Test : Aliens Colonial Marines

Gearbox Software reste un incroyable studio, capable de pondre la pire des bouses radioactives (Duke Nukem Forever) et le meilleur des FPS futuristes (Borderlands 2). Vers quel côté de la balance ce Aliens Colonial Marines va-t-il pencher ?

Aliens Colonial Marines est donc sorti depuis une bonne semaine maintenant, et sans doute le savez-vous déjà, mais il n’a pas reçu un très bon accueil chez la grande majorité de nos confrères : 6/20 chez jeuxvideo.com, 3/10 chez Gamekult. Une bonne grosse raclée, comme on dit chez nous, qu’on a de notre côté bien du mal à comprendre... Non, on ne comprend pas cet acharnement à passer par le fil de l’épée à deux mains un titre qui, à nos yeux, a su se montrer plus original et plus attrayant que bien des FPS actuellement sur le marché. Oui, vous avez bien lu : ici, à PCWorld.fr, on a adoré Aliens Colonial Marines. Et ce n’est pas la livraison avec la version test du jeu, d’une caisse de Dom Pérignon et de quelques boîtes de caviar, qui auront influencé d’une quelconque manière notre point de vue. Non… On a juste été impressionné par cet incroyable pari fait par Gearbox, d’avoir pris à contrepied 30 ans d’histoire de la licence, en proposant un jeu où l’alien n’est plus ce chasseur impitoyable, invincible, et fervent défenseur de la procréation in-intestino , mais une pauvre bête, qui n’inspire que pitié et moquerie, tellement elle semble vouée à crever sous nos tirs dans une bouillie verdâtre et corrosive. Oui, chers amis… Aliens Colonial Marines, c’est tout simplement un vrai souffle de renouveau pour la série, un jeu dans lequel la peur, enfin, change de camp !

A bullet in your (alien) head

Ainsi, finies les angoisses, finies les sueurs froides : Aliens Colonial Marines remet l’homme, le vrai, au sommet de la chaîne alimentaire, et prouve au monde que ce n’est pas un xénomorphe ridicule qui va lui faire mordre la poussière. Alors bien sûr, au début, on doute, on avance à pas de velours dans les sombres couloirs d’un Sulaco à l’abandon, craignant de réveiller la bête monstrueuse, et de se faire croquer. Puis on réalise rapidement que toutes ces précautions sont bien inutiles. Pourquoi ? Parce que les développeurs ont tout fait pour que le stress s'envole, et que l’échec ne soit jamais une alternative : les médikits et les packs d’armure se ramassent tous les dix mètres et par paquet de douze. Quant à notre adversaire xéno, son sens aigue de la fourberie et son agressivité ont été gommés, pour être remplacés par une double spécialisation poterie - macramé.

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Le fusil à pompe, cette arme futuriste incroyable qui porte à 200 mètres avec une précision implaccable

Du coup, forcément, quand il nous voit débarquer avec notre fusil à impulsion et notre sourire carnassier, l’alien, il panique un brin, il lâche sa motte d’argile, et il court dans tous les sens comme une poule sans tête, en priant le ciel d’échapper à nos balles. Enfin, nos balles, ou celle de nos acolytes ! Oui, parce que l’une des grandes forces de l’alien était qu’il nous tombait toujours dessus alors que nous étions seul et sans défense.

Dans Aliens Colonial Marines, vous serez en permanence secondé par deux, trois, voire quatre marines. Et aucune chance de se voir enlever un camarade par un tir malheureux, ou par un regain de force de l’ennemi : ils sont indestructibles. Non vraiment, c’est un vrai bonheur que de pouvoir enfin montrer à cette créature emblématique qui est le maître !

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Femeture des portes en les soudant, fusil à impulsions, Bishop, les éléments emblématiques du film sont là

Autre aspect qui a largement séduit notre petite rédaction : ce côté voyage touristique développé par le jeu. Souvenez-vous des précédentes itérations cinématographiques ou vidéoludiques de la licence : tout se passait dans la pénombre, on ne distinguait presque rien. Ici, nous seulement les éclairages sont beaucoup moins tamisés qu’à l’accoutumé, mais toute l’action étant scriptées jusqu’aux moindres coups de mâchoires de nos vilains reptiles, on pourra aisément s’offrir un petit temps mort, pour visiter les lieux, et découvrir tout plein d’objets laissés par des protagonistes connus : la poupée de Newt, le flingue du caporal Hicks, le four à micro-onde du capitaine Apone…

Notez également que vous pourrez tout aussi bien vous tapez une pause clope, ou un café crème dans le bistro du coin : de toute façon,  personne ne bougera tant que vous n’aurez pas décidé de passer l’une de ces portes, ou d’actionner l’un de ces leviers déclencheurs de script. Enfin, si par malchance, vous veniez à périr (ça n’arrivera vraiment qu’au plus noob d’entre vous),  vous serez renvoyés au point de sauvegarde le plus proche, avec l’assurance qu’on ne vous surprendra pas une seconde fois, vu que comme signalé plus haut, les scripts, en plus d’être réglés comme des coucous suisses, sont gravés dans le marbre.

L’alien, ce n’est jamais un problème, même quand il y en a beaucoup

Et puis toutes ces critiques vis-à-vis de la réalisation complément dépassée… Mais nos confrères n’ont rien compris. Ils n’ont pas compris que ce look volontairement rétro, ces environnements figés et sans âmes, ou ces animations qui font passer chaque alien pour un vieillard malingre atteint d’arthrose, ne sont rien d’autre qu’un vibrant hommage aux FPS d’antan, les Duke Nukem, Doom et autre Wolfenstein. Un hommage très réussi, tant le jeu a parfois vraiment l’air d’avoir été conçu au siècle dernier.

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Il y aura bien un très léger aspect RPG, mais rien de suffisant pour susciter un quelconque intérêt

Non vraiment, on ne voit pas quoi lui reprocher : Aliens Colonial Marines est parfait. Juste… Si on devait se permettre une petite remarque : on aurait bien aimé un peu de foie gras fermier, avec le Dom, et du coup, comme ça nous manquait, on a noté que le scénario tombait un peu (beaucoup) à plat après les trois premières minutes de jeu. Mais bon, c’est un détail, évidemment, qui ne devrait pas vous empêcher d’acheter ce jeu, l’un des meilleurs sans doute de cette année 2013...

En vrai : (Pour les allergiques au second degré, n’achetez pas Aliens Colonial Marines, jamais. Même s’il est offert gratos avec un paquet de Doritos, n’y allez pas, ça ne peut être qu'un piège... sans doute tendu par EGM).

LE VERDICT

On se souvient encore avec émotion de cette phrase de Randy « Monsieur Gearbox » Pitchford, qui disait en substance : « Nous, lorsque l’on accepte de développer un jeu sur une licence existante, c’est pour lui donner une perspective unique, un nouveau départ ». Ah bah là, Randy, c’est plus que réussi. Aliens Colonial Marines laissera le souvenir unique du plus beau ratage vidéoludique jamais réalisé à partir de la licence futuriste de Ridley Scott...

Les plus
  • L'installation sous Steam, exemplaire...
Les moins
  • ... Tout ce qui s'est passé après !

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Publié le Par David Vandebeuque
Catégorie : Jeux Vidéo
8 commentaires
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