Test : Asus ROG Ares II 6GD5
Asus ROG Ares II 6GD5
- Tiens, David ! Asus ROG vient de nous livrer sa dernière bombe graphique, la Ares 2, là dans le carton - Cool… Ah, et ils nous ont livré un PC complet avec, à ce que je vois ? - Non, non… Là, il y a juste la carte graphique !
Certains membres de la rédaction nous avouaient encore hier qu'avant qu'ils n’embarquent sur le navire PCWorld.fr, ils étaient toujours restés relativement dubitatifs devant cette mode qui semblait se répandre sur les sites comme YouTube ou Dailymotion, et qui consistait à filmer l’«unboxing» d’un produit high tech. Franchement, que pouvait-il y avoir d’incroyable dans l’ouverture d’un carton, duquel on aurait sorti un objet, dont on connaissait forcément par avance les contours et les caractéristiques ?
Et après tout, c'est vrai : ce n’est pas comme si les fabricants de ce type de produits nous faisaient la surprise d’ajouter à leurs colis, une fois de temps en temps, des abonnements à vie pour Newlook, des parts de tarte tatin, ou des voyages à l’île Maurice, avec hôtel 5 étoiles, et billets d’avion en classe affaire. Non : la plupart du temps, on est juste en face d’un carton, avec un produit dedans, accompagné de quelques accessoires… Pas de quoi en faire tout un plat...

Avec un poid de près de 2 kilos, la carte Arès 2 envoie du lourd, c'est le cas de le dire...
Sauf que si cette théorie trouve effectivement sa justification pour une grande majorité des produits commerciaux classiques, elle connaît aussi quelques exceptions, et nos confrères en ont rapidement fait l'expérience. Des périphériques que l’on aura presque autant de plaisir à déballer qu’à essayer, et qu’on ne pourra dès lors plus simplement juger sur un simple rapport entre prix, performances et fonctionnalités, mais sur des critères bien moins objectifs, comme une certaine capacité à envoyer du rêve.
Sans aucun doute, la nouvelle Ares II d’Asus ROG que nous nous apprêtons à vous décrire dans le détail rentre dans cette catégorie. Une carte d’exception qui, rien que de l’extérieur, a déjà tout le potentiel pour devenir l’objet de désir par excellence des amateurs de solutions graphiques qui fouettent du pixel. Jugez plutôt : mallette en aluminium style diamantaire, écrin en mousse dont les formes sont taillées pour épouser chaque pièce et accessoire, large carter métallique aux couleurs de la marque, watercooling intégré… Clairement, la bête est là pour nous en mettre plein les mirettes. Jusqu’à la petite plaquette gravée, qui nous indique que nous sommes en possession de l’une de 1000 cartes graphiques de ce type en circulation dans le monde… Sans vous mentir, on s’est senti un tout petit peu fier en découvrant la chose ! Une fierté qui n’a fait que s’accentuer lorsque nous avons posé les yeux sur les caractéristiques techniques du bidule, juste impressionnantes.

Des rallonges pour assurer les différentes alimentations des ventilateurs n'auraient pas été un luxe
La Ares II embarque en effet deux GPU Tahiti XT2 d'AMD, gravés en 28 nm, soit les mêmes qui équipent les cartes HD 7970 GHz Edition, avec toutefois une petite différence: chacun est légèrement overclocké, pour atteindre 1050 MHz au lieu des 1000 MHz initiaux (notez que si nécessaire, les fréquences monteront à 1100 MHz en mode Boost Clock et avec le vent dans le dos). Par ailleurs, chaque processeur graphique pourra compter sur 3 Go de DDR5 cadencés à 1650 MHz, et installés sur 2 bus 384 Bit. Du côté de l’alimentation, on retrouve la structure que l’on avait observée sur la carte Matrix HD 7970 Platinum, du même fabricant : des VRM étendus sur 20 phases, qui offrent à la fois une meilleure stabilisation des tensions, et des émissions de chaleur mieux réparties.
