From Dust : le God-Game divin ?

Tribal, entêtant, malin, From Dust est un jeu Xbox Live Arcade plein de qualités.

Cela fait une dizaine de jours que From Dust est disponible sur le Xbox Live Arcade et le nouveau jeu d’Eric Chahi (Another World, Heart of Darkness) enregistre visiblement de bonnes ventes. Cela n’a d’ailleurs pas tardé puisque Ubisoft nous signifie par un communiqué de presse que From Dust est le jeu Ubi ayant enregistré le meilleur « premier jour » sur la plateforme de Microsoft, faisant 45% de mieux que le précédent record (qui serait attribué à Scott Pilgrim et ses 70.000 ventes pour sa première semaine). On aurait aimé avoir des chiffres précis à commenter, mais l’éditeur français se contente de ces indications pour nous signifier ce très bon démarrage.

Un souffle souverain

La question que vous devez alors vous poser : est-ce mérité ? Oui et encore oui ! Car s’il n’est pas dénué de petits défauts et d’approximations (des contrôles qui manquent de précision, un contenu un poil restreint en mode Histoire et des moments de flottement dans les déplacements de la tribu), From Dust est une superbe expérience. Vendu comme un God-Game, on pourrait attendre du jeu de Chahi qu’il répète une mécanique complète et complexe à la Popoulous ou à la Black & White. Pourtant, s’il y a bien quelque chose de céleste dans la manière dont on y joue avec la matière, From Dust tient davantage d’un jeu de construction basé sur la physique que l’on aurait passé à la moulinette avec un Lemmings.

Pour tout dire, on y contrôle un souffle capable d’agglutiner la matière et de la répandre. On va ainsi jouer à la pelleteuse sur le monde pour guider une petite tribu vers la sortie des treize niveaux qui composent la campagne principale. Des casse-têtes devrions nous plutôt écrire, car bien sûr, tout n’est pas aussi simple que dans les premiers niveaux qui font office de didacticiel, et dans lesquels il suffit de prendre un peu de terre çà et là pour combler les zones inondées afin de créer des passages. Très vite viennent se mêler au jeu des impératifs de temps, le déclenchement de catastrophes menaçant notre tribu et autres paramètres venant stresser le joueur qui n’aura plus franchement le temps de regarder pousser les arbres et se développer un écosystème enchanteur.

From Dust (1) From Dust (2)

Le souffle virevolte ainsi au-dessus des zones de jeu à la recherche du meilleur moyen de faire progresser sereinement sa tribu, en évitant les pièges, en déjouant la nature. Ce qui est intéressant dans From Dust, c’est qu’il n’y a pas de véritable distinction entre ce qui est dangereux et ce qui peut être utile. Par exemple, si la lave est une menace, elle pourra aussi être utilisée à bon escient dans certaines situations. Et si l’eau est là pour délimiter les zones accessibles, elle pourra aussi être utilisée par le joueur pour éteindre un feu. Etc. Le tout multiplié par les diverses matières à manipuler et les sorts spéciaux qui peuvent être utilisés (bien évidement limités en durée). C’est comme cela que s’enrichit le gameplay de From Dust, qui transforme le simple objectif d’escorter sa tribu (d’un point de départ à la sortie sans oublier de chanter au pied de chaque totem pour construire des villages) en un cheminement réflexif qui donne au joueur l’occasion de jouer les apprentis terrassiers.

Voyage tribal

Dans le fond, From Dust est donc un jeu très malin et fort bien pensé. Dans la forme, il est un voyage sensoriel réellement envoûtant. Si son moteur physique est une réussite et que sa patte artistique est aussi chaleureuse que dépaysante, il ne faut pas s’attendre à voir un jeu techniquement parfait. Loin de là, From Dust se satisfait de textures propres mais parfois grossières, ainsi que d’effets pas franchement marquants. Sauf que l’atmosphère du jeu, l’impact de sa bande-son et son univers font mouche et nous transportent. Un jeu beau à regarder et par lequel il est plaisant de se laisser embarquer. On se surprend même à revenir jeter un œil aux niveaux déjà terminés, parfois juste pour contempler la nature reprendre ses droits, ou la manière dont on a modelé une chute d’eau.

From Dust (3) From Dust (4)

Au-delà de cet attrait pour les esthètes, on ne peut pas dire que From Dust propose une rejouabilité intéressante. Son mode Histoire est même plutôt court et accessible. Mais les objectifs proposés (comme étendre au maximum la végétation ou chercher des pierres dissimulées dans les niveaux) permettent de prolonger la découverte, tout en débloquant des bonus qui permettent de mieux comprendre l’univers du jeu. Les amateurs de challenge iront eux lancer la trentaine de défis très costauds qui limitent les pouvoirs et imposent des timings serrés. C’est nettement plus dur, mais pas moins intéressant. Car dans le feu de l’action, le joueur est forcé à optimiser déplacements et actions pour s’en sortir. C’est d’ailleurs une configuration dans laquelle on découvre des techniques de jeu auxquelles on n’aurait jamais pensé durant le mode Histoire.

Très facile à prendre en mains et à comprendre, From Dust est un petit bijou de sensibilité qui cache une mécanique de jeu vraiment complète et profonde. Un jeu qui respire le bonheur et le plaisir, tout en sachant pousser le joueur dans ses retranchements s’il décide de se frotter à ses défis. Son univers créatif interprétant les codes tribaux est envoutant, tandis que la précision de son moteur physique valide un gameplay bien plus complet qu’il n’y parait au premier abord. Un titre divin, à défaut d’être parfait.

From Dust (8) From Dust (7) From Dust (6) From Dust (5)

[From Dust : 1200 MS Point (XLA). Le 17 août sur PC et plus tard sur le PSN]

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Catégorie : Jeux Vidéo
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