Test : Risen 2 Dark Waters

Sur sa jaquette, Risen 2 : Dark Waters nous promettait de l’aventure, de l’exotisme, et des filles de joie ! La réalité collera-t-elle à ce tableau idyllique ? Réponse dans ce test qui sent bon la marée !

C’était probablement très naïf de notre part, mais lorsque Risen premier du nom est arrivé sur nos machines en octobre 2009, nous pensions sincèrement qu’il marquerait un tournant pour les petits gars du studio Pyrahna Bytes. Le signe que ces derniers avaient enfin et pour longtemps tourné le dos à un certain nombre de mauvaises habitudes. Précisons que nous parlons là de l’époque où ils travaillaient encore sur la série Gothic, et où ils prenaient un malin plaisir à nous livrer des versions commerciales blindées de bugs divers et variés.

Malheureusement, il faut croire qu’on ne guérit jamais vraiment de certaines déviances, et ce Risen 2 : Dark Waters en est la preuve incontestable. Non seulement il fait montre d’un niveau de finition très aléatoire, entre textures et éléments de décor qui clignotent au loin, et végétation qui pope littéralement à la figure de notre héros, mais en plus, certains aspects qui faisaient partie des points forts du premier opus ont été totalement saccagés. Vous êtes prêts pour une plongée dans le petit livre des horreurs ? Alors c’est parti.

Round 1… FIGHT !

En premier lieu, abordons le problème de l’IA. Pour Risen, le développeur avait réalisé dans ce domaine un travail formidable, en donnant à chaque protagoniste du jeu une véritable identité, un passé et une conscience. Pas question de les rouler, ou d’attaquer un de leurs amis, sans en subir les conséquences. Et bien tout ça, c’est fini… Les personnages non joueurs sont maintenant une bande de zombies décérébrés, qui n’ont aucun autre but que de vous distribuer des quêtes, ou de faire marcher le commerce local. Il est devenu impossible de se les mettre à dos, ou de s’en débarrasser.

D’ailleurs, c’est un fait à signaler : le développeur allemand abandonne pour l’occasion une de ses marottes, qui consistait à faire de ses PNJ des mortels comme les autres, qu’ils soient simples commerçants, maîtres d’arme, ou chefs de guilde. Ce faisant, au fil des simplifications hasardeuses, c’est toute une partie du gameplay qui perd de son intérêt.

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Quant à l’autre gros point de grief, il concerne le système de combat. On nous l’avait promis dynamique et varié, il est finalement répétitif et sans saveur. Notamment, les mouvements de notre héros sont handicapés par une espèce d’inertie pénible, qui l’empêche de combattre au maximum de ses possibilités. Dès lors, on sera la plupart du temps condamné à spammer les mêmes attaques, en priant pour notre force de frappe finisse par surpasser celle de l’ennemi. C’est triste, d’autant que sur le papier, les options qui s’offraient à nous ne manquaient pas de charme, entre la possibilité d’utiliser des armes à feu, et l’introduction de mouvements spéciaux visant à déstabiliser l’adversaire : lui balancer un coup de pied dans les joyeuses, lui jeter du sable dans les yeux, ou utiliser un animal de compagnie pour le distraire. Du coup, à ce stade, vous êtes sans doute en train de vous demandez : « Ah oui, mais moi, je l’avais pré-commandé, le jeu ! Du coup, je fais quoi ? J’annule tout ? ».

Surtout pas, malheureux !

C’est vrai, on ne va pas s’en cacher, ce Dark Waters est en deçà des attentes, compte tenu notamment du niveau du premier épisode. Cependant, il n’en possède pas moins des qualités indéniables, qui méritent qu’on s’y arrête. Et la première d’entre elles, c’est sans doute ce nouveau contexte de flibusterie sur lequel le jeu va s’appuyer. Une nouvelle ambiance qui fait immédiatement penser au film Pirates de Caraïbes, avec ses créatures mi hommes mi crustacés, ou l’omniprésence de la magie vaudou, qui va donner à la licence cette petite touche de fantaisie qui lui manquait jusque là. Ainsi, pour sauver le monde de l’invasion des titans, notre héros va devoir s’allier avec une bande de pirates, dont il pourra même prendre la tête par la suite. Ce faisant, on passera par différents rites initiatiques, qui ne manqueront ni d’originalité, ni d’humour : concours de boissons, chasses au trésor ou bagarres de bar. On croisera également quelques jolies caricatures de vieux loups de mer, comme le capitaine Barbe d’Acier, notre mentor.

Toujours côté ambiance, il faut noter que malgré ses nombreuses carences, le moteur graphique offrira un spectacle digne des plus belles cartes postales, notamment dans sa gestion des transitions jour / nuit, ou dans le rendu des différents effets climatiques. Un spectacle dont on pourra profiter en vrai 3D, puisque le jeu annonce une bonne compatibilité avec le système 3DVision de Nvidia (Si vous avez votre paire de lunette sous la main, rendez-vous à cette adresse, nous y avons déposé quelques captures pour que vous puissiez vous faire une idée du rendu).

