Test : Nvidia GeForce GTX Titan

Enfin, nous avons maintenant le droit de nous étendre autant que l'on veut sur la GTX Titan. Quelles performances offre-t-elle ? Quelles perspectives ouvre-t-elle pour la marque au caméléon ? A 950 euros, est-ce un produit commercialement viable ? Asseyez vous bien confortablement, on va tenter de répondre à ces questions, avec plus de 7 milliards de transistors dans les mains...

Avant d’entrer dans le vif du benchmark, et dans la mesure où la GTX Titan risque bien d’être la seule vraie grosse nouveauté de l’année en matière de cartes graphiques desktop, AMD ayant fait une croix sur les HD 8000 pour le moment, peut-être ne serait-il pas vain de rappeler en quelques lignes les enjeux qui se cachent derrière cet audacieux produit.

Pour commencer, on notera que la Titan représente un virage à 180 degrés dans la politique du constructeur en matière de très haut de gamme. En effet, jusqu’ici, et à l’instar de son concurrent, celui-ci ne jurait que par sa technologie SLI, qui impliquait donc l’utilisation de deux GPU (voire plus), et qui, si elle proposait effectivement des performances brutes intéressantes, avait le désavantage de dépendre d’optimisations logicielles souvent chancelantes. Preuve supplémentaire de ce virage : la Titan est positionnée en terme tarifaire juste en face de la GTX 690 (autour de 950 euros pour la première, contre 920 en moyenne pour la seconde), avec le secret espoir que la nouvelle venue chasse peu à peu sa grande sœur.

Une stratégie sur le long terme

Evidemment, de prime abord, on pourrait se demander quel est l’intérêt pour la marque au caméléon d’opérer un tel changement. La Titan seule, et sans vous dévoiler l’exacte teneur des performances que nous avons mesurées, peut difficilement espérer rivaliser avec une Arès II - ou moins clinquant, avec un CrossFireX de HD 7970 - quand bien même celles-ci seraient amputées d’une partie de leur puissance par des profils logiciels bancals. Par ailleurs, la seconde option made in AMD mentionnée reste commercialement moins chère, et bien plus attractive, grâce au bundle de jeux qui l’accompagne. D’un autre côté, la solution mono-GPU de Nvidia offre une consommation réduite, et un encombrement minimum… Mais une nouvelle fois, sur un créneau de prix aussi élevé, qui s’en soucie ? De même que la Arès 2 n’intéressera qu’une élite focalisée sur les performances, la Titan ne sera jugé par le commun des mortels que sur cet aspect. De fait, AMD a-t-il raison en affirmant que la Titan n’a pas sa place sur le marché grand public actuel ?

Nvidia GTX Titan (1)Nvidia GTX Titan (2)  Nvidia GTX Titan (5)  Nvidia GTX Titan (4)

Peut-être, si l’on considère cette nouvelle carte comme une simple réponse de Nvidia à son concurrent sur le segment du très haut de gamme. Toutefois, (notez bien qu’il s’agit là de pures suppositions de notre part) si on la considère comme une arme plus globale, dont le fabricant va se servir pour démontrer un savoir-faire, la démarche prend alors tout son sens.

Et qu’est-ce que Nvidia voudrait démontrer ? Par exemple, qu’il est capable d’offrir une solution GPU qui laisse littéralement sur place la prochaine génération de consoles (dont le fabriquant sera a priori exclu), tout en réussissant à tenir dans une boite à chaussure (boîte que l’on mettrait dans un salon). Egalement, via le système GeForce Experience, il montre que n’importe quel non initié peut maintenant jouer sur PC sans savoir ce qu’est l’anti-aliasing, ou le filtrage anisotropique, et au travers d’une interface aussi agréable qu’efficace (Nvidia est à ce titre en partenariat avec Valve sur le développement de Big Picture).

Enfin, il prouve que cette expérience ludique sera accessible aussi bien sur une télé que sur un PC, ou une Shield, grâce au GRID. En résumé, et au-delà d’un simple produit GPU, le constructeur entend surtout compléter un écosystème, qui aspire à envahir vos salons en lieu et place des Sony et autre Microsoft (qui sont d'ailleurs équipés par la concurrence), un but jusqu’ici inatteignable avec des solutions trop volumineuses et dévoreuses de Watts... même si en l'état, Titan garde le form-factor d'une carte dual-slot classique.

De la théorie à la pratique

Maintenant, la question reste la suivante : derrière ces belles théories de conquête du monde, la Titan a-t-elle réussi à prouver quoi que ce soit ? Déjà, d’un point de vue visuel, Nvidia aura au moins réussi à marquer les esprits, puisque sa carte juste déballée se montre très à son avantage, grâce à un design beaucoup plus travaillé qu’à l’accoutumé, et largement inspiré de celui de la GTX 690. D’une taille très légèrement supérieure à une GTX 680 de référence, la GTX Titan dispose ainsi d’un large carter en aluminium brossé, d’un logo vert rétro éclairé, et d’un système de refroidissement robuste qui respire la qualité.

