Bastion : l'action/rpg qu'il vous faut essayer !

Il s'agit du buzz de l'été sur le XBox Live Arcade. Bastion a beaucoup fait parler de lui avec ses graphismes attirants et sa narration dynamique. Mérite-t-il vos MS Points pour autant ?

Si Microsoft a choisi Bastion pour lancer son habituelle campagne estivale de promotion du Xbox Live Arcade, ce n’est pas un hasard. En effet, le premier jeu de Supergiant Games est à classer dans la catégorie "pépites téléchargeables" qui s’enrichit de plus en plus régulièrement. Très talentueux, ce petit développeur a tout compris de ce qui fait l’essence d’un jeu réussi sur le XLA. Artistiquement très abouti, Bastion reprend à son compte des mécaniques de progression bien connues de l’action/rpg (camouflant un système de combat technique et tactique derrière un gameplay en apparence simplifié), sans oublier d’ajouter une pincette d’innovation, histoire de se différencier.

"Et le Kid se réveilla..."

Pour tout dire, Bastion réinvente la narration en commentant de manière dynamique – sur le ton du conteur d’histoires – les moindres faits et gestes du héros (le Kid), qui avance dans des niveaux rétrogrades en 3D isométrique qui se forment sous ses pieds. Un narrateur qui, avec sa voix grave et sérieuse, n’hésite pas à mettre en valeur les prouesses de notre héros tout en raillant avec cynisme ses mauvais pas de temps à autre. En alternant le sérieux (qu’il est trippant de s’entendre raconter ses exploits en temps réel dans le feu de l’action !), et des réflexions plus drôles, Bastion trouve le parfait équilibre, évitant à cet accompagnement permanent de rapidement devenir indigeste.

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Bien sûr, Bastion a d’autres atouts pour vous scotcher à l’écran. On l’a dit, ses graphismes (nés du crayon de JenZee) sont enchanteurs. En termes d’univers, on navigue entre fantaisie inventive et références aux jeux d’aventure de notre enfance, parcourant des niveaux dans lesquels la perspective isométrique sert un game-design ingénieux. Car si les pièces et les couloirs apparaissent à mesure que le Kid progresse, c’est pour mieux intégrer les déplacements comme composante à part entière du gameplay. Les esquives - très utiles au demeurant - doivent être millimétrées pour éviter de tomber dans le vide, se manger une remarque du narrateur et perdre quelques précieux centimètres de vie.

Plaisir pour les yeux, et pour les doigts

L’intégration des éléments renvoyant au jeu de rôles est également impressionnante de maîtrise. C’est ni trop, ni pas assez. On est ravi de voir que le système de combat se repose sur une gestion des points de vie, que Bastion donne de l’importance aussi bien aux coups critiques qu’aux choix du joueur qui permettent diverses approches (finesse ou bourrinage), sans toutefois que la gestion de l’évolution du personnage, de ses armes ou de son inventaire ne soit trop prise de tête, ou qu’elle renvoie au second plan la dextérité du joueur pad en mains. Une balance qui a son importance dans un jeu d’action comme Bastion qui, très linéaire, aurait eu vite fait de devenir rébarbatif sans cela, en dépit de ses nombreuses autres qualités.

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Supergiant Games s’offre-t-il alors le luxe d’un sans-faute pour son premier jeu ? Presque, car quelques ajustements auraient pu permettre à cette épopée d’être encore plus plaisante. A commencer par une traduction intégrale en français, qui aurait évité aux joueurs mal à l’aise avec l’anglais d’avoir à s’attarder sur le sous-titrage en plein cœur de combats qui ne laissent que peu de place à l’improvisation. On regrette aussi que la visée automatique des armes de jet ne soit pas plus instinctive, et que le grand nombre d’ennemis sur des passages resserrés entame parfois la lisibilité des débats. Au-delà de ces quelques écueils, on peut affirmer sans crainte que Bastion est une vraie réussite, jusque dans la gestion de la difficulté, loin d’être évidente pour un jeu du genre.

Un jeu frais, beau, plus profond qu’il en a l’air et pas (trop) cher, qui propose même une rejouabilité intéressante une fois la quête accomplie une première fois en cinq à six heures (recommencer avec son perso à bloc, faire des choix différents sur la fin et s’obliger à changer d’armes et de style de jeu…). Car même une fois le Bastion reconstruit et l’univers sauvé de la Calamité, il est toujours bon d’aller s’acharner sur des hordes d’ennemis tout en profitant de la somptueuse direction artistique du jeu. En voilà un qui, pour sûr, vaut ses 1 200 MS Points.

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Catégorie : Jeux Vidéo
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