Test: Game of Thrones

Alors que la saison 2 de Game of Thrones bat son plein aux Etats Unis, voici que débarque dans nos contrées une seconde adaptation en jeu vidéo, un RPG made in Cyanide. On ne vous le cache pas, le studio français n’a pas fait d’étincelles.

Le choc fut rude, chers lecteurs... Passer de Max Payne 3 à Game of Thrones... Comment vous dire... Imaginez que vous soyez confortablement assis à la terrasse d’un café, sirotant un excellent cappuccino sous une légère brise printanière. Vous commencez à rêver d’un monde merveilleux, où Robin Gibb, le chanteur de Bee Gees, serait toujours en vie, un monde où TF1 aurait arrêté Secret Story pour nous repasser l’intégrale de Six Feet Under. Soudain, un serveur désagréable vous jette l’addition à la tête, vous demande de dégager parce qu’il ferme, et vous rappelle que dans la vraie vie, c’est bien le p'tit Gibb qui est six pieds sous terre, tandis que TF1 continue d'engranger des parts d'audience grâce à des candidats dont le QI cumulé approche celui d’une moule avariée. Voilà, vous y êtes... Enervé, frustré, déçu... Game of Thrones, c’est un peu tout ça rassemblé sur une jolie rondelle en plastique.

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Et pourtant, le développeur, durant toute la phase de promotion du jeu, nous en avait vendu, du rêve : une histoire et un univers fidèle à la série et aux livres, notamment grâce à l’implication forte de George R. R. Martin, deux points de vue sur les événements grâce à deux personnages aux caractères bien trempés et aux styles de jeu très différents. D’un côté, Mors, membre des Gardes de la Nuit, de l’autre, Alester, jeune nobliau de la maison Sarwick, bien décidé à reprendre ses droits après 15 années d’absence. Et en soit, reconnaissons cela à Cyanide, le travail réalisé autour du scénario est plutôt d’un bon niveau. A chaque prise de décision, on sent notre influence, vis-à-vis d’un lobby ou d’un autre, vaciller légèrement, sans vraiment savoir jusqu’où cela va nous mener. Par ailleurs, les dialogues, qui profitent du talent des acteurs de la série, s’avèrent convaincants. Ce qu’on nous avait caché en revanche, c’est qu’à côté de cela, tous les autres aspects du jeu allaient être à ce point saccagés. Certains brandiront évidemment l’excuse du petit studio frenchy avec peu de moyens... Mais enfin tout de même... Si cet état de fait peut éventuellement attirer notre indulgence concernant la réalisation, relativement pauvre malgré l’utilisation d’un moteur, l’Unreal Engine 3, qui a largement fait ses preuves sur d’autres produits, il n’en va pas de même pour les problèmes d’ergonomie, ou le système de combat.

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La gestion de l’inventaire, par exemple, paraît dater de la préhistoire, obligeant à de multiples manipulations pour revendre ou équiper des objets. On notera par ailleurs un léger manque de fluidité dans l’affichage des différents tableaux : journal de quête, compétences, etc. Quant aux combat, disons le clairement, ils n’offrent strictement aucun intérêt. Pour préciser les choses, Cyanide a repris un système classique où le joueur programme les différentes compétences que ses personnages vont enchaîner (le joueur sera à amener à gérer un groupe de temps à autre), soit en temps réel, soit en s’appuyant sur une pause active déclenchable à tout moment. Problème : outre un sérieux manque de rythme, le gameplay n’offre que peu d’options tactiques. On se contentera souvent d’enchaîner les mêmes routines et ce, quelque soit l’adversaire et le nombre. Et quand bien même on voudrait se lancer dans quelques mouvements stratégiques osés, la caméra nous ramènera vite dans le droit chemin, car positionnée trop près de l’action, ne disposant d’aucune fonction de zoom ou de dézoom, nous imposant ainsi une vision complètement tronqué du champ de bataille. D’ailleurs, ce manque de souplesse se retrouve dans la gestion des raccourcis claviers : ces derniers sont en effet impossibles à modifier !!! Et si la chose choque, c’est notamment parce que la configuration par défaut a été pensée en dépit du bon sens.

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Quant aux différentes zones que nous serons amenées à explorer, elles ne sont pas particulièrement réussie sur un plan technique, nous l’avons déjà souligné, mais surtout, elle manque cruellement de personnalité. On ne ressent strictement aucune attirance, ni émotion vis-à-vis de cet univers parfaitement insipide. La plupart des PNJ ne sont rien d’autre que des pots de fleurs qu’on a posé ça et là pour faire joli. Une remarque qui vaut également pour les décors, figés, et n’offrant que très peu de possibilités d’interaction. Bref, on ne va pas s’acharner sur la bête durant des heures : les p’tits gars de Cyanide, de la même manière qu’ils avaient raté leur adaptation STR (Game of Thrones : Genesis) il y a quelques mois, n’ont pas fait mieux dans le domaine du RPG. Désormais, notre seul espoir pour profiter des intrigues et complots des Lannister et consorts sur nos machines repose désormais sur les épaules de Bigpoint, qui doit sortir sur ce thème et bientôt un free to play jouable sur navigateur... Un espoir bien maigre, avouons le.

(Petite remarque : pour les décus des adaptations made in Cyanide, sachez qu'il existe quelques mods intéressants sur le thème de Game of Thrones : en particulier, celui développé sur les bases du jeu Crusaders King II, édité par Paradox, et qui couvre la rebellion lancée par Rober Baratheon)

LE VERDICT

Les plus
  • Les voix et dialogues
  • Un effort d'écriture
Les moins
  • Ouh que c’est laid
  • Ergonomie douteuse
  • Système de combat mollasson
  • Zones à explorer étriquées

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