En attendant Nehalem, Intel continue de dérouler tranquillement les modèles de sa gamme Penryn. Et cela risque de durer encore quelque temps étant donné les changements majeurs et parfois contraignants que cette nouvelle génération de processeurs va engendrer, comme nous l’avons évoqué en introduction. Le E7300 ajoute 133 MHz de plus que le E7200 avant un très probable E7400 qui lui sera cadencé à 2,8 GHz. Il faut avouer que ces séries E7000 sont intéressantes à plus d’un titre tout comme l’étaient les E4000 de la génération 65 nanomètres. Pour un prix comprimé, le E7300 est disponible officiellement à 133 dollars HT par mille unités mais on le trouve déjà vers les 120 euros, il offre un bon niveau de performances, proche des séries E6000 de la génération précédente et souvent devant la majorité des Phenom d’AMD. Il n'est pas non plus très loin du E8200 vendu lui 130 euros. Grâce à ses 3 Mo de cache L2, par opposition aux 2 Mo des E4000, ce E7300 se place devant ces derniers tout en conservant un potentiel d’overclocking digne de ce nom. Certes, c’est moins spectaculaire que les E4000 qui bénéficiaient d’un FSB plus bas mais cela reste honorable grâce à un coefficient élevé de 10 et un FSB de départ de 266 MHz. A ce niveau, le E7300 est plus intéressant que le E8200 qui est doté d'un petit coefficient et d'un FSB de 333 MHz. Ces 333 MHz de FSB sont d'ailleurs atteints sans problèmes par l'E7300, lui permettant de fonctionner à 3.33 GHz. En le poussant un peu, les 4 GHz ne sont pas un doux rêve pour autant que votre carte mère soit à la hauteur. En bref, ces E7000 offrent un excellent rapport qualité/prix. Si cependant votre bourse est très serrée, les E4000 restent assurément des très bonnes affaires.
Le E8600 constitue le haut de gamme Intel dual core à un prix somme toute modique : 266 dollars HT par mille unités. On est loin des tarifs pratiqués sur les Core 2 Duo 65 nanomètres à leurs débuts mais c’était avant l’arrivée des quad core qui ont tiré vers le bas les prix des double cœur. A l’heure actuelle, un E8600 se négocie autour de 220 euros, ce qui reste cependant élevé par rapport à certains quad-core que l’on trouve sous ce prix. Si malgré tout, vous n’avez pas l’usage de quatre cœurs, ce dual core vous assurera plus de performances dans les tâches monothread ou n’exploitant que deux cores grâce à sa fréquence de 3,33 GHz, la plus haute jamais sortie par Intel depuis l’arrivée des Core 2, preuve que le processus de production en 45 nanomètres est très bien maîtrisé par le géant américain. En outre, il a démontré un bon potentiel d’overclocking avec pour inconvénient un FSB de départ élevé de 333 MHz. Il faudra dès lors dépasser allègrement les 400 MHz de FSB pour en tirer le meilleur, ce qui n’est pas stable sur toutes les cartes mères et qui nécessite une mémoire capable de suivre le rythme. Mais l’intérêt de ce processeur est à l’heure actuelle discutable vu le prix du E8500 que l’on trouve sous les 160 euros et qui est un tout petit peu moins performant tout en assurant lui aussi un très bon potentiel d’overclocking. Le E8600 est donc pour le moment une sorte de vitrine qui peut se vendre plus cher sans pour autant que la différence financière justifie le faible écart de performances.


Le processus de gravure en 45 nanomètres est décidément bien maîtrisé par Intel.
De bonne augure pour Nehalem ?
Le processeur le moins intéressant de cette nouvelle vague de Penryn est sans conteste le Q8200. Il s’agit du quad-core le moins puissant produit par Intel avec ses 2,33 GHz et surtout ses 2x2 Mo de cache L2. Castré ? Oui assurément dans les applications demandant du cache comme les jeux et quelques autres logiciels isolés. Autre problème : un overclocking plus que limité à cause de son petit coefficient multiplicateur et de son gros FSB de 333 MHz. Malgré tout, il affiche un niveau de performances proche du Q6600, parfois devant, parfois derrière. Mais son problème majeur reste son tarif annoncé à 209 dollars HT par mille unités alors qu’un Q6600 est affiché à 193 dollars, toujours HT et par mille unités. En pratique, ce Q6600 se trouve au prix cassé de 150 euros contre près de 200 euros pour le Q8200 avec en outre un bien meilleur potentiel de surcadencage pour le premier cité. Autrement dit, si vous avez besoin de la puissance d’un quad core, ruez-vous sur le Q6600 tant qu’il y en a encore. A noter pour conclure que ce décevant Q8200 est en réalité basé sur deux die d’un processeur qui arrivera sous peu : le Pentium « Penryn » qui prendra l’appellation E5000 et assurera la relève des Pentium E2000 sur le bas de gamme, avec cependant un cache doublé. Bref, Nehalem n’est pas près d’occulter la génération Penryn qui a encore de beaux jours devant elle, d'autant plus que l'offre AMD a du mal à faire le poids à l'heure actuelle...
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