Première tablette à être équipée du Tegra 3 et à faire tourner Android 4.0, la Transformer Prime d'Asus a-t-elle tout ce qu'il faut pour s'imposer comme la meilleure tablette de ce début d'année avec son dock qui lui donne des airs de portable ?

Très bon
Pour :
La puissance de Tegra 3
Le confort du clavier
L'autonomie
Bien pensé, bien fini
Android 4.0
Contre :
Manque un port USB sur la tablette
Léger déséquilibre avec la tablette plus lourde que le dock
Pourquoi ne pas avoir plus utilisé le dock (stockage, enceintes...) ?
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Enfin, nous avons enfin mis la main sur un exemplaire de la première tablette équipée d’un SoC Nvidia Tegra 3, la Transformer Prime d’Asus qui a aussi l’avantage de tourner sous Android 4.0, le fameux Ice Cream Sandwich. Il n’aura donc fallu à Asus que quelques mois pour retravailler sa tablette hybride Transformer, à laquelle il est possible d’associer un dock-clavier qui ajoute quelques connectiques et vient booster l’autonomie. Le design a été revu et corrigé, en s’inspirant directement de la gamme ZenBook, les ultrabooks d’Asus et leur châssis en alu brossé (le test ici).
L’Eee Pad Transformer monte en gamme
Oublié donc le dos de la tablette en plastique, on passe sur une finition résolument haut-de-gamme, qui fait immédiatement mouche. La forme évolue également, ce même dos étant moins bombé, donnant à la tablette, très fine (8,3 mm), des courbes qui ne sont pas sans rappeler celles des tablettes stars que sont l’iPad 2 ou la Galaxy Tab. La prise en main est en tout cas assez similaire sur ces trois modèles. L’Eee Pad Transformer Prime est un poil plus lourde que ces deux tablettes avec 599 grammes sur la balance, ce qui reste beaucoup mieux que le premier modèle qui faisait 680 grammes.
Le format ne bouge pas en revanche, toujours de 10,1’’ en 16:10, avec un écran IPS protégé par une Gorilla Glass d’une définition de 1280 x 800 pixels et multi-touch jusqu’à 10 points. Comme sur le premier modèle de Transformer, le tactile répond au doigt et à l’œil, et la qualité de l’écran est impressionnante, entre une précision remarquable et un rendu des couleurs saisissant. A noter l’apparition d’un mode Super IPS+ qui booste encore un peu plus la luminosité et le contraste pour favoriser l’utilisation de cette tablette en extérieur. Un mode qui tire sensiblement plus sur la batterie et qui améliore finalement assez peu les choses en extérieur. En revanche, dos à une fenêtre, il peut être utile.
Sur cette tablette, la connectique est assez variée mais pas aussi complète que sur certains modèles Android concurrents. Il y a donc le connecteur dock utilisé pour relier la tablette au clavier, la connecter en USB à un ordinateur ou la recharger à l’aide du petit bloc d’alimentation sur-prise. Mais aussi une sortie micro-HDMI, un slot pour cartes mémoire micro-SD (histoire de gonfler les 32 ou 64 Go embarqués) et un Jack 3,5 mm pour brancher un casque audio. Les capteurs photo/vidéo sont de 1,2 MP en façade (ça ne bouge pas) et de 8 MP au dos avec ouverture à f/2,4 et flash LED. On regrette forcément l’absence de port USB-Host directement sur la tablette. Certes, cela permet à Asus de proposer un produit très fin, et ne fait que renforcer l’intérêt du dock.
Le dock, justement, venons-y. C’est lui qui marque la différence de la Transformer Prime et donne à la tablette des allures de netbook. Dans sa fabrication, ce dock-clavier est difficilement critiquable. La charnière (avec un petit peu de jeu) est notamment l’un de ses atouts, car il est extrêmement facile d’insérer ou de sortir la tablette de ce réceptacle. Un simple clip permettant à l’ensemble de rester fixé en un seul morceau. On croirait alors utiliser un ordinateur portable, l’écran est en plus protégé lorsque l’ensemble est fermé. Et comme pour la tablette, les finitions de ce dock sont plus minutieuses. Il gagne également la finition en alu brossé, propose un clavier chiclet de 84 touches de bonne taille aussi pratique qu’agréable à utiliser, ainsi qu’un touchpad de taille convenable comprenant le défilement à deux doigts, et ajoute un slot pour cartes mémoire SD, ainsi qu’un port USB-Host (un plus d’un connecteur dock pour la charge secteur).
