Test : Assassin's Creed III

Assassin's Creed 3 mérite décidément bien son nom... Il s'approche lentement, l'air de rien, dans votre dos, et BIM : avant que vous ayez le temps de réaliser, il vous poignarde à grands coups de gameplay qui poutre, et assassine par la même occasion ce qui vous restait de vie sociale.

Aaaah… La vieille angoisse de la page blanche. Ça fait un moment que cela ne nous était pas arrivé. Pourtant, ce matin, tout allait pour le mieux : un petit tour de chauffe sur le communiqué de presse du dernier tapis de souris de monsieur Cooler Master, la découverte rafraichissante de Dungeonland, suivi d’une petite session de jeu pour bien se remettre dans l’ambiance… Tous les éléments semblaient converger vers la naissance prochaine d’un grand, beau et long test de cet Assassin’s Creed III. Et pourtant, depuis une petite heure maintenant, c’est plutôt le sentiment d’une profonde misère intellectuelle qui prédomine : pas une ligne, pas un bon mot, et un encéphalogramme aussi plat qu’une chips écrasée. Alors quoi ? Il est trop mauvais, ce troisième volet sur PC ? On a peur d’en parler ? De décevoir ? Et de se faire clouer au pilori par une meute de fans de la première heure ? Du tout. Notre avis sur le jeu est fait, et il est du reste très positif. Non, définitivement, la cause de notre tracas serait plutôt imputable à une sorte de complexe d’infériorité…

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En effet, c’est là notre premier vrai contact avec la fameuse licence d’Ubisoft, et grande est la peur d’écrire une ânerie, ou de réaliser que, par notre manque d’expérience, nous sommes complètement passés à côté d’un élément clef de l’histoire ou du gameplay. D’ailleurs, on notera au passage qu’Ubisoft n’aura rien fait pour nous simplifier la tâche, distillant les chausse-trappes à l’attention des non-initiés avec une certaine fourberie. Du coup, on ne saurait trop vous conseiller de ne venir sur ce troisième épisode QU’APRES avoir bouclé les deux précédents. Précisons que ne pas le faire n’enlèvera au final rien à la qualité du jeu. Toutefois, cela vous évitera, par exemple, ce grand moment de solitude lors de la séquence d’introduction, où vous, pauvre joueur fraichement débarqué, aurez deux minutes chrono pour assimiler des notions aussi étranges que l’Animus, Ezio, les templiers, ou Abstergo. Deux minutes, on ne vous le cache pas, c’est un peu court. Dans la même optique, ceux d’entre vous dont l’expérience « Assassin’s Creed » se résume à des « on dit » et qui s’attendaient à atterrir dès le début dans un monde très ouvert, rempli de nombreuses quêtes, ceux-là en seront pour leur frais. Les 6 à 8 premières heures sont d’une linéarité et d’un dirigisme exemplaire.

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Ceci étant dit, pas de panique : de même que l’on réussira finalement à s’imprégner assez rapidement des tenants et des aboutissants de l’histoire, grâce à une intrigue qui s’étoffera tout en douceur, on découvrira que nos premières aventures feront en fait office de grand tutoriel, au sein duquel on pourra se familiariser avec les différentes mécaniques du jeu, qui seront nombreuses : les coffres à découvrir et à crocheter, les points de vue à escalader pour se « synchroniser » avec un lieu, la chasse, le crafting, et bien sûr, les milles et une manière d’assassiner un bonhomme avec élégance, à mains nues, façon Scorpion dans Mortal Kombat (notre préféré), avec un arc, un mousquet qu’on aura ramasser, ou une poêle à frire…

La gestion des assassinats / combats, et d’une manière plus générale, la gestion des mouvements de notre héros, ce sera clairement l’un des plus produit de cet épisode : dans le premier cas, on disposera d’un bouton pour attaquer, un pour contrer, un pour casser la distance ou feinter. En tout, seulement trois boutons, et pourtant, une multitude de mouvements différents qui s’enchaîneront avec une fluidité quasi parfaite (petite remarque : le clavier et la souris fonctionnent très bien, mais d’expérience, il est tout de même plus agréable de jouer au pad). Même constat lorsqu’il s’agira de gérer les déplacements de notre héros : que ce soit pour s’élancer de branches en branches, pour plonger sur une cible, ou pour grimper au sommet d’une falaise, l’exécution se montre toujours à la fois simple, efficace, et belle.