Du côté des sorties, on trouvera une offre complète, composée de deux ports Dual Link DVI, d’un port HDMI, et d’un Displayport 1.2. L’alimentation est quant à elle assurée par deux connecteurs 6 et 8 broches. Concernant sa structure interne, vous trouverez ci-dessous un bref récapitulatif des spécifications de la Titan, ainsi que celles, à titre comparatif,  de deux autres cartes mono-GPU, les GTX 680 et HD 7970 GHz Edition.

Référence GTX TITAN
GTX 680
HD 7970 GHz
Dénomination GPU GK110 GK104 Tahiti XT2
Unités de calcul 2688 1536 2048
Horloge GPU (MHz) 837 1000 1000
Horloge GPU Boost (MHz) 876 1100 1050
Nombre de transistors (milliard) 7,1 3,5 4,3
Puissance de calcul SP (GFlops) 4500 3090 4300
Puissance de calcul DP (GFlops) 1300 129 1075

Taille mémoire DDR5 (Go)

6 2 3
Interface mémoire (bits) 384 256 384
Fréquence mémoire (MHz) 1500 1500 1500
TDP (W) 250 195 250
Connecteurs d'alimentation 6+8 6+6 6+8
Prix (euros) 950  450-530 400-450

Nvidia GeForce GTX Titan (1)  Nvidia GTX Titan (11)

                                         La Titan mise à nue                    Côte à côte, une GTX Titan, une GTX 680, et une HD7970

Bien… Maintenant que les enjeux sont posés, et que les présentations sont faites, passons aux tests ! Comme d’habitude, ces derniers sont répartis entre benchmarks synthétiques, mesures de températures, de consommation, de bruit, et essais en conditions réelles, sur un panel de jeux représentatifs : Battlefield 3, Crysis 2, Batman Arkham City, et quelques autres. Une remarque toutefois : vous constaterez, sans doute avec une pointe de déception, que les cartes qui nous ont servis de base de comparaison sont moins nombreuses que d’habitude. A cela une raison simple, et que nous nous devions de préciser : le test de cette carte Titan est tombé en pleine rénovation de notre banc d’essai (dont vous avez un aperçu des nouvelles caractéristiques ci-dessous), et dans le temps que la carte Titan nous a été confié, il ne nous a pas été permis de refaire la totalité de notre base comparative. Les tests que nous avons pu effectuer restent toutefois suffisamment éloquents, et feront de toute façon l’objet de mises à jour, au fur et à mesure que nous intégrerons de nouvelles données dans les jours à venir.

Nvidia GeForce GTX Titan (2)  Nvidia GeForce GTX Titan (3)

Configuration de test :

Processeur : Intel Core i7 3930K @ 3,20 GHz
Carte mère : Asus ROG Rampage IV Formula
Ventirad : Cooler Master Seidon 120M
RAM : Corsair 2 x 4 Go DDR3 1600 MHz
Stockage : SSD OCZ Agility 3 240 Go
Alimentation : Seasonic 650W 80+ Gold
Moniteur : LCD HP LP3065 30" 2560x1600 pixels
OS : Windows 7 Ultimate 64 bits

Pilotes :

Nvidia : 310.90 WHQL
NVidia GF GTX Titan : 314.09
AMD : Catalyst 13.1 WHQL

Cartes intégrées dans nos tableaux comparatifs :

•    NVIDIA GeForce GTX 690 (4 Go)
•    Asus ROG Ares II 6GD5 (6 Go)
•    AMD Radeon HD 7970 GHz Edition (3 Go)
•    NVIDIA GeForce GTX 680 (2 Go)
•    NVIDIA GeForce GTX 670 (2 Go)
•    NVIDIA GeForce GTX 660 (1,5 Go)
•    AMD Radeon HD 7950 (3 Go)
•    AMD Radeon HD 7870 (2 Go)

Jeux et logiciels utilisés pour les benchmarks :

3D Mark 2013 Fire Strike, réglages Normal
3D Mark 11 Onglet Advanced, Mode Extrême
Crysis 2 CryEngine 2 Qualité Ultra / DX11 / Map Time Square 2560x1600, 1920x1080
Sans AA et AA 4X
Batman Arkham City Unreal Engine 3 Qualité Extreme / DX11
Metro 2033 4A Engine Qualité Very High / Map Frontline / DX11
Dirt 3 Ego Engine Qualité Ultra / Aspen
F1 2012 Ego Engine Qualité Ultra / Monaco

Aliens Vs Predators

Asura Engine Qualité Very High
Battlefield 3 384 Qualité Ultra / Mission Guillotine

 

Alors ? Un GPU pour les gouverner tous ?