Surtout, il intègre une batterie supplémentaire et double quasiment l’autonomie de la tablette qui va pouvoir puiser dans les réserves de ce dock. Un dock qui pèse 541 grammes à lui tout seul, portant le total de l’ensemble à 1140 grammes. C’est 200 grammes de moins que la première Transformer et le poids d’un petit netbook. On remarque néanmoins que la tablette étant légèrement plus lourde que le dock, un déséquilibre se crée facilement. Sur un bureau, le tout tient relativement bien en place, mais sur les genoux, l’ensemble à tendance à pencher vers l’arrière. Autres regrets à exprimer au niveau du dock, le fait qu’Asus n’en ait pas profité pour insérer un système de hauts-parleurs plus efficace que celui de la tablette (vraiment mal pourvue en la matière), ou un espace de stockage supplémentaire (car on aurait bien troqué un peu d’autonomie contre un petit disque dur de 160 Go). A ce titre, les 8 Go offerts sur l’Asus Webstorage et accessibles via l’application MyCloud sont un petit geste appréciable.
Les 5 cœurs du Tegra 3
Mieux finie à l’extérieur, la Transformer Prime est aussi plus puissante à l’intérieur, grâce à l’intégration du Tegra 3 de Nvidia là où la plupart de ses concurrentes sous Android sont encore bloquées au Tegra 2. Le SoC ARM est donc ici un modèle quad-core, complété par un cinquième cœur dit « Companion Core » que le système sollicite pour les tâches les plus basiques afin d’économiser de l’énergie.
Les gains ne tardent pas à se mesurer dans la pratique, notre test d’autonomie ayant beau être basé sur de la lecture vidéo, la tablette a tenu près de 8 heures, ce qui est bien mieux que la plupart des tablettes Android passées entre nos mains. Et en utilisation classique (1/3 vidéo, 1/3 surf, 1/3 jeux), elle tient autour des 10 heures sans son dock, et environ 15 heures avec. Attention toutefois, la recharge est longue. Environ 5 heures pour la tablette seule et le double avec le dock. Mais d’une manière générale, il faut avouer que cette Transformer Prime laisse l’impression d’offrir une excellente autonomie. Est-ce la conséquence de l’utilisation de ce cœur companion ou le fait que l’on utilise régulièrement le dock ? En tout cas, en usage courant, cette tablette se montre très endurante.
Et elle sait se faire puissante quand il faut, avec son Go de RAM et ses quatre cœurs cadencés à 1,3 GHz lorsqu’ils tournent ensemble, et 1,4 GHz en mode single-core. Globalement, Nvidia explique qu’un deuxième cœur se réveille lorsque la montée en charge commence à se faire sentir. Les exemples donnés étant le recours à Flash sur Internet ou une session de chat vidéo. Les quatre cœurs n’étant vraiment sollicités de concert que lorsque l’utilisateur lance des applications lourdes, comme les jeux en 3D qui bénéficient d’une parfaite fluidité et d’effets inédits. Il faut dire que la partie graphique est composée de 12 cœurs GeForce et bénéficie d’une bande passante trois fois supérieure à celle de Tegra 2. Via la sortie micro-HDMI, il est même possible de jouer en 3D stéréoscopique sur un écran externe compatible grâce au Tegra 3.
Avec de telles caractéristiques, inutile de vous dire que le résultat en lecture vidéo est un sans faute. C’est bien simple, qu’il s’agisse d’AVI en définition standard ou de MKV en 1080p, toutes les vidéos que nous avons essayé de lancer ont été lues sans problème. C’est donc, après l’iPad 2, la seconde tablette que nous essayons qui est à l’aise avec la Full HD, et qui a l’avantage de reconnaître tous ces formats à la sortie de la boîte, avec le player intégré. A ce niveau-là aussi l’apport du Tegra 3 se fait sentir. Terminons au niveau de l’équipement en signalant la présence de modules WiFi n et Bluetooth 2.1, d’un GPS, d’un accéléromètre, d’un gyroscope et d’une boussole.
