Le produit en vogue est sans conteste le SSD ! A grand renforts de marketing, un nombre incalculable d’acteurs s’engouffre dans cette brèche dans un marché hardware souvent calme et prévisible. Ils auraient tort de ne pas profiter de cette opportunité qui apporte enfin du neuf et de la performance au niveau des unités de stockage. Le marché des disques durs est très hermétique à cause des technologies employées et les fabricants majeurs ne sont pas très nombreux : Seagate (et Maxtor), Hitachi, Samsung, Western Digital, Fujitsu et Toshiba. Les SSD de leur côté sont nettement plus faciles à produire, ce qui explique la multiplication des marques s’y intéressant, la plupart se contenant de coller une étiquette à leur nom sur un SSD fabriqué par une autre marque. Car pour simplifier, un SSD est en quelque sorte une grosse clé USB connectée au PC en S-ATA. Il ne se compose d’aucun mécanisme, se limitant à un PCB sur lequel on retrouve des puces NAND Flash et un contrôleur parfois accompagné d’une puce mémoire faisant office de cache. Cette facilité d’accès à la technologie génère des produits dont les performances sont très variables d’un produit à un autre.

D’un point de vue marketing, les fabricants se battent à coup de débits en lecture et en écriture. Mais ces valeurs de performance sont celles obtenues lors des situations idéales, à savoir lors du traitement de gros fichiers. Ce n’est pas nouveau puisque c’est également l’argument utilisé pour la mise en valeur des clés USB. Sauf qu’un SSD n’est pas envisagé par la majorité des consommateurs comme une unité de stockage externe mais bien comme une unité de stockage amenée à remplacer leur disque dur système afin de pouvoir profiter des avantages d’un SSD : réactivité, performances en hausse, résistance aux chocs et silence de fonctionnement. Dans pareil cas, les débits maximaux ne sont qu’une anecdote et il convient mieux d’étudier les débits des SSD lors du traitement de fichiers de taille moyenne ou de très petits fichiers. Car lors d’une utilisation courante de Windows, les fichiers écrits en permanence sur le disque système sont souvent petits, voire très petits. On peut évoquer les logs de messagerie instantanée, les fichiers temporaires créés lors de la navigation Internet, etc. Et c’est là qu’il faut se méfier des SSD à bas prix…
La majorité des SSD bon marché utilisent une puce JMicron JMF602 qui ne supporte pas un cache externe et qui à cause de son cache interne on-die réduit a énormément de mal à faire face à des écritures massives de petits fichiers. La version A de ce contrôleur empêchait même parfois d’installer Windows tant le traitement des fichiers de petite taille était laborieuse. La version B que nous avons testée dans le présent article améliore un peu les choses mais reste à des niveaux de performances insuffisants avec les petits fichiers que pour justifier leur achat en tant que disque système. Les disques Transcend et CSX qui ont été testés dans les pages précédentes ont en effet montré des performances inférieures à des disques durs 2.5 pouces 5400 tours/minute dès qu’on s’occupe du traitement de fichiers de petite taille ou de taille moyenne. Mais il y a pire comme le disque SSD Crucial et son contrôleur PHISON indigne des puces SLC dont se dote ce disque flash. Tout ceci pour dire que le contrôleur revêt une importance capitale dans les performances d’un SSD. Malheureusement, de nombreuses marques se sont ruées sur ce contrôleur JMicron, certainement parce qu’il est peu onéreux. Or, la firme a avoué récemment dans une entrevue accordée à Dailytech que le JMF602 gérait mal les opérations multi-tâches et était avant tout destiné aux portables et aux netbooks. Depuis quand un portable ou un netbook n’a pas besoin d’une gestion multitâches ? A partir du moment où ces produits utilisent un système d’exploitation moderne, le multitâches fait partie intégrante de leur fonctionnement. Cet aveu est explicite et signe pour nous l’arrêt de mort de ce contrôleur.

Vous aurez donc compris qu’il nous est impossible de vous recommander l’achat d’un SSD Transcend ou CSX en l’état actuel des choses, d’autant plus que le Transcend est facturé près de 700 euros. Certes il offre de très bon débits en lecture, certes il embarque des puces SLC mais celles-ci sont bridées par le contrôleur, sauf lors de la gestion de fichiers volumineux. Le CSX de son côté est vendu 350 euros mais cela reste bien trop cher pour les performances offertes. Autant se payer un Velociraptor si c’est pour un usage en tant que PC de bureau ou un disque 2.5 pouces de 500 Go si c’est pour un portable.
Il n’y a donc pas de miracles. Si des SSD semblent affichés à des tarifs attractifs, il y a une raison à cela. Si vous voulez des vraies performances qui vous feront oublier les disques durs, il faudra monter nettement plus haut en gamme et discuter sérieusement avec votre banquier pour acquérir un Mtron, un Memoright ou un SSD doté d’un vrai contrôleur. Notre conseil du jour est réellement d’attendre 2010 pour jeter votre dévolu sur un SSD, le temps que les technologies se stabilisent, que les prix baissent et que des normes officielles viennent mettre un peu d’ordre dans ce capharnaüm…
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