Test : Far Cry 3

Les fêtes étudiantes, c'est toujours un peu l'aventure... On y entre avec un esprit bon enfant, et hop, 8h plus tard, on se retrouve en slip sur le canapé d'une inconnue avec la moitié du crâne rasé. Pour notre héros du jour Jason Brody, c'est un peu ce qui s'est passé, sauf que le canapé s'est transformé en île, et l'inconnue en un iroquois déjanté et violent nommé Vaas !

Chers lecteurs, sachez-le : si aujourd’hui, nous sommes en mesure de vous offrir ce test de Far Cry 3, c’est moins de notre fait, que de celui d’Ubisoft, qui vient gentiment de nous coller une journée de maintenance sur les serveurs du jeu. Mais si, vous savez… Une de ces fameuses journées « Maintenance day, no play » que l’on affectionne tant et qui font le bonheur des joueurs modernes, qu’ils soient amateurs de solo ou de multi. Dites vous bien que sans cela, nous serions encore en train de dézinguer du malfaiteur drogué par wagons entiers, au lieu de noircir des pages de texte. Allez… Restons cependant positif, cette pause forcée nous aura finalement donné un bon angle d’approche, et une bonne occasion de rebondir sur notre premier argument concernant cette version PC de Far Cry 3 : mon dieu, mais pourquoi Uplay ? POURQUOI ?

U plaie : un système nommé désir (de hurler un grand coup)

Le système de mise à jour n’est pas foutu d’aligner deux patchs à la suite (il faut installer le premier, puis tout fermer, puis installer le second…), le cloud donne des sueurs froides à chaque fois qu’il synchronise nos sauvegardes, et le mode « hors ligne », qui a tout de même le mérite d’exister, n’empêche en rien le jeu d’essayer de se connecter aux serveurs d’Ubi, ce qui, lors de jours de maintenance comme aujourd’hui, donne droit à de longues séances de pédalage dans le vide chaque fois que l’on veut ouvrir l’inventaire, ou accéder à notre arbre de compétences.

Et on ne parle même pas des malheureux qui se seront procurés le jeu via Steam, et qui vont donc pouvoir profiter de cette formidable réaction en chaîne qui défie toute logique : « je lance Steam, qui lance Uplay, qui lance le jeu, etc, etc… ». Franchement, obliger Far Cry 3 à fonctionner sous Uplay, ce n’était pas lui donner les meilleures cartes pour s’en sortir dans la vie. Et pourtant, non seulement ce troisième opus s’en sort, mais il fait mieux même que cela : il brille de mille feux au firmament du jeu vidéo PC.

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En fait, il ne fait guère de doute pour nous que PCWorld.fr tient là son GOTY 2012 (Game of The Year). D’ailleurs, on pourrait même offrir au titre d’Ubisoft une double distinction. Celle du jeu le plus abouti, et ce, dans quasiment tous les domaines, et celle du premier titre qui aura réussi à mettre à genoux notre carte de référence la plus musclée, la NVIDIA GeForce GTX 680. Pour autant, lâcher cette information  sans autre forme d’explication ne serait pas rendre justice au formidable travail consenti par les développeurs sur le moteur graphique du jeu. Oui, Far Cry est gourmand, très gourmand, même. Mais c’est là la marque des grands jeux : il sait aussi bien flatter la rétine de nos amis bourgeois, qu’il sait se montrer respectueux du joueur fauché qui n’a pas changé sa carte graphique depuis 3 ans.

Bench Far Cry 3

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De gauche à droite, les réglages graphiques au minimum (DX9, basses), puis maximum (DX11, Ultra)

Ainsi, comme en témoigne notre tableau ci-dessus, le jeu tourne de manière fluide avec tous les détails graphiques au minimum sur une carte NVIDIA 9800 GTX, soit un modèle sorti début 2008. Et comble du bonheur : le jeu reste très avenant avec ces réglages. Quant aux plus fortunés, ils pourront commencer à profiter d’une qualité « Ultra » sans concession à partir d’une 660 Ti, ou d’une HD 6970. Et à ce niveau de prestation, autant dire que le spectacle est au rendez-vous : les mouvements et les reflets de la mer turquoise sont sublimes, la végétation est luxuriante et pleine de vie, les éclairages, qu’ils proviennent du soleil, d’une torche, ou d’un joli clair de lune, sont criants de vérité.

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Sans l’ombre d’un doute, Far Cry 3 est LE jeu le plus beau de l’année sur PC, comme l’avait été Skyrim en son temps (à nos yeux, en tout cas). Oh bien sûr, on pourra toujours déceler de ci, de là, quelques soucis de collisions, ou quelques scintillements, souvent des reports d’ombres mis en défaut au loin. Mais globalement, rarement on aura vu un jeu aussi esthétique, technique, et propre à la fois.

Abouti, Far Cry 3 l’est aussi lorsque l’on parle de gameplay. Certes, vous trouverez de nombreux articles qui ne tariront pas d’éloges sur le fameux Vaas, le bad guy charismatique du jeu, un méchant au moins aussi réussi que l’était Handsome Jack, son alter ego dans Borderlands 2. Et ces compliments sont tout à fait mérités. Toutefois, si nous devions désigner une star dans cet univers tropical créé par Ubisoft, notre choix se porterait plutôt sur cette île, dont la construction respire la cohérence. Ainsi, chaque homme, chaque animal, chaque patrouille semble y avoir sa place, et répondre avec intelligence à des besoins ou des obligations qui leur sont propres, et les exemples d’IA crédible sont légions : les animaux seront ainsi de précieuses sources de matières premières, pour vous confectionner un équipement rudimentaire. Mais leur cadavre pourra attirer de plus gros prédateurs, nous faisant passer rapidement du statut de chasseur à celui de proie. Ces derniers pourront aussi vous faciliter la tâche, lorsqu'il décideront de s'attaquer à une base adverse, pour trouver quelques nourritures.