Android 4, le système qui sublime la Transformer Prime
Installé sur notre Transformer Prime de test, Android 4 ne révolutionne pas l’OS mobile de Google mais bénéficie de la puissance du Tegra 3 pour offrir une fluidité et une réactivité qui participent pleinement au confort global d’utilisation. On conserve grâce à lui les petits ajustements réalisés par Asus et déjà disponibles sous Android 3.2 avec cette tablette. Android 4 permettant par exemple de fermer les applications du volet multi-tâches d’un simple glissé de doigts ou d’accéder aux interrupteurs WiFi / Bluetooth directement depuis le panneau de notifications. On note aussi la présence d’une rangée de chiffres sur le clavier virtuel.
Globalement, Android 4 s’avère être peaufiné et amélioré en tout par rapport aux précédentes versions de l’OS. Ice Cream Sandwich est plus intuitif, plus pratique et plus esthétique. De petits effets visuels renforcent ainsi la qualité de l’expérience utilisateur. Et surtout, le système s’est révélé être très stable. Seulement deux plantages à signaler pendant nos tests, l’un en multi-tâche alors que l’on copiait un grosse quantité de données depuis la carte SD du dock vers la mémoire de la tablette tout en lançant une vidéo en Full HD sur un écran externe via le mini-HDMI, l’autre en tentant de lancer un jeu visiblement pas compatible avec le couple Tegra 3 / Android 4.
Autres différences avec les précédentes moutures d’Android, l’intégration native du réseau Google+ qui pourrait bien donner un coup de fouet à la fréquentation de la plateforme sociale (surtout qu’elle est bien fichue, liée au comptes utilisateur et intégrée à de nombreux endroits), et la présence d’un outil permettant d’importer/exporter facilement des contacts. Aussi, un gestionnaire de bande passante et de données consommées par le réseau fait une apparition remarquée. Sur une tablette WiFi, peu d’intérêt, en revanche, sur smartphones ou tablettes 3G, pouvoir suivre précisément sa consommation data est très intéressant.
Côté multimédia, on note l’ajout d’un outil de photo panoramique ne nécessitant plus de prendre une succession de clichés mais demandant uniquement de balayer lentement le paysage, et l’intégration de quelques options de retouche d’image, avec recadrage et ajout d’effets.
Productivité et multimédia, rien ne fait peur à la Transformer Prime
En termes de performances pures, ce n’est pas tant dans les tests SunSpider ou Benchmark Pi que la Transformer Prime s’illustre, les résultats qu’elle obtient (respectivement 2286 ms et 515 ms) étant dans la moyenne des tablettes de la génération précédente. En revanche, l’écart commence à se creuser avec le benchmark V8 de Google en version 3, le Tegra 3 permettant à la tablette de faire un score de 1241 points, alors qu’une Galaxy Tab et son Tegra 2 culminent à 645 points et que le TI OMAP dual-core à 1,2 GHz de la Xoom 2 monte à 769 points. Sous Caffeine Mark 3, l’écart est moins marqué mais la Transformer Prime est bien la plus rapide. Enfin, avec anTuTu V2.5.4 on voit que la Transformer Prime est fort bien dotée d’un point de vue technique. Les scores obtenus par la RAM et le CPU étant doublés par rapport aux précédentes tablettes testées. En 2D, elle ne fait pas mieux que les tablettes sous Tegra 2. Par contre, en 3D, elle fait un score de 1155 points au lieu de 750 points que font les autres tablettes, et notamment sous Tegra 2 ! Au total, le score obtenu dans ce benchmark est de 10239 points, alors que l’Iconia Tab A500 d’Acer culmine à 4384 points et la Xoom 2 de Motorola à 5857 points.
Bien sûr, ces excellentes performances se constatent dans les jeux. Tous les jeux du market sont fluide et parfaitement affichés. Encore heureux. Mais il faut aller sur la Tegra Zone de Nvidia et récupérer des jeux spécialement développés pour tirer profit des possibilités graphiques de ces SoC pour voir la différence. En effet, si tous les jeux sont fluides, la différence va plus loin que cela. Dans un jeu comme Riptide, on découvre de nouveaux effets de flou et d’eau. Dans Shadowgun, on voit également apparaître des surfaces recouvertes d’eau et globalement, le jeu – qui est reconnu comme étant l’un des plus beaux disponibles sur Android - s’affiche sans le moindre problème. Dommage qu’il ne soit pas possible de lancer Glowball, la démo technique réalisée par Nvidia pour le Tegra 3 sur d’autres tablettes. Mais une chose est sûre, si cette démo n’a aucun intérêt ludique, elle permet de se faire une bonne idée des performances graphiques du Tegra 3. Jeux de lumières, réflexions, effets physiques, collisions bien gérées. Graphiquement, on est loin des petits jeux 2D issus du Flash.
