Test : Motorola Xoom 2

Publié le 20 février 2012 , par Mathieu Chartier - mis à jour le 21 février 2012 à 16h - dans Hardware, Tablettes - Mots clés : Motorola, tablettes

Motorola passe sa Xoom au rouleau compresseur et l'équipe d'un nouveau processeur. La Xoom 2, une bonne tablette Android ? Nous nous attendions à mieux, explications...

Motorola Xoom 2
70

Bon

Motorola Xoom 2

Pour :
Fine, légère et autonome
Compatible vidéos high-profile
Design original, bonnes finitions
Appli MotoCast fonctionnelle et bien pensée

Contre :
Lenteurs du navigateur
Performances 3D
Qualité des photos/vidéo
MicroSD et USB Host absents
Android 4.0 ?

Les meilleurs prix :
ACHETER
Fnac.com 387,84 €
Materiel.net 389,99 €
GrosBill.com 398,98 €

Motorola repart à l’attaque. La marque a ressorti son RAZR et en a fait un smartphone ultra-fin et résistant. Quant aux tablettes, il fallait offrir à la Xoom une seconde jeunesse. C’est l’objectif de cette Xoom 2, bien plus fine, plus légère, plus rapide aussi et sous Android 3.2. Globalement, on peut dire que les critiques émises par les utilisateurs de la Xoom première du nom ont été entendues. Tout aussi intéressant, il faut savoir que comme le fait Samsung avec sa Galaxy Tab, Motorola a choisi de proposer deux versions de sa Xoom 2, l’une de 10,1’’ (celle que nous avons testée) et l’autre de 8,9’’. Les seules différences, outre la taille de l’écran, tenant à la capacité de la batterie et donc à l’autonomie, ainsi qu’au prix de vente. Une stratégie pertinente dans la mesure où elle permet aux consommateurs d’accéder à un choix plus vaste en fonction de leurs attentes.

Une tablette de seconde génération

Côté caractéristiques techniques, cette Xoom 2 délaisse le Tegra 2 de Nvidia et embarque un SoC Texas Instruments OMAP 4430 dual-core cadencé à 1,2 GHz, épaulé par 1 Go de RAM. En façade, une webcam de 1,3 mégapixels est intégrée, tandis qu’au dos on retrouve un capteur photo de 5 mégapixels disposant d’un double flash LED. L’écran tactile est protégé par une Gorilla Glass et il affiche une résolution de 1280 x 800 pixels, quel que soit le modèle, avec des angles de vision ouverts (178° sur tous les axes). La version 10,1’’ mesure 254 x 173 mm pour 8,8 mm d’épaisseur seulement, et un poids de 599 grammes. C’est dans la norme des tablettes de seconde génération, et beaucoup plus confortable que la première Xoom, trop épaisse et trop lourde à l’usage (700 grammes tout de même !).

Motorola Xoom 2 (5).JPG

Motorola Xoom 2 (8).JPG Motorola Xoom 2 (6).JPG Motorola Xoom 2 (10).JPG Motorola Xoom 2 (9).JPG

En termes de design, l’évolution est également marquée est va dans le bon sens. Les coins biseautés et le revêtement arrière en métal mat, associé à des plastiques doux, donnent à la Xoom 2 l’allure d’un produit high-tech assez tendance. Des coins biseautés qui sont également un atout ergonomique, favorisant une prise en main agréable dans toutes les positions. Le placement des haut-parleurs sur la partie haute est également un bon point, évitant que les mains ne viennent les obstruer trop fréquemment. En revanche, pour la qualité du son, comme sur l’ensemble des tablettes du marché, le résultat est très passable même si la Xoom 2 a l’avantage d’offrir un son plus puissant que la moyenne. Ce qui n’enlève rien aux finitions soignées de l’objet. Trop fine pour intégrer un port USB-Host, cette Xoom 2 fait tout de même l’effort de proposer nativement une sortie micro-HDMI à côté d’un port micro-USB. En revanche, la présence d’une petite trappe en caoutchouc est complètement inutile puisque notre modèle n’est ni équipé d’emplacement SIM, ni de port micro-SD. C’est dommage, surtout que les seuls modèles vendus pour le moment sont de 16 Go, et pas moyen d’accroître cet espace de stockage.

Motorola Xoom 2 - Pics (1) Motorola Xoom 2 - Pics (2)

A gauche, une photo prise avec le capteur frontal, à droite avec le capteur 5 MP, peut mieux faire...

MotoCast pour booster l’expérience utilisateur

Le système, lui, est un Android Honeycomb 3.2 relativement classique, simplement un poil modifié par la présence d’une surcouche très légère qui consiste essentiellement en des améliorations esthétiques et en l’ajout de l’application MotoCast. Elle concerne le streaming media, permettant d’accéder depuis n’importe quelle connexion Web aux vidéos, musiques, photos et même les documents Word stockés sur son ordinateur après installation et paramétrage du soft dédié. Bien entendu, cela fonctionne uniquement tant que l’ordinateur est allumé et connecté à Internet. On attend également la mise à disposition de SmartActions, une appli qui permet de définir des règles et des actions en fonction des conditions d’utilisation du terminal, tirant notamment profit de la géolocalisation. Par exemple, cela permettra de dire à la tablette qu’elle doit automatiquement éteindre le WiFi chaque fois que l’on le bureau et le rallumer une fois arrivé à la maison, ou encore qu’elle doit baisser la luminosité de l’écran dès que le niveau de batterie passe sous les 20%.