Risen 2 - low Risen 2 - high

Une même scène, avec les détails graphiques au minimum à gauche, et au maximum à droite...

En évoquant les cartes Nvidia, justement, il faut signaler qu'en attente d'un patch qui corrigera le problème, notre version du jeu a tendance à connaître des chutes de framerate inexpliquées sur certaines GeForce. Il semblerait que cela soit dû à des fuites mémoire, puisqu'en relançant le jeu, le problème disparaît pour un temps. Toujours est-il que, globalement, comme l'illustre le tableau rempli de FPS ci-dessous, Risen 2 tourne très bien sur des cartes vieilles d'une ou deux générations. C'est rassurant vu la qualité globale offerte au niveau graphique. En revanche, impossible d'y jouer convenablement sur un IGP Intel HD 3000.

Risen 2 - FPS

Couteau suisse

Mais comme à son habitude, c’est surtout grâce au fond que Pyrahna Bytes va réussir à tirer son épingle du jeu, avec notamment une manière très ouverte d’aborder les différentes quêtes. Une lettre compromettante à récupérer dans une forteresse lourdement surveillée ? Pas de problème : vous aurez le choix entre l’approche frontale, sabre à la main, ou plus discrète, en profitant judicieusement des rotations des tours de garde. Si vous êtes riches, pourquoi ne pas payer les services de cette prostituée là bas, pour distraire les soldats ? Vous vous êtes spécialisé dans l’art du vaudou ? Vous pourrez également utiliser vos poupées pour prendre possession d’un surveillant, et vous infiltrer incognito. Et parfois même, une simple série de quêtes secondaires vous conduira à l’intérieur sans que vous ayez besoin de mettre en œuvre un talent particulier.

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L’approche est intelligente, et particulièrement plaisante, d’une part, parce qu’elle offre au joueur une grande variété de gameplay, mais également parce qu’en termes de progression de notre personnage, on ne se sent jamais vraiment perdant, d’avoir privilégié telles compétences plutôt que telles autres (exception faite du crochetage, qui restera un must-have). Côté exploration, c’est un peu la même chose : malgré un découpage sous forme d’îles qui se débloqueront au fil du scénario, la sensation de liberté reste très présente, et les endroits à découvrir en dehors du chemin balisé par l’histoire seront nombreux : grottes, temples, ou forts abandonnées.

Un dernier mot pour la route ?

Difficile, en fait, de tout aborder tant le contenu est riche : par exemple, on ne vous a pas parlé des compagnons qui composeront votre équipage et qui vous prêteront main forte dans l'adversité, ou des objets épiques qui ne seront accessibles qu'à ceux qui auront pris le temps de lire certains livres ou d'écouter certaines conversations. Clairement, les développeurs, malgré leurs quelques errements, n’ont rien perdu de leur talent lorsqu’il s’agit de construire un univers et un gameplay qui soient cohérents et immersifs. Cela passera souvent par de petits détails, comme le remplacement des potions de soin par des bouteilles de Rhum pour coller au contexte, ou le fait de devoir trouver en jeu une carte d’un endroit, avant de pouvoir accéder au menu correspondant dans l’interface.

Des détails, certes, mais qui mis bout à bout, finissent par avoir un impact déterminant sur l'expérience vécue par le joueur. Aussi soyez prévenus, ce Risen 2 : Dark Waters se révèlera peut être moins abouti, moins optimisé que son prédécesseur, mais sur le fond, le talent de Pyrahna Bytes reste intact, de même que leur jeu restera un excellent investissement dans la catégorie RPG.

Risen 2 : Dark Waters - Sortie le 27 avril 2012 - Environ 40€ sur PC
Config' minimum : Processeur dual core 2,1 GHz, 2 Go de RAM, carte graphique AMD HD3870 ou Nvidia 8800 GTX avec 512 Mo de RAM, 5,5 Go d'espace libre sur le disque dur
Config' recommandée : Processeur dual core 3 GHz, 4 Go de RAM, carte graphique AMD 4890 ou Nvidia GTX260 avec 1 Go de RAM, 5,5 Go d'espace libre sur le disque dur.

LE VERDICT

Un jeu buggé. Une IA trop clémente. Des combats à la ramasse. Et pourtant, Risen 2 surnage. Comment c'est possible ? Grâce à un univers qui fait mouche, et un gameplay varié qui garde en haleine.

Les plus
  • Visuellement assez réussi
  • Gameplay riche et varié
  • Un univers plus fun que d’habitude
Les moins
  • Des farandoles de bugs
  • Une IA nivelée par le bas
  • Système de combat aux fraises

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