Le refroidissement justement, c’est LE gros morceau de cette carte graphique : il est géré par un système dual, avec un petit ventilateur axial sur le ventirad et un bloc de watercooling custom. Le circuit de refroidissement liquide passe sur chacun des GPU et vient se refroidir en passant dans un dissipateur en aluminium, lui même refroidi par un ventilateur de 8 cm de diamètre. On pourra d'ailleurs en ajouter un second à ce niveau pour améliorer le débit d'air et les performances, si le besoin s’en faisait sentir.

Des diodes de couleurs indiquent la bonne connexion de chaque connecteur d'alimentation PCI-E,
et un switch permettra le passage à un BIOS alternatif en cas de problème
Deux points enfin pour conclure cette revue d’armement : primo, il ne faudra pas moins de 3 connecteurs PCI Express 8 pins pour faire tourner tout ça, ce qui implique, selon les recommandations d’Asus, l’utilisation d’un bloc d’alimentation certifié 850 Watts ! Secundo : la carte intègre un système de double bios, commandé manuellement par un switch, et qui permettra de rebooter la carte sur un système interne « sain » en cas de sauvegarde d’une configuration d’overclocking malheureuse. Bien entendu, vous devez tous être frémissants d’impatience de savoir ce que cette carte a à offrir en guise de performances… Encore quelques secondes, le temps pour nous de faire un rapide point ergonomie et installation.
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Par rapport à la Ares première du nom, cette nouvelle itération se veut plus fine, puisque n’embarquant plus qu’un ventilateur de petite taille, dédié à la circulation d’air autour des étages d’alimentation. Elle ne viendra donc empiéter que sur un seul port PCI-E, en plus du sien (une carte dual-slot quoi...). Pour autant, cela ne signifie pas que la Ares II ira s’acoquiner avec n’importe quel boitier. En effet, le bloc de watercooling ne pourra guère se positionner qu’au-dessus de la carte, fixé à une grille d’aération. Et encore, ce positionnement exclut l’utilisation pour le CPU d'un ventirad volumineux, ou d'un autre système de Watercooling. Rien d'impossible pour certains boîtiers offrant suffisamment d'espace pour tout ranger, mais c'est une chose à ne pas écarter.
Et si l’on prend le temps de s’arrêter sur ces considérations pratiques, c’est parce qu’il aurait été de bon ton de glisser un petit guide pour préciser tout ça, voire, pour souffler à l’utilisateur final quelques références de boitiers pratiques à utiliser. Dans la même veine, et compte tenu du gabarit et des spécificités hors norme du produit, on aura regretté qu’il ne soit fourni aucune documentation précise dans le bundle (on osait rêver d'un superbe manuel relié en couleurs), en dehors d’un booklet généraliste, contenant des conseils de montage très basiques. Vous allez nous dire « OSEF, cette carte n’est pas faite pour les noobs ! »…. Certes, mais vu son prix (cette information-là, on vous la garde pour le dessert) et la vitrine qu’elle est censée représenter, le moindre détail compte… Bien… Assez bavassé ! Place aux choses sérieuses, place aux benchs !
Détails du protocole de test
Comme à notre habitude, nous avons soumis cette carte à différents tests de performance, qui comprennent une évaluation sous 3DMark 11 (Onglet Advanced, mode Extrême, et exempté de la séquence démo), ainsi que diverses mesures pratiques sur des jeux, aussi représentatifs par la variété des moteurs qu’ils utilisent (CryEngine, Unreal Engine, Frostbite) que par les effets qu’ils mettent en valeur (DX9 ou 11). Pour chaque titre testé, deux résolutions sont appliquées : 2560x1600 et 1920x1080, avec différents niveaux d’anti-aliasing.
