Sorti en 2004, le Zalman Reserator avait permis d'envisager de refroidir en silence un PC. Grâce à sa taille et la quantité d'eau contenue, il était capable d'arriver à un bon compromis performances/nuisances sonores. Ce Reserator premier du nom eut des suites avec la version 2 et la version XT, nettement moins convaincantes. Preuve en est que la première version est toujours en vente, 7 ans après sa sortie. Nous en avons profité pour en utiliser deux pour tenter de dissiper la chaleur d'un Core i7 980X et d'une Radeon HD 5870. Silence, on teste !
On dit souvent que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés et ce dicton s’applique aussi à certains testeurs de PCWorld.fr. Faisons taire les rumeurs ou la légende qui voudrait que nous, testeurs de matériel informatique, soyons équipés de PC dernier cri au top de la technologie. Nous avons une vie après le travail et nous n’avons pas forcément envie de continuer à monter du matériel une fois rentrés chez nous. Bref, depuis plusieurs années, mon PC personnel est composé d’une carte mère socket LGA 775 et d’un Core 2 Quad Q6600. La carte mère a fait l’objet d’un changement rapide lorsque l’ABIT est tombée en panne et que faute de temps, une Asus a pris sa place en moins de 10 minutes. Pas le temps de fignoler ce jour-là à cause d’un article urgent à finir. Le reste de la configuration est composé de 4 Go de mémoire, d’un SSD en disque de boot, de quelques disques durs collectés ci et là, d’une alimentation Zalman 400 watts et d’une GeForce 8800 GTX. Pas de quoi faire s’évanouir le geek à tendance nerdzienne donc. Seul détail qui a son importance : le processeur et la carte graphique sont refroidis par eau grâce à un Zalman Reserator, étant très pointilleux sur les nuisances sonores des PC que j'utilise, allant jusqu’à remplacer le disque dur d’un netbook par un SSD ou ayant pour projet actuel de watercooler mon Media Center.
Bref, cette configuration fonctionne très bien depuis des années bien qu’un changement ait été envisagé il y a 6 mois avec l’achat de pièces en prévision d’une mise à niveau. Toutes ces composants et accessoires sont néanmoins resté à l’état d’emballage dans un coin du bureau, faute de temps. Jusqu’au jour où le PC me gratifia d’un écran noir. Après un bon coup de savate dans le boîtier, miracle une image. Et cela fonctionna quelques jours avec ce modus operandi. Ah ce bon vieux coup de pied, une recette éculée. Mais les miracles ne durent jamais et le PC refusa définitivement de démarrer. Après 2 semaines à utiliser mon netbook 10 pouces en guise de PC, je pris mon courage à deux mains pour enfin monter cette nouvelle configuration. Avec néanmoins une inquiétude de taille : le silence. Vu les composants choisis, refroidir en silence n’était pas gagné d’avance…
Les composants choisis : pas gagné d'avance pour le silence...
Pour le processeur, le choix se porta sur un Core i7 980X et ses 6 cœurs d’exécution physiques qui avec le support de l’Hyper-Threading donnent 12 cœurs logiques sous Windows. Avec des opérations fréquentes d’encodage vidéo Full HD de scènes filmées avec un appareil photo numérique, le besoin en puissance s’est nettement accru. Six Go de mémoire A-Data l’accompagnent sur une carte mère Asus Rampage III Formula Gene (format Micro-ATX). La carte graphique n’est pas toute récente puisqu’il s’agit d’une Radeon HD 5870. La raison est simple, un waterblock idoine plutôt coûteux a été acheté il y a longtemps et il ne s’adapte pas aux dernières cartes graphiques. Peu importe, une 5870 offre déjà pas mal de puissance dans les jeux. Le bloc d’alimentation est un Seasonic MD 12 850 watts tandis que plusieurs SSD ont été achetés lors de différentes actions promotionnelles pour définitivement se débarrasser du disque dur et de ses nuisances sonores. Le boîtier quant à lui est le Bitfenix Colossus qui n’est pas le meilleur mais répond à mes critères : place intérieure, USB 3.0, 4 passes tuyaux de watercooling, notamment. Bon d’accord, j’avoue, j’aime bien ses diodes lumineuses aussi !
Il restait à monter tout ça, ce qui ne fut pas simple car, exigeant en matière de silence, je suis aussi plutôt lent pour monter mes propres PC. La question existentielle était la suivante : « Un 980X et une 5870 peuvent-ils être refroidis par un Zalman Reserator ? » La réponse est évidente : non ou alors sans trop solliciter les composants ! Certes, mais avec deux Reserator, ça donne quoi ? Quand la question fut posée sur des forums spécialisés, la réponse fut la même : non ! Pourtant, je comptais bien essayer avant de m’avouer vaincu.
