Avant d'entamer ce débat, petit rappel du fonctionnement d'un SSD, issu d'un de nos précédents articles. Un SSD fonctionne différemment d'un disque dur puisque les plateaux font place à un PCB sur lequel sont soudées des puces mémoire de type DRAM ou NAND Flash. La communication avec le système se fait via un contrôleur qui va gérer les entrées/sorties. Ce contrôleur se présente sous la forme d'un SoC (System on a Chip) incluant un micro-processeur. C'est lui qui va gérer les transferts de données entre les puces et l'interface Serial-ATA. Optionnellement, une dernière puce peut prendre place sur le PCB d’un SSD : une puce mémoire DRAM qui peut venir seconder le microcontrôleur. Cette "mémoire" va en quelque sorte agir comme le cache d'un disque dur classique.

Les entrailles du SSD Intel avec les puces NAND Flash à gauche,
le contrôleur à droite et au-dessus de lui la puce DRAM faisant office de cache
De nos jours, une écrasante majorité de fabricants utilise de la mémoire NAND Flash non volatile permettant de maintenir les données stockées sans batteries. Les SSD basés sur de la DRAM sont plus rares et incorporent une batterie et un système de backup pour parer toute perte de données. Vous aurez compris que ces DRAM SSD sont réservés au monde professionnel et ne nous concerne pas en tant que consommateur final. Ceux dont nous vous parlons depuis des mois sont bien ceux à base de NAND Flash au format 1.8, 2.5 et plus rarement 3.5 pouces.
Puces SLC ou MLC : aura-t-on encore le choix ?
La question peut paraître saugrenue mais ne l’est pas tant que ça. Lors du CES 2009 en janvier à Las Vegas, nous avons pu longuement discuter avec des acteurs du secteur qui pointent un problème connu des puces SLC : leur prix ! Pour rappel on distingue deux types de SSD : ceux à base de puces SLC (Single Layer Chip) et ceux à base de puces MLC (Multiple Layer Chip). Les SLC sont plus rapides que les MLC car elles stockent 1 bit de données par cellule contre 2 pour les MLC. Cela réduit les états possibles (en gros, ils sont réduits à 0 et 1) et leur permet de réagir plus vite et de proposer des débits de lecture et surtout d'écriture plus élevés que les puces MLC. Par contre les puces MLC sont moins chères que les coûteuses SLC car elles peuvent contenir plus de données. Autre avantage des puces SLC : une durée de vie plus importante. On estime en général à 100.000 le nombre d'écritures possibles par cellule SLC contre 10.000 pour une cellule d'une puce MLC.
De par leur conception, les puces SLC présentent en sus les avantages de consommer moins d’énergie, de proposer des taux de transferts plus élevés et d’assurer une durée de vie plus longue que les puces MLC. Mais étant donné que les puces SLC stockent moins de données par cellule, leur coût de fabrication au Go est nettement plus élevé que les puces MLC. C’est cette raison qui fait que les SSD grand public abordables sont et resteront les SSD à bases de puces MLC. Les SSD à base de SLC à capacité équivalente sont de ce fait affichés à des tarifs prohibitifs comme c’est le cas avec le Transcend 64 Go que nous testons. Il est en effet vendu 811 euros contre seulement 195 euros pour la version 64 Go basée sur des puces MLC. Le prix est donc plus que quadruplé.
Intel l'a bien compris et a créé le X25-M à base de puces MLC et l'étiquette disque pour le grand public tandis que la version à base de puces SLC, le X25-E, est réservée au monde professionnel, aux serveurs, etc. On peut faire un parallèle ici avec les disques durs où les disques IDE/SATA sont réservés au grand public tandis que les disques SCSI et assimilés sont l'apanage des professionnels. Certes il existera toujours des passionnés fortunés qui se monteront une configuration avec de disques SCSI comme il existera toujours des amateurs prêts à délier les cordons de la bourse pour se procurer un disque basé sur des puces SLC. Mais qu'on le veuille ou non, l'avenir des unités de stockage pour un usage personnel passera par le recours à des puces MLC qui permettront une démocratisation des SSD tout en assurant une augmentation des capacités disponibles. Il ne faut pas forcément s'en inquiéter car le retard en performances par rapport à une puce SLC peut être comblé par le recours à un microcontrôleur efficace qui va être capable de gérer optimalement les opérations de lecture et d'écriture...
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SSD : l'importance du contrôleur ! | Rôle du contrôleur |
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