Configuration de test :
Processeur : Intel Core i5 2500K @ 3,30 GHz (Mode Turbo désactivé)
Carte mère : Asus P8H67 Rev B3
Ventirad : Scythe Shuriken Rev B
RAM : Corsair 2 x 4 Go DDR3 1600 MHz
Stockage : SSD OCZ Agility 3 240 Go
Alimentation : Seasonic 1000W 80 Plus Platinum
Moniteur : LCD HP LP3065 30" 2560x1600 pixels
OS : Windows 7 Ultimate 64 bits
Pilotes :
Nvidia : 310.70 WHQL
AMD : Catalyst 12.10 WHQL
Cartes intégrées dans nos tableaux comparatifs :
• Zotac GeForce GTX 680 AMP! Edition (2 Go)
• Asus ROG Matrix HD 7970 Platinum (3 Go)
• Club 3D Radeon HD 7970 GHz Edition Royal Ace (3 Go)
• AMD Radeon HD 7970 GHz Edition (3 Go)
• Gigabyte GeForce GTX 680 Windforce 3X OC (2 Go)
• NVIDIA GeForce GTX 680 (2 Go)
• AMD Radeon HD 7970 (3 Go)
• NVIDIA GeForce GTX 670 (2 Go)
• Asus GeForce GTX 660 Ti DirectCU II TOP (2 Go)
• Asus GeForce GTX 660 DirectCU II TOP (2 Go)
• Club 3D Radeon HD7870XT jokerCard (2 Go - Tahiti)
• Gigabyte GeForce GTX 660 Ti WindForce 2X OC (2 Go)
• AMD Radeon HD 7950 (3 Go)
• AMD Radeon HD 7870 (2 Go)
• AMD Radeon HD 7850 (2 Go)
• NVIDIA GeForce GTX 560 Ti ref (1 Go)
Récapitulatif des tests effectués :
Mesures sonores :
Pour mesurer le niveau sonore émis par les différentes cartes graphiques, nous avons placé notre configuration dans une pièce à l'environnement sonore mesuré à 32 dB(A) et avons placé un sonomètre sur un pied à 15 cm du milieu de la carte et 20 cm de hauteur pour être au même niveau que le GPU. Nous avons pris une mesure après cinq minutes sur le bureau Windows au démarrage de la machine, donc au repos, puis avons lancé OCCT 4.3.2 afin de solliciter au maximum le processeur graphique ainsi que son système de refroidissement et avons retenu la valeur maximale relevé par le sonomètre. Les valeurs des températures minimales et maximales sont également relevées lors des mesures sonores dans les mêmes conditions et toujours grâce à OCCT mais également GPU-Z, la température ambiante de la pièce s'élevant à 25°C.
Synthèse des résultats
Sans grande surprise, la Ares II pulvérise tous les scores de notre tableau récapitulatif en termes de puissance brute, avec un score 3DMark 11 de 5770. A titre de comparaison, la GTX 690 que nous avions eu entre les mains quelques mois plus tôt n’avait dépassé que de justesse les 4700 points. La GTX 680 overclockée de Zotac plafonne quant à elle autour des 3400 points. Une performance qui se paie bien évidemment cash en terme de consommation électrique : que ce soit au repos (103 W enregistré en moyenne) ou en plein travail (560 W, avec des pointes autour de 660-670), la carte d’Asus ROG est un véritable gouffre, bien au-delà des cartes mono-GPU classiques (notre carte la plus gourmande répertoriée dans cette catégorie était une Zotac GTX 580 overclockée, à 327 W au taquet), et bien au-delà de la GTX 690 de NVIDIA, que nous avions mesurée à 355 W en pleine charge. De fait, il sera impératif de disposer d’une alimentation solide pour profiter de ce bijou, notamment si vous envisagez (et il serait surprenant que vous ne le fassiez pas) quelques tentatives d’overclocking.
Consulter la totalité de nos tableaux de mesures
Autre point sur laquelle la Ares II était très attendue, eu égard à son système de watercooling embarqué, c’est sa capacité de refroidissement. Et là encore, disons-le clairement, on n’a pas été déçu : impossible de faire sortir les deux GPU de leurs gonds, le couple demeurant, même sous un test FurMark poussé, à une température contenue de 60°C. A titre de comparaison, et dans les mêmes conditions, la GTX 690 (référence NVIDIA) montait à 79°C, la GTX 680 (référence NVIDIA) à 82°C, et la HD7970 GHz Edition (Référence AMD) à 85°C. Evidemment, avec une telle marge de manœuvre, c’eut été un crime que de ne pas essayer de pousser la carte dans ses retranchements, en tentant quelques expériences d’overclocking. Et ça tombe bien : la Ares est fournie avec un logiciel complet, GPU Tweak en version 2.3.0.2, qui va permettre à la fois la modification à la volée des différents réglages de fréquences et de tensions, ainsi que le monitoring des constantes de la carte.