Révolution graphique

Et si l’on parle de beauté, comment ne pas évoquer les environnements magnifiquement modélisés qui s’offriront à nous… Une fois dans la peau du jeune indien Mohawks Ratonhnhaké:ton, alias Connor Kenway, vous pourrez explorer librement trois régions différentes, qui seront Boston, New York et une zone forestière appelée la Frontière. Et chaque fois, leur découverte sera un vrai plaisir pour les yeux, à tel point que l’on pourra se surprendre à se lancer dans une longue séance de chasse (un élément assez secondaires du jeu, donc), rien que pour le plaisir de pouvoir côtoyer cette nature si virtuelle, et pourtant si vivante : ça fourmille de détails, de gens qui discutent, d’animaux, de mouvements, le tout étant rehaussé par des changements climatiques réguliers, et des cycles jour / nuit très réussis.

A ce titre, l’ambiance sonore est également à saluer, autant pour la composition des musiques, que pour la justesse des bruitages ou des doublages. Par contre, il faut le savoir, vous ne serez pas tous égaux devant le formidable moteur de ce Assassin’s Creed III, l’Anvil Next. D’un côté, il y aura ceux qui pourront bénéficier d’une expérience graphique pleine et entière : il s’agira des possesseurs de cartes NVIDIA (ne vous enflammez pas tout de même : comme le montrent nos mesures ci-dessous, AC III se place parmi les jeux les plus gourmands testés dernièrement. De plus, le titre n’est pour le moment pas compatible 3D Vision, la faute à un rendu des effets d’ombres défaillant). Et en face, il y aura les autres, ceux qui ne disposeront « que » de cartes AMD, et qui en seront pour leur frais côté rendu et performances, sur ce jeu en tout cas. D’ailleurs, les différences mises en évidence entre les deux constructeurs sont si importantes que nous avons décidé de nous y arrêter plus longuement que d’habitude.

 Bench Assassin's Creed III
Autre étrangeté côté AMD : impossible de passer la barre des 60 FPS. De fait, les valeurs
config mini n'ont pas été incluses dans notre tableau de mesures.

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Assassin's Creed III sous différents réglages graphiques, à gauche au minimum, à droite, au maximum

Comme nous le soulignions plus haut, côté NVIDIA, rien à dire : le jeu est gourmand, certes, mais en dehors des problèmes de collisions qui sont légions, et pas forcément imputables au fondeur de Santa Clara (PNJ qui passe à travers une palissade lors d’un combat, animal qui meurt empalé dans un arbre, fusil suspendu en l’air, etc, etc.), le rendu est propre et fluide. En revanche, nous avons mesuré des performances côté AMD très en retrait par rapport à ce que l’on avait l’habitude de voir : la HD 6870 se fait par exemple largement toisée par la GTX 560 Ti, alors que les deux cartes sont en règle générale de force équivalente. Pour le match GTX 660 / HD 6970, même résultats, et même surprise : NVIDIA est largement devant.

Plus inquiétant, les carte de série HD 7900 ont non seulement montré des performances très faibles, mais ont révélé une mauvaise gestion de l’anti-aliasing lorsque celui-ci était poussé à son maximum, entrainant l’apparition d’artefacts partout sur l’écran. Attention toutefois : ce problème ne concerne bien que les cartes HD 7900 (nous en avons testé deux), et a trouvé sa solution en installant les pilotes Catalyst 12.11 bêta. Toutefois, cette amélioration se fera au prix de performances catastrophiques, nos mesures indiquant alors 17 FPS en moyenne avec tous les options au taquet, et avec une HD 7970 GHz Edition dans le moteur. De fait, si vous souhaitez jouer dans de bonnes conditions, mieux vaudra sacrifier un cran d’antialising (réglage « Haut »). Les performances remonteront alors sensiblement, passant de 17 à 45 FPS, toujours sur une HD 7970 GHz Edition.