Enfin, la réponse à LA question : la Titan vaut-elle les performances que Nvidia nous vante depuis quelques semaines ? Oui, mille fois oui… En fait, la carte impressionne bien sûr par sa vélocité face aux configurations mono-GPU existantes, mais sa supériorité est encore plus criante lorsque ces résultats sont mis en parallèle avec sa consommation, 370 Watts lorsque la bête est poussée dans ses retranchements. On est à une cinquante de watts à peine d’une GTX 680, alors que cette dernière est largement devancée en efficacité de calcul : en moyenne, et sur la totalité des jeux passés en revue, la Titan affiche des performances en hausse de 40% par rapport à son alter ego de la "génération" précédente (pour mémoire, la différence entre une GTX 580 et une GTX 680 à sa sortie se situait plutôt autour des 20%). Côte AMD, l’écart avec une HD 7970 GHz Edition se réduit, bien sûr, mais reste conséquent : la Radeon affiche des résultats en recul de 22 % en moyenne par rapport à la Titan.

Benchmark Nvidia GTX Titan - 3DMark Benchmark Nvidia GTX Titan - Récapitulatif Base 100

Benchmark Nvidia GTX Titan - Températures Benchmark Nvidia GTX Titan - Nuisances sonores Benchmark Nvidia GTX Titan - Consommation électrique

Consulter l'ensemble de nos mesures sur la carte Nvidia GeForce GTX Titan

Cependant, et si la GTX Titan est par essence une carte mono-GPU, difficile en considérant la gamme de prix dans laquelle elle se situe, de ne pas la comparer à une GTX 690 d’un côté, et à une Arès 2 de l’autre, les deux cartes bi-GPU les plus solides à l'heure actuelle. Et sur cette seconde mi-temps, si la carte ne sort pas vainqueur sur les chiffres brutes, elle n’en reste pas moins impressionnante, et notamment, elle tend à valider la stratégie de la firme de Santa Clara de s’appuyer sur une technologie certes moins puissante sur le papier, mais tellement plus stable dans la pratique que le SLI / CrossFireX. Une stabilité qui lui permet d’afficher des performances globales en jeu inférieures seulement de 6% à une GTX 690, et de 8% à une Arès 2, alors que quelques instants plus tôt, la Titan se faisait rouler dessus dans des benchmarks synthétiques comme 3DMark 11. Enfin, signalons sur un plan plus qualitatif, cette fois, que nous n’avons constaté aucun micro lag durant nos tests de la Titan, un phénomène qui en revanche, continue de polluer régulièrement la qualité des rendus de la plupart des configurations bi-GPU.

Le GPU à tout faire

Dès lors, la messe semble dite : l’encombrement est faible au regard de la puissance proposée, la consommation est mesurée, et la nuisance sonore demeure stable par rapport à une GTX 680. Au-delà de ça, la carte propose en sus quelques nouvelles fonctionnalités intéressantes. Par exemple, pour les professionnels ne souhaitant pas investir plusieurs milliers d’euros dans une carte tesla K20 (voir notre encadré), Nvidia a intégré à ses pilotes une option qui permet de tirer parti de l’architecture K20, et de débrider les calculs en double précision. Cette manipulation aura néanmoins pour effet de désactiver le système GPU Boost, qui lui, va optimiser au mieux les constantes de la carte dans le cadre d’une utilisation gaming.

Le GPU Boost, justement, se voit gratifier d’une mention 2.0, qui signe une nouvelle orientation dans la manière de prioriser les différents paramètres de fréquence, tension, température et puissance. Auparavant, le système se focalisait exclusivement sur la consommation énergétique, pour ajuster la fréquence de fonctionnement de la carte et la tension du GPU. Avec cette nouvelle mouture, le système surveille plusieurs paramètres à la fois, dont la température, qui se voit consigner à 80°C par défaut. Dès lors, tant que l’on reste dans cette limite, on peut jouer sur tous les autres paramètres et régler la carte en fonction de l’utilisation que l’on veut en faire : privilégier les performances, le silence... Et pour ceux qui voudrait lâcher les chevaux, pas de problème : contrairement à la GTX 680, Nvidia a prévu un degré supplémentaire d’utilisation, dans lequel tous les paramètres seront modifiables à loisir, avec toutefois le risque d’engager la durée de vie du produit. Plus la 3D Vision, plus l’overclocking Vsync, plus, plus, plus, …