L'île des tentations

Côté humain, les patrouilles dans les zones non contrôlées par les rebelles seront nombreuses, et gare à vos fesses si vous vous avisez de les provoquer : ils vous traqueront, vous débusqueront, appelleront du renfort. Et même si vous veniez à prendre finalement le dessus sur eux, il vous faudra quitter les lieux sans attendre, les corps gisants de vos ennemis représentant autant de risques de voir rappliquer d’autres adversaires sous peu. La prise d’un camp de pirates est également un bon exemple de ce que l’IA est capable de donner.

Les gardes réagissent au moindre bruissement, punissent le moindre faux pas, jouent la carte du contournement, se déplacent pour donner aux autres des angles de tir, et au final, nous mettront plus d’une fois en difficulté. Une difficulté qui tiendra tout autant à la variété des profils rencontrés : chien de garde, sniper, spécialiste du cocktail Molotov ou de l’arme lourde, qui symboliseront autant d’approches différentes à négocier.

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Et puis à l’intelligence, vient s’ajouter cette ambiance particulièrement grisante, mélange de liberté et de stress : un moment on s’émerveille devant la beauté du paysage, et l’instant d’après, on se prend à sursauter lorsque retentit le râle d’un grand fauve, ou le moteur d'un bateau, ou d'une jeep. Plus tard, on se trouve en pleine séance de chasse au buffle, loin des turpitudes de cette île, de la disparition de nos proches, et de la menace que Vaas fait peser sur nous, et hop, un coup de fil de Dennis, notre ange gardien, et l’intrigue repart de plus belle. Comme si l’on était sans cesse tiraillé entre notre envie d’un retour à la vie paisible, et la réalité des faits : cette île qui nous accueille regorge de dangers, et baisser sa garde est un luxe qu’on ne peut pas se payer.

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Maintenant, revenons un instant sur l’intrigue : s’il est vrai que cette dernière n’est pas d’une grande originalité, il faut souligner qu’elle ne manquera jamais de nous mettre dans les situations les plus variées : conduite de véhicules (eux aussi, ils sont légion : ailes volantes, jeeps, bateaux, etc…), s’échapper d’un temple en flamme, brûler des champs de pavot, ou poser des explosifs discrètement. On passera par tous les styles, toutes les approches.

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Et cette diversité s’applique tout autant aux différents missions que l’on rencontrera au cours de nos explorations : chasse à l’animal rare, assassinat en toute discrétion, escorte, transport de marchandise, sécurisation des pilonnes responsables du brouillage des fréquences radio sur l'île… Le joueur se retrouve ainsi projeté dans un gigantesque parc d’attractions dans lequel il pourra choisir de jouer un rôle, ou pas, selon son humeur, et la durée de vie qu’il veut donner au titre.

Quant à la progression de notre avatar, elle ne sera pas en reste. Notre Jason Brody débloquera au fil de ses missions toute une flopée de compétences, d'armes, et d'outils qui lui permettront d’affiner son style (corps à corps sournois, version Rambo avec arc et flèches explosifs, sniper, ou nettoyeur à l’arme lourde). Là encore, Ubisoft réussit à transformer un aspect du jeu pourtant banal - on engrange de l’expérience pour gagner de nouveaux attributs - en une sorte de quête mystique, au cours de laquelle on rencontrera d’étranges personnalités, et qui finira par faire resurgir le guerrier caché en nous…

Non vraiment, ce troisième épisode de Far Cry 3 nous a véritablement enchantés. Et si l’on pourra évidemment émettre quelques réserves sur des points mineurs, comme l’interface pas d’une ergonomie folle, ou sur l’opportunité du mode multi, qui, par rapport à la partie solo, semble là juste pour faire joli, l’expérience vidéoludique offerte reste l’une des meilleures que nous ayons vécu cette année, probablement avec Guild Wars 2 et Max Payne 3. De fait, on ne peut qu’espérer une persévérance d’Ubisoft à développer sur le support PC dans les années à venir (Watch Dogs, nous t’attendons de pied ferme), tant il est clair que le développeur sait parfaitement en maîtriser les codes et les contours quand il s’en donne les moyens. En gros, plus de Far Cry 3, et moins de Ghost Recon Future Soldier pour 2013, s’il vous plaît, monsieur Ubi.

LE VERDICT

Après la déception du second opus, la série Far Cry s'offre enfin un troisième épisode. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Ubisoft a mis les petits plats dans les grands pour nous offrir un FPS de tout premier ordre : réalisation somptueuse, univers vaste et riche, personnages charismatiques, et séquences de shoot jouissives. Rien ne semble avoir été oublié pour offrir au joueur une expérience vidéoludique inoubliable. Les plus pointilleux noteront tout de même les quelques faiblesses de l'interface, ou ce mode multi laissé pour compte. Des aspects qui n'empêcheront toutefois pas Far Cry 3 de se placer dans la catégorie des incontournables de cette fin d'année.

Les plus
  • Superbe réussite technique
  • Un univers aussi vaste que riche
  • L'ambiance parfaitement maîtrisée
  • Un vrai bad guy en face de nous
  • Énorme durée de vie
  • La multiplication des approches possibles
Les moins
  • Uplaie
  • L'interface parfois reloue
  • Mode multi quelconque

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