Le Flash, il est encore présent pour la navigation Web sur l’Eee Pad Transformer, malgré son abandon par Adobe en version mobile. C’est d’ailleurs là encore un bon test pour le Tegra 3. S’en sort-il mieux que le Tegra 2 d’une Galaxy Tab par exemple ? Il faut avouer que oui, c’est globalement un peu mieux, même si certains sites trop riches ou mal codés, ainsi que des vidéos en haute-définition, continuent à ne pas ou mal passer (saccades). Bref, ce n’est pas encore la panacée et cela tend à confirmer qu’Adobe a pris la bonne décision en délaissant le Flash mobile. Aux développeurs de sites Web de proposer un maximum de contenus en HTML5. Pour le reste, la navigation Web est un plaisir sur la Transformer Prime. Le navigateur à onglets fait bien son travail. Android 4 apporte la possibilité de forcer l’utilisation de la version classique d’un site au lieu de la version mobile (enfin !) et l’option de mise en cache permettant de consulter un site hors-ligne est intéressante.
Quant à l’apport du dock-clavier, il ne se dément pas. C’est d’ailleurs un bon test pour juger de l’intérêt d’un clavier physique par rapport au tactile. Et l’on se rend compte qu’en ce qui nous concerne, on a vite fait de mettre la main sur le dock lorsque l’on se met à surfer. C’est tellement pratique pour taper une adresse URL ou faire une recherche. Un clavier qui change aussi la donne en productivité, au moment de répondre à un e-mail, de prendre des notes ou de taper un peu de texte. Pour le reste, notons qu’Asus fournit l’application MyNet qui permet de diffuser du contenu multimédia en DLNA dans les deux sens. Pratique pour profiter immédiatement des vidéos stockées sur les ordinateurs et systèmes de stockage présents sur le réseau.
La meilleure tablette Android, pour le moment…
Au final, difficile de bouder son enthousiasme face à une telle tablette. Son design est très réussi et la qualité de fabrication de l’ensemble inspire la sérénité, notamment au niveau du point le plus sensible : la charnière. L’apport du Tegra 3 est indéniable, et permet d’offrir en multimédia une expérience sans faute. Des jeux plus beaux et plus fluides, avec une belle marge de manœuvre, et la lecture sans saccade de tous les formats vidéos, même en Full HD 1080p.
Ce qui n’a pas forcément beaucoup d’intérêt sur l’écran de la tablette, mais se révèle utile lorsque l’on utilise un écran externe connecté en micro-HDMI. L’avantage, c’est que ce surplus de puissance n’est pas disponible au détriment de l’autonomie, puisque la Transformer Prime est l’une des tablettes les plus autonomes que l’on a testé, et sans son dock. Avec, c’est carrément Byzance. Le dock-clavier qui finit de marquer la différence de la Transformer Prime d’Asus avec les autres tablettes du marché, et qui autorise un usage « netbook » très agréable dès qu’il s’agit de surfer ou de produire. Et pour finir, les évolutions d’Android 4.0 sont très appréciables, le système se faisant plus instinctif et plus pratique.
Ne reste finalement plus qu’une question à aborder. A qui s’adresse la Transformer Prime avec son dock ? Vu le prix demandé, le choix est forcément difficile sachant que l’on hésitera entre un netbook (moins cher), un portable plus performant à prix équivalent (mais moins autonome et nomade) et que l’on sera peut-être tenté d’ajouter quelques billets pour s’offrir un ultrabook. Bref, avec son dock-clavier, cette tablette se rapproche d’un usage d’ordinateur portable et ce sont eux ses principaux concurrents, avec toutes les qualités et avantages qui sont les leurs, mais ne donnant pas accès à la myriade d’applications mobiles et non tactiles. Car si on met en concurrence cette Transformer Prime uniquement avec les tablettes Android, il n’y a pas photo. A l’heure actuelle, c’est le top.
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