modèle modulaire !) quitte à appuyer fort sur les connecteurs du derrière de celle-ci qui viennent se replier sur la cage à disques durs.

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Nous n'avons d'ailleurs pas été tendres avec le PC-TU200 en choisissant de tester tous les aménagements qu'il propose, allant jusqu'à positionner notre SSD sur la partie inférieure du châssis pour voir si une gêne peut exister dans le cadre de l'installation d'une longue carte graphique. Ça passe de justesse et il y a juste de quoi laisser courir les câbles du front panel, ouf. Idem, nous avons choisi d'utiliser notre Athlon II X4 980 qui dégage pas mal de chaleur, histoire de voir si couplé avec un ventirad low-profile, le boîtier ne se transforme pas rapidement en barbecue. Pour l’anecdote, même si le Shuriken de Scythe fait partie des meilleurs ventirads fins, il n'a fallu que 4 minutes à OCCT pour faire passer le processeur au-dessus de la barre des 90°... Côté carte graphique, nous n'avons pas osé tenter d'y loger une Radeon HD 6990. De toute manière, elle ne rentre pas. Mais notre Radeon HD 6850 et ses 23 cm nous a déjà donné un peu de fil à retordre. A l'image de ce montage, serré, obligeant souvent à dévisser pour gagner un peu de jeu et connecter, avant de repositionner les composants. Fort heureusement, les découpes d'aluminium ne sont pas tranchantes, sans quoi – avec un acier de base – on se serait fait lacérer les paluches à plus d'une reprise.

Pas de doute, c'est du Lian Li

Le petit tour du propriétaire de ce boîtier –  entre systèmes de fixation, agencement et câble-management « comme on peut » – débute forcément par le système d'ouverture des parois. En dévissant deux vis à mains, on débloque deux petits ergots qui permettent d'ouvrir les côtés du boîtier ce qui, dans la gestuelle, parachève le style valise. Les quatre entretoises sont déjà en place, prêtes à accueillir la carte au format mini-ITX (ou mini-DTX). La cage à disques durs est pré-montée pour recevoir les disques 3,5'' en SATA grâce à un système de connecteurs qui permet de gagner de la place et reléguer la connectique sur l'autre face, autorisant le rangement d'un minimum de câbles le long de la paroi du côté de la carte mère (mais pas derrière celle-ci, l'espace étant trop restreint). Globalement, rien à dire, ce système de cage étant bien pensé et entièrement monté à l'aide de vis à main. Il est facile d'y monter ses disques grâce à un système de rails qui tiennent avec deux vis de chaque côté, et de les bloquer grâce à une petite équerre que l'on cadenasse là encore avec une simple vis à main. Dommage toutefois que l'emplacement pour disque 2,5'' sur le bas de celui-ci (avec des encoches prévues pour accueillir les embouts en caoutchouc à fixer sous le disque) n'ait pas été placé de sorte à profiter des connecteurs SATA pré-installés, obligeant à utiliser des câbles.

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Cette cage à disques est soutenue sur sa partie haute par un système d'encoches pratique et solide, et sur sa partie basse par deux vis à l'arrière et une patte qui repose sur la base du boîtier fixée par quatre autres vis. Aucune crainte, elle ne s'envolera pas et malgré le nombre de fois où nous venons d'utiliser le mot "vis", tout est très simple. On en profite d'ailleurs pour constater l'astucieux système qui permet, depuis cette patte, d'utiliser une tige filetée au bout de laquelle on installe un petit patin en caoutchouc pour venir faire pression contre le radiateur de la carte graphique. Utile pour la maintenir en place en plus des vis à l'arrière et du soutien offert par le port PCIe. C'est donc aussi malin qu'utile, mais pas forcément pratique à monter. Tout se passe en revanche sans le moindre couac en ce qui concerne le lecteur optique. Quatre vis à ôter pour retirer la façade en aluminium brossé noir, on insère le lecteur, on le positionne correctement, on vis, on replace la façade qui s'ajuste parfaitement pour ne pas gêner le chariot et rendre le bouton « eject » fonctionnel. Parfait.

Tout se complique au moment de venir installer l'alimentation qui, on le rappelle, est au format ATX standard pour offrir suffisamment de puissance à la carte graphique. Là encore, le système est bon (on fixe le bloc d'alim sur une plaque à l'arrière, elle même tenue au boîtier par quatre vis à main), mais c'est à ce moment là qu'il faut user de malice pour gérer les nombreux câbles qui vont et viennent. Car au final, la configuration est quasiment la même que celle installée habituellement dans des boîtiers bien plus spacieux. Et chaque recoin devient utile pour caser un peu de mou, faire passer un câble, et tenter d'obstruer au minimum le peu de circulation d'air qui peut se faire dans un tel boîtier. En enfonçant l'alimentation à moitié, on termine de gérer l'installation en connectant les derniers connecteurs, et le moment est venu d'appuyer fort pour tout faire rentrer. On a vraiment l'impression d'écraser les connecteurs au dos de l'alimentation sur la cage à disques, mais ça passe.

