Test : DmC Devil May Cry

Publié le par dans Jeux Vidéo

Je suis beau, jeune, j'ai plutôt une grande gueule mais on me pardonne parce que j'ai le "swaaag"... Ah oui, je suis mi ange, mi démon, et j'arrive à faire pleurer le Diable en personne... Je suis ? Je suis ?

Allez savoir pourquoi, jusqu’ici, la série Devil May Cry n’avait jamais suscité chez nous de curiosité particulière. Peut-être le manque de temps, et l’impossibilité de tout essayer, tout tester, sont-ils à blâmer. Peut-être nous sommes nous également laissé emporter par une sorte de « snobisme du joueur PC », qui nous a poussé  instinctivement à ne jamais mettre les pieds dans la mythologie d’un beat’em all tellement plus mis en avant sur console que sur nos machines. Quoiqu’il en soit, cette fois, il n’était plus question de reculer ! Le destin en avait décidé ainsi : nous allions passer les prochains jours à dérouler une dance macabre en compagnie du fameux Dante.

Evidemment, comme pour toutes les premières rencontres, celle-ci fut teintée d’hésitations et de perplexité : toutes ces couleurs, tout ce clinquant, toutes ces scènes au ralenti, et toutes ces phrases lancées à l’emporte-pièce, du genre « C’est tout c’que t’as à me donner, gros tas ? » ou encore « Viens là que j’t’explose, gros cul ! »… Forcément, au début, on se dit que Dante est peut être un bon danseur, mais que sa gueule de premier de la classe arrogant tout autant que son QI, plus proche de celui d’un bulot cuit que de celui d’Einstein, vont vite nous lasser.

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Cacher ce sexe, que je ne saurais voir (première image à gauche, bande de pervers)

Au nord, c’était les démons

Et puis les monstres et les décors fantasques s’enchaînent, les âmes perdues tombent dans notre escarcelle au fur et à mesure de nos combos mortels… C’est vrai qu’il est un peu concon, l’ami Dante, et qu’il n’a pas l’air de bien savoir où il va et pourquoi… nous non plus, par la même occasion. Mais il faut lui rendre justice : lorsque qu’il s’agit de mettre de l’ambiance quelque part, le jeune garçon se pose là. Il faut aussi dire que les développeurs ont offert à notre héros tout un arsenal pour nous faire oublier les incohérences et la platitude de ses aventures. En premier lieu, on citera sa playlist de mp3, qui envoie du petit bois bien tassé : entre électro planante et métal bien rugueux, vous êtes immédiatement pris d’une soudaine envie de massacrer du démon au kilomètre.

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Les âmes collectés en combat permettront d'améliorer les compétences de Dante

Même chose concernant les différentes armes que notre ami pourra arborer : elles ne sont pas seulement classes, variées et nombreuses, elles amènent également une vraie valeur ajoutée, laissant au joueur le choix du tempo avec lequel il souhaite tailler dans le gras : tandis qu’Osiris la faux et Rébellion l’épée découperont leurs adversaires avec vitesse et fluidité, Arbiter la hache et Eryx les gants d’acier auront une approche…disons… plus rustre, et forcément plus lente. L’utilisation du fouet sera également un vrai plaisir, soit par les options de déplacement qu’il offrira, soit par la possibilité qu’il donne de se saisir d’un ennemi pour l’amener à distance de frappe.

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Le passage d'une arme à une autre se fait très naturellement en utilisant les gâchettes du pad

Les ennemis, tiens, justement, parlons en… Eux aussi participent largement à donner au jeu un certain cachet. Certes, on aurait sans doute aimé qu’ils nous offrent un poil plus de variété, et qu’ils soient un peu plus nombreux, mais ils n’en resteront pas moins affreux comme il faut et proposeront un divertissement efficace, à défaut d’être particulièrement coriaces. Notez tout de même que 4 modes de difficultés supplémentaires s’ajouteront aux 3 de départ, une fois le jeu bouclé. Par ailleurs, des mini-boss viendront pimenter les combats de temps en temps, en demandant des tactiques spécifiques, ou un peu plus de jugeote que d’habitude, pour être occis. Concernant les boss, les vrais, en revanche, rien à dire : ils sont pour la plupart gigantesques, et proposeront des approches allant de la suite de QTE, à l'explication virile de titan à beau gosse. So classic…

Et tu tapes, tapes, tapes, ce démon qui te plaît...

Vous l’aurez compris, ce DmC Devil May Cry est donc plutôt sympa à parcourir, drôle même, dans la manière tellement outrancière qu’il a de présenter son héros comme une sorte de beau gosse à qui rien ne résiste. Et du coup, on en vient presque à regretter que les développeurs se soient contentés d’un « simple » portage, plutôt que de donner une vraie identité à cette version PC.

Non que nos amis polonais de QLOC ait salopé le travail, bien au contraire (Ah oui, pour la petite histoire, ce n’est pas Ninja Theory qui s’est chargé de l’adaptation PC, mais un studio polonais qui avait déjà porté Street Fighter X Tekken pour Capcom) : cette mouture est techniquement tout à fait honnête, proposant en autres options des textures HD, des résolutions élevées, et des traitements anti-aliasing.

Seulement voilà : on déplorera l’absence d’un support DirectX 11, et on constatera tout de même pas mal de petits détails de finition hasardeux, comme des textures disjointes, des problèmes de collisions, ou des dialogues qui n’ont pas pris le même train que les mouvements des lèvres des personnages. Enfin, on observera çà et là quelques micros lags, et ce, malgré la présence d’une carte graphique de toute dernière génération dans notre machine.

DmC Devil May Cry benchs

DmC Devil May Cry Low DmC Devil May Cry High
De gauche à droite, les options graphiques réglées au minimum, puis au maximum

Rien de grave, nous direz-vous, et vous aurez raison, puisque ces quelques détails techniques n’empêcheront nullement de profiter d’une patte graphique que l’on qualifiera d’inspirée. Les environnements paraissent immenses, partent souvent dans tous les sens lorsque notre personnage se voit projeté dans les limbes, laissant une impression visuelle d’ouverture, qui réussit à faire oublier la relative linéarité de la progression. Au final, cette première virée en compagnie de Dante et de ses amis démoniaque se sera révélée être une expérience amusante, défoulante, nerveuse, à défaut d’être particulièrement profonde. En même temps, beat’em all oblige, et comme l’ami Dante aurait pu le souligner : « Tu crois que j’me suis déplacé pour enfiler des perles, gros naze ? ».

Dante est un peu lourd, il a un pois chiche à la place du cerveau, et ses aventures, pour les néophytes de la série, n'auront absolument ni queue ni tête. Pourtant, tous ces boulets ne sauraient faire oublier l'essentiel : Dante est une p***** de machine à exterminer du monstre, classe, efficace, et jouissive. DmC Devil May Cry est à posséder si vous êtes fans d'action, et à prendre en promotion pour les autres, d'ici quelque temps.

Les plus
  • Un univers graphique audacieux
  • De la bonne grosse action qui tache
  • Version PC plutôt réussie
  • Certaines séquences sont juste cultes
  • Du lourd côté armement
Les moins
  • Quelques bugs graphiques demeurent
  • Une histoire sans queue ni tête
  • On aimerait parfois que Dante soit né muet


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