Tout comme l’Asus Mars, rien ne justifiera jamais le prix du Thermaltake Level 10, 700 euros pour rappel. Comme rien ne justifie intrinsèquement le prix de n’importe quelle œuvre d’art, de n’importe quel objet de luxe ou de n’importe quelle supercar exclusive. Car clairement le Level 10 fait partie de ce monde « à part » des produits de luxe exclusifs. Le but n’est pas d’en vendre des millions mais de marquer les esprits, de montrer le savoir-faire de Thermaltake. En s’adjoignant les services d’un bureau de design appartenant à une maison connue, BMW, la firme taïwanaise ne s’est pas trompée et le résultat est époustouflant. Un peu de subjectivité de notre part ici, une fois n’est pas coutume.
Si ce Level 10 ne fait pas l’unanimité, il ne laisse cependant pas indifférent. Nous ajouterons que le voir en photo est une chose mais que cela n’est rien en comparaison de le voir en réalité, face à soi. On prend alors conscience de l’exclusivité du produit, on observe son design, on détaille ses moindres recoins et on ne peut que reconnaître son concept innovant pour un boîtier PC. Et après y avoir installé une configuration et poussé sur le bouton de mise sous tension, la magie continue avec des diodes qui s’allument juste là où il faut, sans que cela devienne ostentatoire. Oui vraiment, c’est un bel objet, à l’aspect extérieur soigné et au look à nul autre pareil. Le boîtier parfait pour ceux qui aiment cultiver la différence.
D’un point de vue pragmatique, ce boîtier n’est pas parfait et sa qualité n’est pas irréprochable, surtout vu le prix demandé. Mais là aussi, c’est un point commun avec d’autres produits « artisanaux » car il ne faut pas oublier que le Level 10 n’est pas fabriqué en grande série, 1000 exemplaires annuels, et qu’il est entièrement réalisé à la main. Des exemples de produits de luxe coûteux imparfaits sont légion et si on se penche du côté des voitures d’exception (NDLR : désolé, Stéphane est un fada de voitures de luxe), on peut citer un nombre incalculable d’exemples comme la Mercedes CLK-GTR à la fiabilité douteuse, la Koenigsegg capricieuse, les préparations Mansory à la finition laissant à désirer, etc. Dans le cas du Level 10, on citera un assemblage approximatif de certaines pièces, justifié par Thermaltake par le fait que notre exemplaire est un des premiers sortis de production. Certes. On note aussi un léger effet « Tour de Pise » quand on fait face au boîtier.
Se poser la question du rapport qualité/prix du Level 10 est tout autant déplacé que de se le demander pour une Rolex, un sac Louis Vuitton ou une Aston Martin Zagato DB AR1...
Il faut aussi être conscient de son encombrement et de son poids, plus de 21 kilos à vide. Il faut clairement lui trouver une place car il ne passera pas sous la majorité des bureaux. Mais comme de nombreux clients potentiels du Level 10, vous voudrez certainement le mettre en valeur en le posant sur le « solide » bureau, ou pourquoi pas dans votre salon… Il y a aussi des manquements fonctionnels comme l’absence de systèmes de fixation sans vis pour les cartes filles ou les disques durs et lecteurs optiques ou l’absence de dispositifs anti-vibrations pour ces mêmes unités de stockage. De par sa conception compartimentée, il faudra aussi de longs câbles d’alimentation, notamment au niveau des connecteurs PCI-Express. Cette conception est aussi problématique vis-à-vis de la poussière qui s'accumule rapidement sur les compartiments. Evidemment, sa teinte noire n'aide pas non plus à ce niveau...
Mais à côté de cela, ce Level 10 a aussi d’indéniables qualités comme un excellent refroidissement, à attribuer aux chambres séparées qui évitent la communication de la chaleur d’un composant à l’autre. Les disques durs peuvent même être maintenus à des températures très raisonnables sans refroidissement actif, ce que nous avons constaté en coupant tous les ventilateurs. L’accessibilité aux composants est aussi aisée grâce aux coffrets pivotant sur leur axe pour l’alimentation, la carte mère et les périphériques 5 pouces ¼. Les unités de stockage 3 pouces ½ ne sont pas en reste avec un retrait individuel aisé, facilité accentuée pour les deux baies supérieures, dotées d’un système hotswap.

Le Level 10 nous fait penser à l'Aston Martin Zagato DB AR1. Basée sur la DB7, elle n'apporte qu'un changement stylistique, a été produite en série limitée à un prix plus élevé que le modèle dont elle est issue. Rien de neuf mécaniquement non plus. Pourtant, entre une DB7, déjà réussie, et une DB AR1, il y a un monde de différences, lié à l'exclusivité du modèle et à un design unique, décrié par certains, adoré par d'autres, qui n'hésiteront pas à craquer, peu importe le prix. Comme le Level 10 finalement...
En conclusion, nous répéterons ce que nous évoquions ci-dessus, à savoir un prix déraisonnable et en soi injustifié. Quoique 21 kilos d’aluminium, ça doit valoir son pesant d’euros. Mais est-ce réellement un argument pour les personnes qui désirent s’en porter acquéreur ? Poser la question est déjà y répondre car « craquer » pour le Level 10 relève plus de l’achat irrationnel que d’une démarche raisonnée et raisonnable. Se poser la question du rapport qualité/prix est tout autant déplacé que de se le demander pour une Rolex, un sac Louis Vuitton ou une Aston Martin Zagato DB AR1… Bref, si le prix n’est pas un problème pour vous et que vous avez envie de vous monter une configuration très haut de gamme, foncez, le Level 10 a certes des défauts mais aucun n’est rédhibitoire…
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Ca a quand même de la gueule mais j'aime pas trop.