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Impossible à nier, Lian-Li a pensé un agencement au millimètre pour permettre de faire tenir une telle configuration dans un si petit espace. Mais cela se fait au prix d'un compartimentage assez malheureux et une gestion du refroidissement limitée. Car au final, la carte graphique tente d'aspirer de l'air frais par le dessous du boîtier (aéré via une grille anti-poussière), quand l'alimentation n'a droit à aucune ouverture dans la paroi latérale (pas même à quelques trous), tandis que le 140 mm installé en façade souffle sur les disques (et uniquement sur les disques) et que le processeur doit se refroidir en un minimum d'espace (avec environ 8 cm de hauteur pour installer un ventirad dont le ventilateur tourne à proximité du dos de l'alimentation). Inutile de vous dire qu'avec des espaces aussi confinés, il est inenvisageable de mettre au point un flux d'air améliorant les choses. Surtout que chaque petit espace utile fini encombré par des câbles. Heureusement, les qualités de l'aluminium sont là pour aider la machine à dissiper les calories dégagées, mais lors de longues sessions de jeu en environnement hostile, ça peut poser problème. On en revient donc au début de cet article : le Lian-Li PC-TU200 est un boîtier coup de cœur que l'on peut envisager se monter, à condition de bien optimiser la configuration que l'on veut installer dedans.

C'est serré, très serré... trop serré ?

Résultat, dans notre cas, nos divers tests ont montré que les montées en température sont rapides. Alors qu'au repos cela souffle déjà pas mal dans le boîtier pour tenir une constante de 46° au CPU et 43° au GPU, les deux éléments les plus sollicités finissent par se stabiliser à 78° et 71° au terme d'une session de burn de deux heures. Dans le boîtier, au dessus du CPU et de l'alimentation, on relève 31° au repos et près de 45° lorsque les composants sont longuement sollicités, alors que sur le radiateur de la carte graphique, on passe de 40° à 68°. C'est beaucoup, surtout comparé aux mesures faites habituellement sur des boîtiers traditionnels. Les redescentes en température 10 minutes après la fin du test ne sont pas non plus aussi franches que dans des boîtiers plus aérés et mieux ventilés. C'est la confirmation (nécessaire ?) qu'il n'est pas possible de refroidir efficacement un ordinateur en serrant ses composants les uns sur les autres sans une certaine cohérence. Aussi, cela a pour contrepartie de rendre la machine audible en permanence. Car forcément, pour refroidir tout cela, il faut souffler assez fort même au repos. Posée à 50 cm de soi, le PC-TU200 ronronne. Et ce n'est pas la faute au 140 mm installé de base à la livraison du boîtier. Lui, pour le coup, est vraiment silencieux en plus d'être efficace pour refroidir la cage à disques.

Avec un tel design, difficile d'accepter de placer ce Lian Li sous le bureau. Sa place étant évidemment à la vue de tous. Bien sûr, en montant une configuration moins musclée, il y a moyen de mieux s'en tirer en matière de refroidissement et de silence, mais c'est se priver de tout l'intérêt de ce boîtier, car des solutions permettant de monter de petites configuration transportables moins vitaminées (type Shuttle) et moins personnalisées, ce n'est pas ce qui manque...

Lian Li PCTU200 - Graphique

Au final, cela ne manque pas de ternir le constat que l'on peut dresser de ce PC-TU200. Si ce boîtier n'a rien perdu de son charme et reste terriblement attractif, il faut l'envisager en connaissant tous ses petits défauts et les compromis qu'il oblige à faire. Difficile de reprocher à Lian-Li sa mise en œuvre, la qualité de finition étant comme toujours avec ce fabricant au rendez-vous et la construction de ce boîtier répondant précisément au cahier des charges de départ : du mini-ITX au look sobre et classe qui ne passe pas inaperçu, acceptant de vraies cartes graphiques dédiées et une vraie alimentation ATX. Contrat rempli, même s'il ne s'adresse clairement pas à tous les « laneurs », ni à toutes les bourses (il faut compter environ 180€ tout de même !).

On aurait malgré tout aimé des possibilités de rangement des câbles mieux travaillées et, quitte à perdre quelques centimètres, un peu plus d'espace pour l'alimentation par exemple (qui aurait aussi bénéficié de quelques ouvertures dans la paroi). Idem, à quelques centimètres près, on aurait presque pu caser quelque part à l'arrière un petit ventilateur en extraction pour aider à la dissipation thermique, voire un grand ventilateur sur le dessous pour tirer un peu plus d'air vers la carte graphique dont aurait aussi le reste de la machine. La question est donc de savoir si Lian-Li n'aurait pas eu mieux fait de revoir les dimensions de son attaché-case un poil à la hausse pour donner un peu plus d'espace et de possibilités à la configuration ? Le constructeur a fait le pari de la jouer au millimètre. On peut le comprendre vu l'allure de la machine une fois montée, vraiment jolie.

Dernières réactions

progestionneur - le 08/12/11 à 00:40
Justement, vu que l'idée est de se le trimballer directement hors sac, il aurait ptetre fallu qu'il passe plus inaperçu !
kidz - le 08/12/11 à 06:03
avec du watercooling y'a moyen de faire un bon truc :)
pepito62 - ( 1 approbation ) - le 08/12/11 à 09:09
Ce boitier a une note de 75.

pcworld effectue des tests et attribue une note.

Peux t-on visualiser tous les tests de boitier, par exemple, et visualiser la note attribué à chaque boitier ?
Un récapitulatif quoi.

Je ne trouve pas où trouver ceci, est-ce que cette fonctionnalité existe ?

Merci
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