François Hollande et Hadopi : le projet se précise

Dans l'équipe de François Hollande, Aurélie Filippetti est chargée des médias, de la culture et de l'audiovisuel. Comment se positionne le candidat socialiste par rapport à la Hadopi ?

Le candidat à l'élection présidentielle du Parti Socialiste, François Hollande, ne porte pas Hadopi dans son coeur et a déjà à maintes reprise signalé qu'il s'agissait d'une mauvaise loi, assortie d'un mauvais dispositif, celui de la riposte graduée. Mais pour le moment, outre l'abrogation du texte de loi, les mesures qu'il propose restent floues. Si bien d'ailleurs que personne ne sait où il veut précisément en venir sur le sujet. A priori, il n'entend pas mettre en place un dispositif de licence globale s'il est élu, mais a parlé de tout mettre en oeuvre pour renforcer l'intérêt des offres légales de consommation de contenus via Internet.

Aurelie FilippettiGrâce à l'intervention d'Aurélie Flilippetti dans La Tribune, nous en savons aujourd'hui un peu plus. Celle qui est chargée des médias, de la culture et de l'audiovisuel dans l'équipe de François hollande, a donc tracé des contours un peu plus précis concernant le sort que réserverait à la Hadopi un François Hollande président. Il s'agirait d'imposer "à tous les acteurs de l'économie numérique une contribution au financement de la création artistique", mettant à contribution aussi bien les fournisseurs d'accès que les usagers, mais aussi les géants du Web comme Google ou Amazon.

"Les créateurs doivent être rémunérés pour chacune de leurs oeuvres. Mais le prix de l'offre légale devra baisser. Et de nouvelles ressources trouvées en taxant les fournisseurs d'accès Internet, les fabricants de matériels, et les sites comme Google ou Amazon. Taxer ces derniers n'est pas impossible, mais cela passe par une négociation européenne. Il est aussi possible de rechercher des accords avec ces sites, comme l'ont fait les bibliothèques avec Google. Toutefois, je suis favorable à un dispositif réservé aux étudiants, qui leur permette d'accéder aux oeuvres, légalement mais à moindre coût. Cela se fera bien sûr en accord avec les créateurs" précise-t-elle.

Pour un raccourcissement de la chronologie des médias

En outre, François Hollande devrait militer pour un raccourcissement de la chronologie des médias qui définit les délais légaux qui doivent être observés entre la sortie d'un film en salles, sa commercialisation en DVD et sa présence sur les services de VOD et SVOD. Ce qui n'enchante guère les industriels du cinéma. Aurélie Flilippetti milite également pour des formules à abonnement plus développées et la création d'un portail public concentrant en un même endroit sur Internet tous les contenus de l'offre légale.

"Nous arrêterons d'envoyer des emails, c'est inefficace et intrusif. Hadopi n'a pas fait baisser le téléchargement, mais a juste poussé les internautes vers le streaming et le téléchargement direct. L'affaire Megaupload montre bien que Hadopi n'a rien résolu" termine-t-elle. Certaines de ces idées sont bien entendu séduisantes, mais largement soumises à la bonne volonté des ayants-droit, industriels, majors et autres syndicats. Or on sait qu'en la matière, les accords favorables à une diffusion plus large et moins chères sont difficiles à trouver...

Les commentaires sur ce document sont clos.

Publié le Modifié Par
Catégorie : Internet
18 commentaires
POUR NOUS SUIVRE...
newsletter

ACTUALITÉS
Macworld
PCWorld