Sans trop forcer, nous sommes arrivés à un gain de 14% sur la fréquence GPU, avec une bonne stabilité sur le test FurMark, et qui s’est traduit par une hausse de 10 % du score 3DMark 11. Cependant, il nous a semblé que la carte en avait encore largement sous le pied, compte tenu des valeurs de température qui restaient somme toute relativement modestes (autour de 65 / 70°C). Nul doute que des overclockers émérites feront mieux avec, mais cela donne une petite idée du potentiel de la carte dans ce domaine.
To be or NOTE to be
Maintenant, il est un aspect (deux en fait, avec le prix, mais on vous a déjà dit qu’on le gardait pour la fin) que nous n’avons pas encore évoqué : l’efficacité de la carte en usage gaming. Un point particulièrement difficile à négocier, et qui va expliquer en grande partie l’absence de note pour ce produit. C’est un fait : la Ares II est actuellement LA carte la plus puissante du marché. Cependant, en pratique, elle est dépendante d’une technologie de couplage, le CrossFireX, qui est capable d’offrir le meilleur, comme le pire. Sous Far Cry 3, Aliens Vs Predator, ou Metro 2033, les valeurs de FPS affichées sont ahurissantes. Sous Borderlands 2, ou Dirt 3, on est déjà moins impressionné. Sur Batman AC, Crysis 2, The Secret World, ou Assassin’s Creed 3, des jeux notoirement connus pour leur support du CrossFireX bancal, même une carte mono GPU fait mieux… De fait, si nous devions véritablement rendre un avis pragmatique sur cette solution graphique, ce dernier serait forcément mitigé, comme le sont les tableaux de résultats que vous pouvez consulter ci-dessous.
Et si vous envisagez vraiment de mettre beaucoup d’argent dans ce type de matériel, et que vous recherchez l’efficacité, la vraie, nous ne saurions trop vous encourager de vous tourner vers une solution mono GPU, certes moins clinquante, mais beaucoup plus stable en pratique. Un avis qui est d’ailleurs valable autant pour AMD que pour NVIDIA, la GTX 690 nous ayant en son temps aussi posé quelques soucis sur les épreuves de gaming. Voilà pourquoi, au final, nous avons décidé - exceptionnellement - de ne pas associer de note au test de cette Ares II.
Ca ne la rend pas moins enviable pour autant, bien au contraire. Simplement, comme nous le soulignions en début d'article, il est certains produits, qui justement, n’en sont pas totalement. Des cartes qui ne sont pas à juger sur un simple aspect de rapport qualité / prix, mais sur l’image qu’elles sont capables de renvoyer, et la vitrine qu’elles représentent pour le fabricant. Et cette absence de note paraît encore plus logique au regard de la disponibilité de l’objet (seulement 1000 exemplaires) ou de son prix : 1399 euros ! Oui, ça calme…
Pour ce montant parfaitement indécent, vous n’aurez sans doute pas les performances pratiques ultimes. Non, sans doute, la Ares II ne vaut pas son prix… En même temps, ceux qui vont l’acheter ne le feront pas pour jouer à The Secret World, ils l’achèteront pour pouvoir dire : « J’ai acheté un produit d’exception ». Un produit qui leur donnera la capacité de vendre à leur tour du rêve à leurs amis, à leurs voisins, à leur prof de Yoga. Un produit grâce auquel ils pourront illuminer les yeux de leur petit neveu qui s’est récemment abonné à Overclocking Magazine, et devant lequel ils feront miroiter fièrement leur petite plaquette métallique, comme nous l’avons fait nous même au sein de la rédaction.
















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