Patriot fabrique lui-même sa mémoire vive, mais également ses disques flash et clefs USB. Le constructeur nous a parlé sans langue de bois de ces deux industries, de ce qui se passe en amont de l'arrivée d'un nouveau produit sur le marché de la mémoire haute performance. Patriot s'est aussi positionné comme un acteur de premier plan sur le segment relativement récent des clefs USB 3.0. Pour en savoir plus, nous avons rendu visite à la firme dans ses bureaux californiens...
Dans la continuation de nos visites d'entreprises situées dans la Silicon Valley, nous passons aujourd'hui chez Patriot. La compagnie californienne offre un profil assez classique, avec une spécialisation originelle dans la mémoire vive, et une transition progressive vers les disques flash. Cependant, et contrairement à une bonne partie de la concurrence, Patriot conçoit et fabrique la totalité de ses produits en interne. En terme géographique, le développement est réalisé à Fremont, une ville située au nord-est de la baie de San Francisco, tandis que la production se fait à Taiwan.
Ce panneau mériterait un petit ravalement...
Survolons rapidement le domaine de la mémoire vive, qui n'offre plus grande nouveauté depuis bien longtemps. Patriot dispose de bonnes relations avec la plupart des fondeurs de puces. La création d'un nouveau module hautes performances nécessite de nombreux tests, qui ont notamment permis au fabricant de ne pas faire partie de ceux affectés par l'affaire des HypeRAM défectueuse. Patriot a par ailleurs une très bonne relation avec Elpida, et nous a affirmé ne pas craindre l'investissent conséquent réalisé par Kingston dans le fondeur japonais.
Les disques flash pour le futur ?
En matière de SSD, la société offre de bons produits, avec une gamme relativement simple. Cela s'explique du fait de la fragmentation du marché des disques flash, ou le gros des ventes se fait sur les solutions d'entrée de gamme, et sur le top du top. Notons simplement que Patriot teste ses nouveaux modules sur plus de 1000 configurations (300 dans ses locaux californiens, 700 à Taiwan). Les Patriot Inferno sont conçus autour des solutions SandForce SF-1200, et le prochain SSD du fabricant devrait être équipé du nouveau contrôleur SandForce, qui exploitera le Serial-ATA à 6 Gb/s. Patriot n'a pas hésité à nous dire qu'il n'avait eu aucun contact avec Indilinx en ce qui concerne le Jetstream, ce qui est plutôt inquiétant. Les fabricants de contrôleurs contactent généralement les constructeurs de disques flash très longtemps à l'avance. Rappelons que SandForce avait officialisé le SF-1200 quasiment un an avant son arrivé en masse sur le marché ! Nous sommes également revenus sur l'une des plus grosses difficultés du marché des SSD ces dernières années, les variations de prix.
Ces dernières sont essentiellement dues aux fluctuations du cours de la mémoire flash. La situation s'est améliorée considérablement cette année et il n'y a aucun effet notable de l'arrivée successive de l'iPad et des nouveaux iPhone. En 2008 et 2009, les achats massifs d'Apple en matière de NAND avaient créé de longues pénuries qui avaient fait exploser le prix des SSD. Patriot explique le changement de cette année par une meilleure gestion des stocks, ainsi que par l'augmentation des capacités de productions. Le fabricant s'attend toujours à de petites variations du prix de la mémoire flash, mais de manière moins dramatique que par le passé. Toujours dans le domaine des SSD, Patriot travaille actuellement sur le problème du passage de la commande Trim dans une configuration RAID, sans rien promettre. Enfin, le constructeur californien regarde également du côté des solutions PCI Express, une fois de plus sans s'avancer plus que sa.
En matière de solutions externes, quoi de neuf ?
En matière de clefs USB 3.0, Patriot nous a indiqué qu'il ne proposerait probablement pas de solutions hybrides avant l'arrivée des premiers contrôleurs natifs. Rappelons que ces derniers ont été retardés du fait de soucis de consommation et de chauffe. Les premiers contrôleurs USB 3.0 devraient exploiter quatre canaux de mémoire flash. Ils seront donc performants, mais loin de saturer la récente interface. La norme ONFI 3.0, qui permet d'atteindre une vitesse de 400 Mo/s par puce de NAND, devrait cependant permettre des débits plus conséquents. Du point de vue du constructeur californien, les solutions de stockages exploitant l'eSATA sont plus ou moins condamnées, et Patriot ne compte pas exploiter cette interface.
Concluons avec le marché des cartes mémoire où Patriot fut l'un des premiers à proposer une carte SDXC (effectivement disponible). Nous sommes revenus un instant avec nos interlocuteurs sur le problème des « Class ». Résumons simplement. L'idée de base, garantir un débit minimal n'est pas mauvaise. Le souci, c'est que certaines Class 4 (4 Mo/s minimum) sont effectivement plus rapides que des Class 10 (10 Mo/s minimum). Il y a une bonne raison à cela, ce système de classification est payant pour les constructeurs, et certains se contentent donc de la plus petite valeur possible ! Voilà qui conclut notre petit tour chez Patriot, qui nous a permis de découvrir plus en profondeur certains des aspects les moins connus de l'industrie...
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