La vie en rose ?
Après ces multiples tests, le bilan est plutôt positif pour ce contrôleur JMicron JMF612, embarqué pour l’occasion dans un SSD A-DATA S596 128 Go. En le dotant enfin de 128 Ko de cache on-die et en lui conférant la possibilité d’adresser une mémoire externe, la jeune firme taiwanaise a répondu aux principales critiques qui s’étaient abattues sur leur premier contrôleur pour SSD, le tristement célèbre JMF602. A l’arrivée, on a droit à des débits de plus de 250 Mo/s en lecture séquentielle lors des tests théoriques et bien au-delà des 200 Mo/s lors des tests pratiques effectués en manipulant des gros fichiers. En outre, le comportement avec les petits fichiers est excellent, du niveau des meilleurs contrôleurs du marché. L’écriture n’est pas en reste avec près de 170 Mo/s lors des tests synthétiques et près de 150 Mo/s durant nos tests pratiques. Les courbes IOMeter en écriture séquentielle nous ont aussi montré que JMicron avait nettement amélioré le traitement des petits fichiers, bien que cela reste un cran en-dessous des contrôleurs Indilinx, Samsung et Intel. Cerise sur le gâteau, l’usure est quasi inexistante et les débits restent constants, y compris après une très grosse charge comme notre test d’écritures aléatoires sur l’intégralité du disque durant plus de 4 heures. Le TRIM ne sera pas nécessaire et de toute manière ce contrôleur n’est pas compatible avec la commande TRIM, pour l’instant. Dernier point positif : le port USB 2.0, toujours pratique pour transférer des données rapidement sur un autre PC.
Quelques problèmes malgré tout…
Bien évidemment, tout n’est pas rose et il y a quelques problèmes avec ce nouveau contrôleur JMicron. C’est au niveau des écritures que quelques soucis sont apparus. Premièrement, certaines sessions IOMeter ont fait état de chutes soudaines du débit, qui passait alors de 150 Mo/s à 55 Mo/s. Le test H2Bechw qui effectue des tests sur l’intégralité du disque a également révélé des chutes régulières du débit en écriture, tombant également sous les 60 Mo/s. Enfin, lors de tests de copie proche avec des gros fichiers, nous avons pu constater le même phénomène avec une chute des débits vers les 30-35 Mo/s en plein milieu du test avant de repartir de plus belle vers de meilleurs taux de transfert. Malgré des Secure Erase, nos tests répétés maintes fois ont abouti aux mêmes constatations.
Second problème : les écritures aléatoires. Si ces opérations sont moins fréquentes que les écritures séquentielles, elles peuvent néanmoins survenir sur des disques fortement remplis. Dans cet exercice, le JMicron JMF612 est très mauvais, tout comme l’était le JMF602 et tout comme l’est le contrôleur Samsung équipant la série des SSD PB22J. Par ailleurs, le JMF612 a fait preuve de nombreuses similitudes avec le contrôleur Samsung au point que nous sommes arrivés à nous demander si ce n’était pas un contrôleur Samsung rebadgé ou si JMicron n’avait pas copié Samsung.
Succès assuré pour le JMF612 de JMicron ? A priori oui, si certains soucis sont rapidement réglés
Enfin, nous avons rencontré des problèmes de stabilité. En effet lors de tests poussés, Windows perdait le disque, il n’était plus reconnu. Parfois après un redémarrage, il revenait mais parfois il fallait attendre une dizaine de minutes. En le connectant en USB, le constat était le même sauf sur notre portable, seul PC du labo encore sous Windows XP et non sous Seven ou Vista. Faut-il y voir un lien ? Difficile de répondre. Las de ces bugs, nous avons décidé de refroidir le SSD en le plaçant sous le gros ventilateur de l’Antec Skeleton de notre plateforme de test. Il y eut alors moyen d’achever une session IOMeter d’écritures aléatoires sans plantage. Mais il y en eut encore et nos deniers tests se sont achevés avec le PCB à nu, toujours refroidi par l’Antec. Les problèmes se sont faits plus rares mais il y en avait encore de temps en temps. La surchauffe est-elle à ce niveau à exclure étant donné que les puces ne dépassaient pas les 45°C ? Faut-il par contre l’envisager parce qu’encapsulé dans sa coque en aluminium, le SSD plantait davantage ? Est-ce à attribuer à un firmware pas encore mûr ? Peut-être étant donne qu’A-Data nous a envoyé un des tout premiers exemplaires de son SSD avec un firmware tout récemment mis au point. Espérons-le car ce serait dommage de gâcher le potentiel de ce contrôleur par de tels bugs, tout comme les SSD Intel X25-M ont vu leur réputation entachées par des pertes de partition ou des données corrompues. C’est pourquoi nous ne trancherons pas définitivement sur ce contrôleur tant que nous n’aurons pas pu essayer un second SSD basé sur ce JMF612 et provenant d’une autre marque.
La seule conclusion que nous pouvons d’ores et déjà tirer c’est qu’acheter un SSD basé sur le JMicron JMF612 ne sera plus une punition comme c’était le cas avec le JMF602. Par contre, il faudra attendre de voir les prix des SSD basés sur le JMicron JMF612 pour se faire une idée de son succès futur. S’il est vendu au même prix que les Intel X25-M ou que les SSD basés sur l’Indilinx, il ne sera pas forcément intéressant. Mais JMicron est avant tout une firme misant le bas et le milieu de gamme et il ya donc fort à parier que les prix seront inférieurs aux autres SSD. Comme on dit dans ces cas-là, wait and see…
Imprimer
Envoyer
11 Réactions
160 Approbations





Flux RSS
Dernières réactions
Le test est de bonne facture, cela rappele matbe.com :-)
Bonne journée à vous
Sauf que la plupart des SSD en MLC ont des tailles d'effacement de blocs de 512KiB (les Intel, Indilinx, Core/Solid/etc...).