Pour mettre toutes les chances de mon côté, des waterblocks haute performance furent achetés : EK-FCS5870 pour la Radeon 5870 et un Swiftech Apogee GTX pour le processeur. Certains argumenteront en disant que le Reserator utilise un diamètre de tuyaux trop faible par rapport au débit que nécessitent ces waterblocks. A voir en pratique, comme souvent. En tous cas, cela ne me découragea pas d’essayer. Le processeur allait donc être refroidi seul par un Reserator et la carte graphique par un second Reserator qui lui est dédié. Evidemment, ce PC ne sera pas amené à bouger, cela va de soi.
Des tests plus que concluants !
Après 3 soirées de montage, j’avais prévenu que j’étais lent, les premiers tests pouvaient commencer, à savoir des tests d’étanchéité. La configuration à l’arrêt, les Reserator furent mis en marche durant une nuit, sans constater la moindre fuite. Vint ensuite l’étape de vérité, le démarrage de la configuration ainsi refroidie. Premier stress dans le bios : processeur à 75 degrés ! Après vérification, son Reserator n’était pas en fonctionnement, oubli du à l’émotion probablement. La température redescendit alors autour des 30 degrés.
Après plusieurs jours de test, le processeur se stabilise vers les 25 à 30 degrés en usage courant et la carte graphique vers les 35 degrés en mode 2D. Pour rappel, le but n’est pas la performance ultime mais bel et bien le silence. Le seul problème qui était à régler était celui de la température du northbridge, insuffisamment refroidi en l’absence de ventilateur de processeur et à cause d’une ventilation de boîtier réduite au minimum avec le grand ventilateur supérieur réglé au minimum. Ce dernier fut arrêté et remplacer par un Noctua 120 mm en 5 volts à l’arrière et un autre, toujours en 5 volts, attaché à la cage des périphériques 5 pouces ¼, en face du premier ventilateur. Le but était de créer un tunnel de ventilation passant par le radiateur du northbridge. Le résultat fut concluant avec un NB sous les 60 degrés.
Epreuve de vérité : le stress test. Pour ce faire, nous avons lancé Prime95 qui a sollicité les 12 threads disponibles. La température est montée progressivement et après deux heures de burn, les cores étaient tous 55 et 60 degrés. Résultat plus que satisfaisant pour un tel processeur et dans un cas de figure qui ne se présentera pas souvent, hormis lors d’encodage vidéo.
Pour le GPU, nous avons lancé Furmark durant 1 heure et le résultat fut excellent avec une température stabilisée autour des 50 degrés. Un test en boucle sous 3DMark donna 37 à 40 degrés, résultat là aussi plus que satisfaisant.
Au final, la satisfaction est au rendez-vous avec un PC inaudible permettant de travailler dans un quasi silence de cathédrale. Le bloc Seasonic de 850 watts ne se fait pas remarquer tandis que les deux ventilateurs Noctua en 5 volts sont plus que discrets. En outre en l’absence de disques durs, le plaisir est complet, les SSD brillant par leur silence. Au final, le bruit qui me dérange le plus reste celui qui émane des deux écrans de 24 pouces, gage de réussite du projet au final.
Au-delà de cet article « 3615 My Life », l’objectif était simplement de dire que les Reserator ne sont pas morts et peuvent encore rendre de fiers services. Pas mal pour un produit sorti il y a plus de 7 ans ! Il est en outre toujours disponible sur le marché en version Plus ou V2, mais à un prix coquet dépassant les 200 euros. Mais il les vaut largement quand on le compare à des ventirads haut de gamme dépassant les 60, voire 80 euros. Et sa durée de vie est intéressante puisque parmi les deux Reserator utilisé, l’un est un des premiers modèles qui a fonctionné 5 ans avant de reprendre du service pour la configuration décrite dans cet article. On ne peut pas dire la même chose du Reserator 2 qui a lâché après 2 ans d’utilisation…
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J'ai monté une configuration puissante silencieuse récemment (2600k@4Ghz, Noctua D14 16GODDR3 le tout dans un boitier fractal design R3 avec une alim seasonic passive et des SSDs) et c’est vrai que cette solution aurait pu m’intéresser même si je suis très satisfait du resultat
Ça m'intrigue énormément -_-
C'est grâce à la taille, la qualité et la forme du maze du waterblock.