MotoCast (5).PNG MotoCast (4).PNG

A priori, ce ne sont pas ces quelques modifications qui peuvent expliquer le manque de réactivité de la tablette constaté dans certaines tâches. Le TI OMAP est-il à blâmer ? En tout cas, en navigation Web, le rendu des pages manque un peu de fluidité, tout comme l’affichage qui se fait par gros blocs lorsque l’on déroule rapidement une page. Ce qui n’est jamais agréable. En revanche, le support du Flash est plutôt bon, meilleur en tout cas que ce que l’on constate généralement sur les tablettes Tegra 2, même si les sites full-Flash mal encodés ou certaines vidéos HD ont du mal à passer. Un constat positif que l’on fait également au moment de tester plusieurs formats vidéo. Notons d’ailleurs que la synchronisation des fichiers que l’on veut transférer vers la tablette se fait via le logiciel MotoCast une fois la tablette connectée en USB à l’ordinateur. Une fois lancées, les vidéos bénéficient de l’accélération matérielle et les flux dits « high profile » sont décodés sans problèmes. En passant par une application dédiée téléchargée sur le Market, les MKV en 1080p passent en toute fluidité. Avec la sortie micro-HDMI, c’est donc du tout bon pour passer ses séries et films HD sur un grand écran trouvé en vadrouille, contrairement aux résultats obtenus avec une puce Tegra 2 en la matière. Le Tegra 3 décode lui bien sûr tous les fichiers vidéo sans plier.

De bons points, d’autres un peu moins…

Comme la Sony Tablet S (testée ici), la Xoom 2 de Motorola est équipée d’un émetteur infrarouge qui permet de la transformer en télécommande universelle via l’application Dijit pré-installée. Le résultat est bien plus intéressant que sur la tablette Sony, puisque cette application permet d’enregistrer des scénarios, ce qui était impossible sur la Tablet S. Ainsi, il est possible d’enregistrer une suite d’événements à réaliser lors du déclenchement d’une action. En choisissant « DVD », on peut alors ordonner à la tablette d’allumer la TV et l’ampli audio-vidéo sur les canaux adaptés, tout en déclenchant l’ouverture du chariot du lecteur DVD. De quoi se passer d’une coûteuse télécommande Logitech Harmony, d’autant plus que le paramétrage est assez simple dans l’ensemble. Pour terminer sur l’offre logicielle, citons la mise à disposition en sortie de boîte de l’application QuickOfficeHD, d’un utilitaire de Post-it et d’un client Citrix permettant de lancer une machine virtuelle.

Motorola Xoom 2 (2).JPG Motorola Xoom 2 (1).JPG

En revanche, là où la Xoom 2 est plus à la peine, c’est sur les jeux 3D. Pourtant, sous anTuTu Benchmark, son score 3D est à peu près équivalent à celui obtenu sur la plupart des tablettes Tegra 2. Ce qui ne se constate pas à l’usage, car les performances graphiques du SoC de cette Xoom 2 sont moins bonnes que celles du SoC de Nvidia. Si l’on ne peut pas profiter des jeux de la Tegra Zone spécifiquement développés pour ce dernier (peu nombreux, heureusement), les autres jeux Android se lancent sans problème mais dès qu’ils sont gourmands en ressources et plutôt fins graphiquement, la Xoom 2 montre ses faiblesses. Ce qui se solde par des ralentissements assez fréquents et surtout un traitement de l’aliasing loin d’être satisfaisant, l’effet d’escalier sur les bords des modèles 3D étant très marqué. La première tablette Xoom étant une tablette Tegra 2, on peut donc en conclure que la Xoom 2 est moins à l’aise en matière de jeux vidéo que ne l’était la précédente tablette de Motorola… ce qui est bien dommage.

Motorola Xoom 2 - anTuTu

Autre point sur lequel la Xoom 2 n’arrive pas à dépasser la Xoom première du nom : l’autonomie. En effet, dans notre test de lecture vidéo, la Xoom 2 a tenu 6h52 avant de flancher, là où la Xoom tenait 7h11. Néanmoins, l’autonomie de la Xoom 2 reste bonne et tourne autour des 10h, voire un peu plus, en usage courant (1/3 de surf, 1/3 de jeu, 1/3 d’applis diverses). Quant à la charge, elle est assez longue puisqu’il faut compter environ 5h pour une charge complète sur secteur.

Une bonne tablette Android, sans plus

Au final, difficile de ne pas être un peu déçu par la Xoom 2. Si l’on apprécie sa finition et ses qualités en vidéo, tandis que l’application MotoCast est agréable à utiliser pour synchroniser ses contenus depuis et vers la tablette, ainsi que pour accéder aux contenus de son PC à distance, on reste sur notre faim. Pour une tablette 16 Go, la Xoom 2 est assez chère. En surf elle n’est pas super réactive et en jeu, elle se paye même le luxe d’être moins performante que les tablettes Tegra 2 dont faisait partie la Xoom 1. Sachant que la mise à jour vers Android 4.0 Ice Cream Sandwich n’arrivera pas avant quelques longs mois sur la Xoom 2, nous ne saurions trop vous conseiller d’attendre que les tablettes quad-core sous Android ICS ne se démocratisent. Car la Xoom 2 – malgré ses petits plus comme la télécommande infrarouge – n’a finalement pas les arguments nécessaires pour se démarquer des tablettes Honeycomb et justifier son prix de vente actuel.

Comparer les prix de
Les commentaires sur ce document sont clos.
  • Tout
  • Hi-Tech
  • Matériel
  • Mac
  • Jeux

Derniers Tests

Tous les tests