Au final, vous l’aurez compris, la GeForce GTX Titan nous a séduits... séduits par son approche mono-GPU, par les performances qu’elle offre, par le soin qu’elle prend à sauvegarder l’environnement (enfin presque...), par son design également. Reste le prix, qui aurait mérité d’être peut être un poil revu à la baisse, quitte à lâcher un peu de lest sur le côté luxueux et unique de l’objet, pour se réaligner commercialement sur un AMD qui conserve quelques solides atouts, entre un bundle attractif, et des duos de cartes HD 7970 GHz autour des 900 euros. Toutefois, souvenez-vous : Nvidia cherche à vendre, mais pas que, il cherche aussi - et surtout ? - à convaincre, et sur ce plan, l’opération est plus que réussie.

LE VERDICT

Produit d'exception, nouveau fer de lance de la marque en matière de GPU grand public, alliant les performances à une consommation et un encombrement minimaux : les promesses de Nvidia étaient nombreuses concernant cette nouvelle carte GTX Titan et force est de constater que la plupart se sont largement concrétisées. Moins véloce sur le papier que des solutions bi-GPU haut de gamme, elle arrive pourtant à se hisser à leur niveau, grâce à une stabilité exemplaire en termes de performances. Et s'il reste encore difficile d'évaluer le potentiel commercial de la bête, eu égard à son prix élevé, le fait est que la nouvelle bombe de Nvidia nous a séduit, et ouvre de belles perspectives pour la marque, au milieu des projets Shield, GRID ou GeForce Experience.

Les plus
  • Même encombrement qu'une GTX 680...
  • Pour des performances améliorées de 44%
  • S'affranchit des problèmes liés aux solutions bi-GPU
  • Jolie et bien finie
  • Refroidissement efficace
  • Un GPU Boost 2.0 plus fonctionnel
Les moins
  • Son prix

COMMENTAIRES
#1 - Le 21/02/2013 à 15:06

J'aurais surtout aimé voir la comparaison entre la Titan et la GTX 690 vu qu'elles ont toutes les deux le même prix.

#2 - Le 21/02/2013 à 15:16

"Une stabilité qui lui permet d’afficher des performances globales en jeu inférieures seulement de 6% à une GTX 690"... Si si, c'est dans le test, mais il faut tout lire wink

+0
Avatar de Pt1t
Pt1t
#3 - Le 21/02/2013 à 15:22

Le Monsieur de 3dmark avait dit qu'on ne pouvait pas nommer le nouveau 3dmark ,3dmark 2013 :p

#4 - Le 21/02/2013 à 15:27

Oui, c'est un peu comme le nouvel iPad wink

#5 - Le 21/02/2013 à 16:13 - modifié le 21/02 à 16:15

Denis Leclercq
"Une stabilité qui lui permet d’afficher des performances globales en jeu inférieures seulement de 6% à une GTX 690"... Si si, c'est dans le test, mais il faut tout lire wink


Merci, je n'avais pas vu !

#6 - Le 21/02/2013 à 16:27

il est ou le temps d'une 3dfx voodoo 16mega à 1790fr ? sont serieux avec leur prix de malade , jamais les nouvelles technologies ont couter aussi cher depuis que c'est moins cher à produire .

#7 - Le 21/02/2013 à 17:23

ezekiel011
à produire .


Comme tu dis si bien, il y a la R&D aussi le marketting, le gens qui netoie les batiments, les batiments ect ect ...

#8 - Le 21/02/2013 à 17:31

Et accessoirement, une carte comme ça coûte pas forcément moins cher à produire qu'une Voodoo à l'époque. Je dirais même probablement pas.

+0
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sasuun
#9 - Le 21/02/2013 à 20:22

Si on la garde 5 ou 6 ans, cela n'est pas forcément beaucoup plus chère que quelqu'un qui se paye une carte à 270 € tous les 2 ans...

#10 - Le 21/02/2013 à 20:34 - modifié le 21/02 à 20:39

sasuun
Si on la garde 5 ou 6 ans, cela n'est pas forcément beaucoup plus chère que quelqu'un qui se paye une carte à 270 € tous les 2 ans...
Certes.

Sauf qu'en faisant ça, tu te retrouves aujourd'hui avec une carte surpuissante, donc sous-exploitée par les jeux, et dans 4 ans avec une carte moins performante qu'une carte à 270€...

À ton avis, qui s'en sort mieux dans les jeux aujourd'hui : celui qui a acheté une 8800 Ultra à 700€ il y a 6 ans ou celui qui a acheté une Radeon 6870 à 200€ il y a deux ans ?

Les commentaires sur ce document sont clos.

Publié le Par David Vandebeuque
Catégorie : Hardware, Carte graphique
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16 commentaires
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