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Bien… Maintenant que les questions techniques sont évacuées, revenons sur le fond du jeu. Nous l’avons dit, sur un plan esthétique, cette version PC envoie du petit bois bien tassé. Cependant, AC III ne se résume nullement à une simple et jolie carte postale, loin de là. Le titre est même un exemple assez pertinent de ce que l’on peut obtenir en associant avec brio une trame scénaristique solide et envoûtante et un parc d’attractions aussi riche qu’immense. Du premier point, on retiendra notamment ce twist original qui marquera la fin du prologue, et plus globalement, la qualité constante de l’aspect narratif, et ce, même si quelques dialogues pourront paraître longuets ça et là. Egalement, une des forces du scénario sera de nous emmener sans cesse vers des expériences variées et originales, nous projetant tantôt dans la peau de Heytham, puis celle de Connor, ou de Desmond. Parfois (souvent) pour assassiner un gêneur, mais pas seulement : poursuite à cheval, espionnage, escorte de VIP, et même bataille navale… On ne s’ennuiera jamais dans ce contexte historique de guerre d’indépendance dont la précision factuelle, bien que secondaire, permet de donner encore un peu plus de corps à nos aventures.

Assassin's Creed III (20) Assassin's Creed III (22) Assassin's Creed III (21) Assassin's Creed III (11)
Autant les séquences de sauts de l'ange sont magnifiques, autant l'atterissage qui nous
fait traverser une grosse texture de foin toute moche, ça casse un peu le mythe... (image de droite)

Quant aux activités plus libres, elles seront tout aussi nombreuses et bien huilées : nous avons ainsi parlé de la chasse ou du crafting, mais on trouvera également une composante gestion avec la conduite du domaine de Davenport, les missions « frontaliers », les livraisons de courrier (pas la partie la plus intéressante, reconnaissons-le), ou les prises de forts anglais, dont on signale au passage qu’elles pourront donner lieu à de formidables moments de bravoure ou d’infiltration, ou à une suite de scènes rocambolesques, la faute à une IA pas toujours finaude, et aux soucis de collision dont nous parlions plus haut. Rien de très perturbant toutefois, d’autant que si l’on ajoute à cela une partie multi très réussie, on obtient finalement un produit à la durée de vie faramineuse, qui vaudra largement les 50 euros que vous aurez investis. Car oui, c’est un fait : Assassin’s Creed III fait indéniablement partie des titres recommandables, voire, à offrir, en cette fin d’année. Quant à nous, on ne vous cache pas que l’on va mettre en pause nos aventures américaines, et n’y voyez surtout aucune lassitude, mais plutôt l’envie d’en savoir un peu plus sur cet Ezio dont il parait qu’il possédait un certain charme, lui aussi.

LE VERDICT

Riche, envoûtant, superbement réalisé, surprenant... Pas besoin d'avoir arpenté en long, en large, et en travers les précédents épisodes de la série pour réaliser que Assassin's Creed III fait partie des excellents jeux à posséder dans sa ludothèque. Ubisoft finit ainsi en apothéose cette première trilogie, qui aura su mêler avec brio plaisir de jeu et réalité historique.

Les plus
  • La qualité de la réalisation
  • Intrigue rondement menée
  • Un immense terrain de jeu
  • La richesse du contexte historique
Les moins
  • Prologue un peu long
  • Les coups de folie de l'IA
  • La gestion des collisions, c'est parfois n'importe quoi...

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Publié le Par David Vandebeuque
Catégorie : Jeux Vidéo
10 commentaires
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